HYDROPHOBIE NON RABIQUE
L’hydrophobic simple, ou non rabique, a été distinguée avec raison de Phydrophobie rabique, ou rage. Non-seulement, en effet, celte dernière a une cause toute spéciale qui en fait une affection à part, mais encore, ainsi qu’on va le voir, il y a quelques signes qui servent à distinguer la simple hydrophobie de la rage, bien que dans quelques cas, le diagnostic présente de grandes difficultés. C’est pourquoi nous rangons parmi les névroses simples l’hydrophobie non rabique, tandis que nous réservons pour une autre partie de cet ouvrage la description de la rage. (Voy. tome V.)
Chomel (1) reconnaît trois espèces d’hydrophobie : 1° la simple horreur des liquides; T Y hydrophobie symptomatique ; 3° Y hydrophobie rabi forme, ou raye spontanée. Cette division doit être suivie.
1° Simple horreur des liquides. — La première espèce n’offre qu’un trèsfaible intérêt: car, ainsi que le fait remarquer Chomel, elle ne réclame aucun moyen actif de traitement. Il suffira, par conséquent, de dire que cette horreur des liquides, qui n’a rien de grave, est parfaitement compatible avec la santé, et que la circonstance la plus remarquable dans laquelle on l’a vue se développer est la grossesse.
2° Hydrophobie symptomatique. — La seconde espèce constitueuu symptôme fort rare des diverses maladies. C’est surtout dans les maladies fébriles graves qu’elle se manifeste. Elle coïncide avec un délire violent, et l’on peut voir alors se produire d’autres symptômes de la rage, comme les convulsions, la constriction pharyngienne et le crachotement. Il s’y joint aussi quelquefois l’envie de mordre, comme dans l’hydrophobie rabiforme.
Ce symptôme indique toujours une très-grande gravité de la maladie principale, et la mort ne tarde pas à survenir. Nous avons vu à l’Hôtel-Dieu annexe un homme affecté de rhumatisme articulaire être pris tout à coup, sans qu’on pût en découvrir la cause dans la violence de la maladie ou dans l’intensité du mouvement fébrile, de délire furieux , d ' horreur des boissons, de sputation , de constriction pharyngienne, et succomber en quelques heures.
« Le traitement de l’ hydrophobie symptomatique, dit Chomel, est généralement subordonné à celui de l’affection à laquelle elle est liée. Il offre néanmoins une indication commune, celle d 'introduire dans l'économie, par d’autres voies , les substances médicamenteuses et nutritives qui ne peuvent plus y être portées par la déglutition. En conséquence, les liquides et quelquefois les médicaments solides eux- mêmes doivent être administrés en lavements, en bains, en fomentations, en cataplasmes, quelques-uns pourraient même être injectés dans les veines. »
3° Hydrophobie rabiforme. — La troisième espèce, c’est-à-dire Y hydrophobie rabiforme, ou rage spontanée, est bien plus importante à étudier; elle ressemble beaucoup à l’hydrophobie rabique, et le médecin peut être appelé pour des cas embarrassants.
(1) Chomel, Dictionnaire de médecine, t. XV, 1837.