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PARALYSIE DE LA SEPTIÈME PAIRE. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC

plus giand nombre des cas ; puis, la paralysie étant complète, le mal reste stationnaire pendant un temps plus ou moins long, et ensuite décroît avec lenteur.

\ a' durée ordinaire de la maladie, lorsqu’elle est idiopathique ou essentielle, est de deux à trois septénaires ; il est bien rare que la guérison ail lieu avant cette époque ; mais il l’est beaucoup moins que la maladie persiste un, deux et même six mois. Celte durée peut se prolonger beaucoup plus. On connaît le cas cité par Montault, et dans lequel il y avait encore de la déviation de la bouche au bout de dix-huit mois. Nous en avons vu un beaucoup plus remarquable, puisque la maladie remontait à près de vingt ans et que la paralysie restait complète, quoique l’examen le plus attentif ne pût faire découvrir aucune lésion organique dans le trajet du nerf. Le sujet de cette observation était une vieille femme qui depuis très-longtemps avait renoncé à toute espèce de traitement. Il n’y avait pas chez. cette malade l'atrophie des parties molles de la face que Ch.‘ Bell a notée dans un cas de longue durée.

Chez les enfants nouveau-nés observés par Landouzy, la durée a été de quelques heures à deux mois.

On n’a cité aucun exemple de terminaison parla mort dans les cas non compliqués. On vient de voir que la paralysie pouvait persister et durer probablement pendant toute la vie, même dans les cas simples. Dans ceux où la paralysie résulte de la destruction du nerf dans une certaine étendue, cette persistance de la paralysie est une conséquence naturelle de la lésion organique. Après Ja simple section du nerf, le mouvement des muscles peut se rétablir.

§ V. — Lésions anatomiques.

Ce que nous avons dit à propos des conditions organiques suffit. Nous nous contenterons par conséquent de rappeler que tantôt le nerf est ramolli, contus, comprimé, détruit, et que tantôt il se montre dans une intégrité complète.

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

Si elle est survenue dans le cours d’une bonne santé, sans aucun accident local, sans développement d’aucune tumeur et sans aucun signe de carie des os, on peut admettre qu’elle est idiopathique. Dans le cas contraire, la connaissance des circonstances (pie nous venons d’énumérer sert à fixer le diagnostic. Mais on peut se demander encore si c’est le cerveau lui-même qui est affecté, ou si le siège de la maladie est dans le nerf. Nous avons vu qu’on a trouvé dans le cerveau une tumeur peu volumineuse qui avait produit la paralysie: il est bien difficile de dire, pendant la vie, si l’affection est ou n’est pas idiopathique ; mais ces cas sont très-rares, et l’on conçoit difficilement qu’une tumeur du cerveau puisse déterminer la paralysie faciale sans produire aucun autre phénomène.

Quelques médecins prétendent que, dans tous los cas de paralysie de la face, il y a une petite hémorrhagie cérébrale. Cette manière de voir est peu soutenable. Si l’on étudie les cas d’hémorrhagie cérébrale, même très-légers, on voit que les symptômes ne sont pas bornés à une simple paralysie ; il y a toujours soit un léger étourdissement, soit un peu de stupeur, et ordinairement quelques légères atteintes du côté de l’intelligence, très-passagères, il est vrai, mais réelles. L’im- Valleix, 5e édit. I 52

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pression du froid est la principale cause de la paralysie faciale idiopathique, ce qui s’accorde peu avec l’existence d’une hémorrhagie cérébrale.

Chez les enfants nouveau-nés, les traces laissées par le forceps font connaître la cause de la maladie.

Il est un autre diagnostic important que les expériences de Duchenne (1) ont beaucoup éclairé : on peut se demander, en effet, si la paralysie est ou n’est pas due à une lésion des troncs nerveux eux -mêmes. Or l’emploi de l’électricité est d’un très-grand secours a cet égard. Les troncs nerveux sont-ils intacts, les muscles reçoivent l’excitation électrique et se contractent. Sont-ils lésés profondément, la contraction n’a pas lieu. C’est du reste ce qu’on observe dans les autres paralysies, comme dans celle qui nous occupe, soit qu’il y ail lésion d’un tronc nerveux, soit que la lésion existe dans la moelle elle-même.

Pronostic. — Le pronostic de cette affection est très-peu grave lorsqu’elle est idiopathique; cependant nous l’avons vue se prolonger outre mesure dans quelques cas; mais ce sont des cas exceptionnels. Dans ceux où il s’agit d’une lésion organique, outre le danger propre à cette lésion, il est fort à craindre que la paralysie soit absolument incurable.

Suivant Razès (2), si la maladie ne guérit pas au bout d’un mois, on doit pronostiquer quelle est incurable. Cette proposition est beaucoup trop absolue. Nous avons vu un malade qui n’a guéri qu’au bout de trois mois. Ce qu’il faut dire, c’est que si, au bout dcquelques semaines, on n aperçoit aucune amélioration, on doit craindre que l’affection ne soit au-dessus des ressources de l'art.

§ VII. — Traitement.

On a d’abord conseillé les émissions sanguines ; elles sont principalement mises en usage lorsque la douleur, un certain degré de tuméfaction de la région parotidienne, annoncent une légère irritation des parties. On entretient en même temps une douce chaleur , à l’aide d’étoffes de laine, sur la partie de la face occupée par la paralysie, et principalement au point de sortie du nerf. En même temps on donne quelques puryatifs pour opérer une déviation sur le canal intestinal. Quel que soit le mode d’action de ces moyens thérapeutiques si simples, on les voit réussir dans plusieurs cas, et, dans un grand nombre d’autres, procurer une amélioration évidente ; mais il est fréquent de voir cette amélioration, qui se traduit par la facilité de fermer un peu l’œil malade, par une légère traction de la commissure, par quelques plis à la joue, s’arrêter bientôt. Alors on a recours aux autres moyens qui vont être énumérés.

Les principaux de ces moyens sont choisis parmi les excitants et les irritants de la peau ; ce sont les frictions avec une flanelle chaude et sèche, ou bien avec divers liniments irritants: ainsi Y alcool camphré chaud, un Uniment ammoniacal ou camphré , Y essence de térébenthine. On a encore proposé la pommade d'Autenrieth ; mais ce moyen douloureux produit une éruption qui laisse, si elle est poussée un peu loin, des cicatrices souvent étendues. Ces inconvénients sont tels,

(1) Duchenne, Paralysie accompagnée de la lésion de L’irritabilité ( Bulletin yen. de thér., 15 septembre 1852, t. XLIII, p. 199).

(2) Iihazès. De tortura facici.

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