‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 273 sur 369 · TÉTANOS. — SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

TÉTANOS. — SYMPTÔMES

lorsque le malade éprouve une contrariété, une émotion, ou lorsqu’il veut faire un mouvement.

La soif n’est augmentée que lorsque la contraction des muscles du pharynx et de l’œsophage empêche la déglutition; alors elle devient intense. L 'appétit n’est pas naturellement perdu; aussi, lorsque la déglutition est impossible, la faim vient-elle se joindre à la soif pour tourmenter le malade. Si l’on veut insister et chercher à introduire des boissons ou des aliments, la suffocation devient imminente. Dans les mêmes circonstances, on voit la salive s’accumuler dans la bouche, ne pouvant franchir le pharynx, puis couler en bavant entre les lèvres. Cette salive est épaisse, souvent écumeuse, et parfois sanglante.

On a signalé comme un symptôme appartenant au tétanos des vomissements dans les premiers temps de la maladie. Dans la plupart des cas où il eu a été ainsi, il s’agissait d’un tétanos symptomatique d’une affection des centres nerveux.

Il y a presque toujours une constipation opiniâtre, ce qui tient à la contraction spasmodique des sphincters. Dans quelques cas peu fréquents, au contraire, on a noté des selles involontaires.

Dn côté de la vessie, on obsene des symptômes semblables à ceux de l’intestin, c’est-à-dire que, le plus souvent, il y a, soit excrétion difficile et douloureuse de l’urine, soit rétention de ce liquide, et que, dans quelques autres, on a vu l’urine s’écouler involontairement.

La respiration est ordinairement gênée. Quelquefois elle est suspicieuse, ronllantc, et lorsque les muscles inspirateurs sont envahis, ce qui n’a lieu que dans les cas extrêmes, l’asphyxie devient, de jour en jour, imminente par suite de l’accumulation de l’écume bronchique ; les mucosités ne peuvent plus être expulsées. Cette gêne de la respiration ne se fait principalement remarquer que pendant les paroxysmes, pendant ces secousses convulsives indiquées plus haut.

La voix est ordinairement naturelle. Lorsque la base de la langue et le pharynx sont convulsés, elle est pénible et sourde, et, comme les contractions les plus fortes ont lieu par secousses, la parole est presque toujours entrecoupée. Lorsque ces symptômes sont parvenus à un très-haut degré, les malades ne peuvent plus faire entendre que des sons inarticulés.

La circulation ne présente ordinairement rien de remarquable, si ce n’est que le pouls est un peu ralenti. Lorsque la respiration est très-embarrassée et précipitée, le pouls devient petit et fréquent. On a néanmoins cité des cas de tétanos fébrile, et nous en avons vu un exemple manifeste, bien que l’autopsie ait permis de constater l’intégrité de tous les organes, mais ces cas sont rares.

Vers les derniers temps de la maladie, la peau , qui jusqu’alors avait conservé ses caractères normaux, se couvre d’une sueur froide et visqueuse. Il faut encore signaler ici des cas dans lesquels les sueurs se montrent dans le tétanos en même temps qu’une certaine élévation de la température.

On a remarqué des symptômes d 'hydrophobie ; mais ces cas sont rares.

Lorsque le tétanos est idiopathique, essentiel, c’est-à-dire dans les cas dont nous nous occupons spécialement ici, l 'intelligence reste intacte au milieu de ces symptômes si graves, et c’est ce qui rend la position des malades plus cruelle encore. Les auteurs, et en particulier Trnka, ont néanmoins cité des cas avec délire tantôt tranquille, tantôt bruyant et furieux ; mais il est douteux que ces cas

NÉVROSES

se rapportent ail tétanos idiopathique, et l’on s’accorde généralement à attribuer ce symptôme à une complication, lorsqu’il survient dans de semblables conditions.

Jl est remarquable que, dans un bon nombre de cas, la nuit apporte une amélioration plus ou moins sensible à ces accidents. Il n’est pas rare, en effet, de voir des malades avec un sommeil tranquille la nuit, bien que la maladie ne présente aucun amendement réel. D’autres ont des exacerbations la nuit aussi bien que le

jour.

On voit que, dans toute cette description, nous avons- été obligé d’admettre sans cesse des exceptions, et qu’il n’est aucun symptôme, sauf les convulsions, qui se retrouvedans tous les cascités. En serait-il de même si l’on établissait des catégories bien distinctes? si l’on étudiait séparément les observations où la maladie a existé sans lésion évidente, celles où l’on a trouvé des lésions des centres nerveux, etc.? il est permis d’en douter.

Formes diverse». — 1° Trismus. — Cet état de contraction et de rigidité que nous avons vu se montrer du côté des muscles élévateurs de la mâchoire inférieure peut exister seul. C’est ce qui a lieu le plus ordinairement chez les nouveau-nés. Il a reçu les noms de tétanos maxillaire , mal de mâchoires. Les mâchoires sont tellement serrées, dans la plupart des cas, qu’on ne peut les écarter, et que, pour faire boire le malade, il faut profiter de l’intervalle laissé par une dent arrachée afin d’introduire un tube fin pour faire aspirer le liquide. On a quelquefois été forcé de casser une ou plusieurs dents. Le trismus se montre presque toujours dans les autres espèces.

2° Tétanos facial. — Dans les cas de trismus, la convulsion peut gagner les muscles de la face et des yeux. La physionomie est alors fortement contractée, les yeux sont hagards, et l’aspect du malade a quoique chose d’effrayant.

3° Tétanos cervical. — Il estau moins fort rare que la convulsion soit bornée aux muscles du cou dans le tétanos essentiel. On a cité des exemples de ce genre parmi les cas de méningite rachidienne bornée à la partie supérieure. Il nous suffit de rappeler que, dans cette variété, la tête est fortement portée en arrière, qu’elle ne peut être lléchie, et que les muscles de la partie postérieure du cou sont rigides. C’est un opislbolonos partiel.

h° Opistkotonos. — Celle forme, qui est de beaucoup plus fréquente chez l’adulte, résulte principalementde la convulsion des muscles de la partie postérieure du tronc. A son plus haut degré, elle se montre avec les caractères suivants: le tronc forme un arc dont la convexité est antérieure, les membres soni dans une extension forcée, ainsi que la tête, de telle sorte que le malade ne repose que sur cette partie et sur les talons. A un degré moindre, il y a seulement courbure du tronc. en

arrière.

5° Emprosthotonos. — L’emprosthotonos est la forme opposée à la précédente, c’est-à-dire que les convulsions occupent les muscles antérieurs du corps. La courbure est antérieure et peut être portée assez loin (Àrétée) pour que les genoux viennent toucher le menton.

6° Pleurosthotonos. — Enfin la contraction des muscles d’un descôtés du tronc et du cou donne lieu à une courbure latérale, de sorte que l’épaule vient toucher la tête, et la hanche se relève vers le côté du thorax correspondant. Cette forme est la plus rare.

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