TYPHUS ET TYPHUS FEVER. — DESCRIPTION
Taxis très-légère survenant à la fin du premier stade vers le quatrième jour. C’est mi symptôme qui est loin d'être constant et qui manque même dans le plus grand ibre des cas. Les épistaxis, du reste, ne paraissent pas jouer uirrôle considérable ■ s cette affection; on ne les voit point apparaître comme signe précurseur, au traire de ce qui s’observe au début de la fièvre typhoïde où ce signe manque lement.
Période d'éruption. — Deuxième stade. Vers la fin du quatrième jour, quelquedu troisième, plus rarement du cinquième, en même temps que se manifeste : aggravation de tous les phénomènes morbides, s’opère une éruption caractérisée. Cette éruption, sur la véritable nature de laquelle nous nous expliquerons, oujours été tellement considérée comme indispensable et essentielle dans le nus, que les auteurs les plus recommandables du siècle passé désignent la mac sous le nom de morbus pestichialis ou petechialis . Le typhus pour eux n’était ; autre chose qu’une éruption, une fièvre éruptive, à ce point que Borsieri se l obligé de signaler un typhus exceptionnel dans lequel l'éruption ne se montait pas; il s’exprime ainsi : « Chez ceux, très-peu nombreux, qui ne présentent : de pétéchies, la maladie offre tout à fait les mêmes symptômes que lorsqu’elle compagne de l’éruption et réclame la même méthode de traitement. De même la fièvre varioleuse ou la variole sans variole se montre parfois aux cliniciens, même la fièvre pétéchiale ou les pétéchies sans pétéchies peuvent être admises ■> être taxé d’absurdité. » Cette manière d’envisager le typhus n’appartient pas n seul auteur; elle était pour ainsi dire générale au siècle passé. Il nous suffira citer les dénominations suivantes de cette affection: febris peticulai'is (Pierre Castro), febris peticularis (O. Roboreti), febris purpurata (Rivière), febris echialis vera (Fréd. Hoffmann), febris putrida maligna petechialis (Huxham), ris petechialis , ou peticularis, ou puncticularis, ou lenticularis (Le Roy), tc maligne putride, ou pourprée, ou pétéchiale de Buchan, febris exanthetica maligna, venenosa et per nie iosa (J. Fortunat, Bianchi). Hildenbrand définit d le typhus : « Fièvre d’une espèce particulière comme la petite vérole, contasse exanthématique, ayant un cours réglé et un symptôme constant, la stupeur c délire et lyphomanie. » C’est Hildenbrand qui nous a transmis l’expression de bus contagieux qui a prévalu jusqu’ici dans le langage médical. Un auteur qui :rit en 1856, P. F. Chauffard, propose de faire entrer la désignation de l’érupî dans le nom donné à cette affection ; selon lui, l’expression qui rendrait le mieux caractères essentiels, le genre et la nature de la maladie , serait celle de fièvre échiale contagieuse. Quelle est la nature de cette éruption? Une grande confui a régné dans la science sur ce point pendant longtemps. C’est qu’en effet uplion est le plus souvent complexe et se compose de deux éléments» distincts : ne part, un exanthème vrai, d’une durée à peu près certaine, et se terminant par quamalion; de l’autre, des taches fines et ponctuées, ou au contraire, larges et ulues, formées par une suffusion sanguine, qui ne disparaissent pas par la presel ne se terminent pas par desquamation. Ces deux éléments avaient été vus i doute, mais ils n’avaient pas été distingués assez catégoriquement par les aus anciens. C’est ainsi que Borsieri, tout en les distinguant, laisse subsister la Fusion dans les mots : « Ainsi que les autres exanthèmes, les pétéchies doivent divisées en primitives et secondaires; nous traitons ici des pétéchies primitives
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FIEVRES
comme maladie exanthématique fébrile. » Hildenbrand établit nettement la distinction : « Le quatrième jour, apparaît l’exanthème tacheté de rouge.... Les pétéchies ne sont pas essentielles. » Et plus loin : « Au huitième jour, l’exanthème disparaît, sauf les pétéchies. ».
11 importe, pour ne laisser dans l’esprit du lecteur aucun doute à cet égard, d’insister sur les caractères distinctifs de l’exanthème et des pétéchies, et nous ne pouvons mieux faire que d’emprunter cette description au récent mémoire sur le typhus présenté à l’Académie par Godelier (1), médecin au Val-de-Gràcc :
« Ces deux éléments, combinés d’ordinaire dans la même tache, peuvent toutefois se montrer séparés. Ainsi, il existe en nombre variable des taches seulement exanthémateuses; de même et plus souvent des macules qui ne sont qu’ecchymotiques. Ce sont: ces dernières que le professeur Jenner (de Londres) appelle sous-cuticu- •aires; elles ne sont jamais saillantes, et paraissent même situées plutôt dans l’épaisseur du derme et ne pas arriver jusqu’à la surface.
» Quant à la pétéchie proprement dite, la pétéchie arrondie et rouge foncé du purpura et du scorbut, qui se trouve accidentellement dans les fièvres éruptive, graves, parfois même dans certaines fièvres typhoïdes des plus funestes, (die peut aussi s’adjoindre à l’éruption spéciale du typhus, la précéder même, comme je l’ai vu chez la sœur Louise; mais la pétéchie n’est en aucune sorte caractéristique de cette affection. Si j’ajoute que l’éruption que je viens de décrire, presque toujours aussi abondante sur le ventre, la poitrine et le dos que celle de la rougeole, met environ deux septénaires à parcourir ses phases, et que la peau en offre souvent encore des traces plus de vingt jours après son apparition, on s’étonnera sans doute qu’on ait pu dire qu’elle ne différait en rien des taches rosées lenticulaires de la fièvre typhoïde.
» Gomme aspect, comme disposition générale, on ne saurait mieux la comparer qu’à celle de la rougeole, sauf qu’elle apparaît rarement au visage, et qu’elle est d’ordinaire moins abondante sur les membres ; aussi presque tous les auteurs l’ont appelée morbilliforme. Nous tous, au Val-de-Grâce, nous avons cru, au premier abord, en voyant nos premiers cas de typhus, avoir affaire à une rougeole ataxique, mais non pas à une fièvre typhoïde. »
Cette éruption a donc l’apparence d’un exanthème, et c’est, en effet, un exanthème à la surface; mais il y a dessous quelque chose de plus, c’est-à-dire une ecchymose, une suffusion sanguine plus ou moins abondante et colorée, assez quelquefois pour mériter le nom de pétéchie. En effet, si l’on pose le doigt sur ces taches d’un rouge un peu plus foncé que celui de la rougeole, et parfois légèrement saillantes, on en fait disparaître quelques-unes complètement; mais la plupart laissent voir, sous la teinte rose effacée par la pression, une macule d’un gris violet ou jaunâtre, qui ne disparaît pas sous le doigt, il y a donc là deux éléments superposés; c’est un exanthème ecchymotique ou pétéchial. Les phases successives de cette éruption le démontrent de ia manière la plus positive. Au bout de quelques jours, l’exanthème pâlit et la teinte rose s’efface, mais la macule ecchymotique demeure, et selon que la suffusion sanguine a été plus ou moins abondante, ou qu’elle le devient, cette macule est plus bleuâtre, plus grise ou plus pâle; quelquefois
(1) Mém. sur le typhus (Bull, ciel’ Acad. imp. de mécl., 1855-1856, t. XXI, p. 889).