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PARALYSIE DE LA SEPTIÈME PAIRE. — SYMPTÔMES

trouvé une tumeur encéphaloïde ou autre clans le cerveau. En pareil cas, il est plus probable que les racines du nerf ont été atteintes. Landouzy pense que l'influx nerveux était arrêté par une condensation de la partie du nerf comprimé; mais c’est ce qui aurait besoin d’être vérifié.

Quant aux causes particulières qui mettent le nerf dans ces conditions, tout ce qui peut porter atteinte à l’intégrité de son tissu (extension de l’inllammation dans l’otite aiguë, carie du rocher, etc.), tout ce qui peut le détruire, le lacérer, le comprimer, aura pour résultat de produire la paralysie dans le côté de la face où se rendent ses rameaux.

Mais il est un assez bon nombre de cas dans lesquels il est impossible de savoir quelle cause a pu suspendre l’influx nerveux : ce sont ceux qui reconnaissent pour cause l’action du froid, la suppression d’un flux, etc., ou qui ne peuvent être rapportés à une cause appréciable.

§ EU. — Symptômes.

La paralysie de la septième paire présentant quelques différences, suivant qu’on la considère chez l’adulte ou chez le nouveau-né, nous la décrirons telle qu’on l’observe chez le premier, et ensuite chez le nouveau-né.

1° Paralysie de la septième paire eiiez l’adulte. — Début. — Le début est variable, suivant les cas. Lorsque la maladie reconnaît pour cause une lésion traumatique qui a détruit brusquement le nerf, la paralysie se manifeste immédiatement; s’il s’agit d’une affection à marche lente, comme une tumeur voisine du nerf, la carie du rocher, la paralysie peut elle-même se produire avec lenteur, et ce n’est qu 'après avoir éprouvé, pendant un temps variable, une gêne croissante dans les muscles de la face que le malade se sent complètement paralysé d’un côté de cette partie du corps. Enfin, dans les cas où la maladie n’est pas produite par une lésion matérielle évidente, lorsqu’elle se manifeste après l’impression du froid, par exemple, le début varie dans les différents cas. Quelquefois il est très-rapide. On a vu des sujets se réveiller complètement paralysés d’un côté de la face sans avoir rien éprouvé avant leur sommeil. Dans les cas où la maladie reconnaît pour cause une impression morale, l’apparition de la maladie peut être subite ; il n’est pas rare néanmoins de voir cette affection, lorsqu’elle est idiopathique ou essentielle, débuter par une douleur sourde dans les parties qui vont être paralysées, par un peu de céphalalgie, par un malaise général que les malades ne savent à quoi rapporter, puis la paralysie se produire plus ou moins rapidement.

Symptômes. ■ — La douleur n’est pas un symptôme qui appartienne à la maladie confirmée. On a cité quelques cas dans lesquels, pendant les premiers temps, il y a eu des douleurs assez vives dans le nerf affecté ; mais ces douleurs ont fini par disparaître, et ce n’est que dans les-cas de complication qu’elles ont pu persister. En effet, la névralgie trifaciale peut très-bien compliquer la paralysie; mais ce sont là des cas exceptionnels.

La sensibilité n’a subi d’ailleurs aucune altération, du moins dans le plus grand nombre des cas; car on a cité, chez quelques sujets, une certaine obtusion de cette fonction, mais qui n’était jamais très-considérable, et, sous ce rapport, nous devons encore prémunir contre une erreur possible, celle d’attribuer au nerf facial le résultat de la paralysie du nerf trifacial dans les cas compliqués.

NÉVROSES

MU

La perte du mouvement est le principal et presque l’unique symptôme. Bérard a donné une description très-bien faite de l’état de la face qui en résulte.

Les mouvements, très-légers chez l’homme, du pavillon de V oreille, sont anéantis; le côté du front affecté ne présente plus de rides transversales; le sourcil reste pendant et ne se rapproche plus de celui du côté opposé. Le muscle orbiculaire des paupières ne se contractant plus, Y œil reste ouvert et la paupière inférieure est un peu renversée an dehors. Cet organe paraît quelquefois saillant. « L’œil, dit Bérard, n’étant plus protégé parles paupières ni lubrifié par les larmes, s’irrite, se sèche; la conjonctive rougit, et quelquefois même la cornée devient opaque, ou bien la rotation de l’œil, opérée par les muscles obliques, garantit en partie cet organe. Enfin, faute de la participation du muscle orbiculaire au cours des larmes, celles-ci tombent sur les joues, dans l’hémiplégie faciale. L ’épiphora tient encore à ce que les points lacrymaux, et notamment l’inférieur, cessent d’être convenablement dirigés pour absorber les larmes lorsque le muscle orbiculaire est paralysé. » Cette description exprime parfaitement ce qui se passe dans certains cas; mais il ne faut pas croire qu’il en soit toujours ainsi. Pour ma part, j’ai vu plusieurs cas dans lesquels l’œil offrait à peine une légère injection, et dans un entre autres que j’ai observé à la Salpêtrière, quoique la maladie durât depuis prèsde vingt ans, l’œil ne présentait aucune lésion évidente.

» La narine, dit Bérard en continuant sa description, demeure immobile; elle ne se dilate plus pendant les mouvements respiratoires; elle s’affaisse même pendant l’inspiration, au point de rendre quelquefois celle-ci un peu difficile En

même temps que la narine est plus étroite, on observe aussi que la peau ne se ride plus sur une moitié du nez, et que le bout de celui-ci est entraîné vers le côté sain

» Tout mouvement volontaire ou involontaire d’une moitié des lèvres, ajoute cet auteur, est impossible dans l’état de paralysie du nerf facial, quel que soit l’acte auquel les lèvres devraient prendre part en se contractant.... La salive et les aliments s’échappent de la bouche par le côté paralysé. La prononciation des voyelles, comme l’o, par exemple, qui exigent l’intervention des lèvres, est plus difficile. Les consonnes labiales, comme le b et le p, sont mal articulées; l'action de siffler est devenue impossible, les lèvres ne pouvant plus se resserrer que d’un côté. Enfin le malade a de la peine à lancer au dehors sa salive dans l’acte de la sputation

« La joue est flasque, par suite de la paralysie du buccinateur; elle s’enfle au moment de l’expiration, et surtout quand le malade veut prononcer un mot avec emphase. Le courant d’air détermine quelquefois dans la joue et les lèvres un phénomène analogue à celui qu’on observe chez les individus qui fument. Dans d’autres

cas on a vu la joue battre contre les dents » Il faut ajouter à cette partie de la

description que si l’on recommande aux malades de soufller en retenant l’air dans leur bouche, de manière à gonfler les joues, ils ne peuvent y parvenir, l’air s’échappant entre les lèvres, qui ne peuvent être maintenues fermées du côté paralysé. C’est là, en effet, un bon signe pour le diagnostic.

» J’ai observé deux fois, dit Bérard, une déviation de la langue en même temps que l’hémiplégie faciale : cet organe était entraîné dans le même sens que les autres parties molles de la face. Cette déviation a été notée par d’autres observateurs :

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