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PARALYSIE DE LA SEPTIÈME PAIRE. — SYMPTÔMES

clic s’explique à merveille par le filet que le nerf facial donne au muscle stvloglosse. » Si l’on se rappelle ce que nous avons dit à propos de la déviation de la langue (1), on ne trouvera sans doute pas cette explication aussi facile que le pense Bérard, et l’on aura peine à comprendre que la déviation ait lieu du côté non paralysé. « On dit aussi, ajoute cet auteur, avoir observé une inclinaison latérale de la luette : il ne serait pas aussi facile de s’en rendre compte. » Dans les cas observés par Landouzy, la déviation de la luette n’existait pas.

Quand les muscles de la face sont à l'état de repos , on observe déjà un défaut de symétrie remarquable. « La commissure labiale du côté paralysé, dit Bérard, est plus basse, plus rapprochée de la ligne médiane que celle du côté sain; la bouche est oblique, et la partie moyenne ne correspond plus à l’axe du corps...

» J’ai observé encore, ajoute Bérard (et cela est une conséquence de ce que je viens de dire), que les deux côtés de la face ne semblent plus placés sur le même plan. La moitié paralysée est située un peu en avant de la moitié saine ; celle-ci est comme rabougrie, ridée, cachée derrière l’autre; elle paraît avoir moins d’étendue verticale que la moitié paralysée. Dans cette dernière, les traits sont comme étalés; l’œil est plus largement ouvert ; il est plus volumineux que celui du côté opposé. ■> Il faut ajouter que les plis naturels de la face sont en grande partie effacés; que le trait naso-labial a presque complètement disparu; qu’en un mot tout le côté paralysé manque de l’expression que lui donne le jeu des muscles, et ressemble à la face d’un cadavre, ce qui contraste avec l'animation du côté sain.

Le contraste augmente beaucoup quand le malade veut parler, parce que les muscles du côté sain entrent en mouvement, tandis que ceux du côté opposé restent immobiles ; et, par la même raison, ce contraste est porté au plus haut point quand le sujet veut rire. Dans l’action de rire, la contraction musculaire, tirant fortement en dehors et en haut les traits de la face, il en résulte que les deux côtés se trouvent dans des conditions entièrement opposées.

Cette disposition de la face est telle, que l’on peut, au premier abord, ne pas reconnaître des personnes que l’on a fréquemment vues avant leur paralysie. Il y a aussi un air d’étonnement plus ou moins marqué qui contribue à altérer la physionomie du malade.

« Chez quelques sujets, dit Bérard, Y ouïe a été plus obtuse. Il n’y a pas d’explication satisfaisante de ce symptôme, bien que le nerf facial ait les connexions que tout le monde sait avec l’organe et les nerfs auditifs. » Sans doute on n’expliquerait pas ce symptôme par la suspension de l’action de la portion dure de la septième paire; mais nous avons vu que la lésion du nerf peut être consécutive à une fluxion de la joue, et sans doute aussi à une irritation de l’oreille interne; en pareil cas, la cause qui a paralysé le nerf peut avoir agi en même temps sur l’organe de l’ouïe. Mais ce n’est là qu’une explication.

Landouzy (2) a démontré que Y ouïe, loin d’être obtuse, peut au contraire être exaltée dans l’hémiplégie faciale. Reste à savoir maintenant si cette exaltation est la règle, ce qui néanmoins paraît probable, si l’on considère la constance du phénomène dans les cas observés par Landouzy.

(1) Voy. tome II, Hémorrhagie cérébrale.

(2) Landouzy, De l’exaltation de fouie dans la paralysie du nerf facial ( Bulletin de l’Académie de médecine, 21 décembre 1851, t. XVI, p. 376).

NÉVROSES

« Deux ou trois fois, dit encore Bérard, le sens du goût s’est montré plus ou moins perverti dans le côté de la langue correspondant à la moitié paralysée de la face; la jonction de la corde du tympan avec le nerf lingual est sans doute la cause de ce phénomène, (pie du reste nous n’expliquons pas mieux que le précédent. »

Duchenne, de Boulogne (1), a, par des expériences précises, démontré que cette perversion ou altération du sens du goût est un phénomène beaucoup plus fréquent qu’on ne le pensait, si même il n’est constant, ce qui vient à l’appui de l’opinion de Bellingeri, qui regardait la corde du tympan comme exerçant une influence spéciale sur la gustation.

Il est très-rare qu’on observe un mouvement fébrile prononcé dans l’hémiplégie faciale. Au début, il peut y avoir un certain malaise général, avec perte de l’appétit et douleur dans la joue et la région parotidienne; mais au bout de peu de jours, la face restant paralysée, ces symptômes se dissipent, et l’on n’observe plus ni trouble de la circulation ni dérangement d’aucune autre fonction*

2° Paralysie «le la septième paire chez les enfants nouveau-nés. — La

seule cause de celle affection, observée jusqu’à présent chez les enfants naissants, est la compression du nerf par le forceps dans les accouchements difficiles. Ce qui rend possible, chez le nouveau-né, la compression du nerf à sa sortie du trou stylomastoïdien, c’est l’absence presque complète de l’apophyse mastoïde et le peu de développement du conduit auditif.

Les causes signalées dans la description de la maladie chez l’adulte peuvent-elles occasionner la même affection chez le nouveau-né? La chose ne paraît pas impossible; mais nous ne connaissons aucun fait où l’on puisse rapporter la maladie à une autre cause que celle qui vient d’être indiquée.

C’est aussitôt après la naissance, et aux premiers cris de l’enfant, que paraissent les symptômes de la maladie en pareil cas. Lorsque le petit malade ne crie pas, si l’œil du côté sain est ouvert, il n’y a dans le défaut de symétrie de la face que des nuances fort légères et presque impossibles à saisir; mais dès que l’enfant pousse des cris, le défaut de symétrie devient on ne peut plus sensible. Il est surtout un moment qui précède les pleurs où les symptômes sont de la plus grande évidence : les traits du côté sain sont par instants fortement tiraillés et prennent cette expression particulière que présente la face des enfants quand ils pleurent, tandis que le côté malade reste immobile ; puis la face rentre dans le repos, et il y a ainsi des alternatives plus ou moins nombreuses jusqu’à ce que le cri se asse entendre.

Landouzy a constaté que, malgré la non-occlusion des paupières ; il n’existe ni inflammation de l’œil ni épiphora. On trouve des traces de contusion sur le point où a porté la cuiller du forceps.

[Lorsque nous étudierons l’hémorrhagie cérébrale, nous aurons occasion de parler d’une forme intéressante de paralysie de la septième paire, que Guidera désignée sous le nom d 'hémiplégie alterne (2).]

§ IV. — Marche, durée et terminaison de la maladie.

Cette affection survient d’une manière rapide, ou même brusquement dans le

(1) Duchenne (de Boulogne), Recherches électro-physiol. et pathol . sur les propriétés et les usages de la corde du tympan ( Arch . yen . de méd., décembre 1850). — Électrisation localisée, 2e édit., 1861, p. 989, avec fig.

(2) Gubler, Gaz. hebdomad. de méd. et de chir., 1858.

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