‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 287 sur 369 · PARALYSIE DE LA SEPTIÈME PAIRE. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PARALYSIE DE LA SEPTIÈME PAIRE. — TRAITEMENT

surtout sur cette partie, qu’ou ne doit pas recourir légèrement et trop promptement à ce remède.

Un moyen plus généralement employé, et dont l’efficacité, dans un bon nombre de cas, est incontestable, consiste dans l’application de vésicatoires volants plus ou moins multiples. On doit commencer par les appliquer sur le point d’émergence du nerf, puis sur la tempe et sur les points les plus voisins de celui que nous venons d’indiquer. Il ne faut pas trop tôt renoncer à leur emploi ; car ce n’est quelquefois qu 'après en avoir appliqué plusieurs que l’amélioration a été évidente.

On a proposé encore le séton elles cautères , toujours sur le point d’émergence du nerf. Dans quelques cas, ces moyens ont agi avec avantage ; mais on ne doit y recourir qu’après avoir inutilement employé d’autres moyens plus doux, et en particulier les vésicatoires volants. Si la maladie se compliquait de douleurs persistantes, ce qui est très-rare, on peut se servir des surfaces dénudées pour faire absorber de 1 à 2 ou 3 centigrammes de morphine .

Pigeaux a cité un cas dans lequel l’emploi de plusieurs moxas a procuré une guérison presque complète ; mais les cicatrices profondes produites par leur application sont un grave inconvénient qui doit faire rejeter l’emploi de ce moyen, du moins avant d’avoir mis en usage les autres remèdes connus.

Jobert (1) a proposé la cautérisation transewrente. Ce moyen a parfaitement réussi entre ses mains. Il est incontestable qu’il a une grande efficacité, mais il effraye les malades; aussi n’y aura-t-on recours que dans les cas où la paralysie résistera beaucoup.

On a proposé l’emploi de la strychnine ; et comme le mal paraît purement local, c’est par la méthode endermique qu’on a administré cette substance. Sur la surface dénudée par le vésicatoire, on applique de un à trois ou quatre centigrammes de strychnine, eu augmentant la dose avec précaution. C’est au médecin à juger, d’après les effets, de la nécessité de cette augmentation, et à voir si la dose indiquée doit être dépassée.

L 'électricité est encore un des moyens le plus fréquemment employés. L’appareil des frères Breton est très-convenable ; mais les procédés de Duchenne (de Boulogne) sont bien supérieurs à tous les autres. Suivant Castara (2), il convient de placer à la surface interne des joues le pôle positif de la pile, le pôle négatif étant placé sur la sortie du nerf. Des expériences comparatives seraient nécessaires pour nous fixer définitivement sur la valeur de ce mode d’application. Il résulte des recherches de Montault qu’il ne faut pas trop attendre pour recourir à ce moyen, car ses effets sont d’autant plus marqués que la maladie est plus récente.

Un fait singulier, signalé par Pichonnière et Bottu-Desmortiers, est l’action spéciale de l’acide avec lequel ou charge la pile. Suivant eux, l’acide nitrique exciterait la motilité, et par conséquent c’est à ce dernier qu’il faudrait avoir recours dans le cas dont il s’agit ici. l)c nouvelles expériences sont nécessaires pour nous faire apprécier ces assertions à leur juste valeur. L ' èlectro-puncture rend plus énergique l’action du fluide électrique.

On a cité à l’appui de chacun des moyens qui viennent d’être passés en revue un certain nombre de cas de guérison dans lesquels leur action favorable a paru évi-

(1) Jobert, Etudes sur le système nerveux. Paris, 1833.

(2) Castara, Journal des connaissances médico-chirurgicales, 1835.

NÉVROSES

dénie. Mais il reste un travail intéressant à faire. Il serait très-utile qu’on recherchât quels sont, parmi ces moyens, ceux qui ont l’efficacité la plus grande, et aussi qu’on examinât s’il en est qui comicnnent plus que les autres à certains cas particuliers. Il est impossible de trouver dans les observations connues des éléments suffisants pour résoudre ce problème thérapeutique, qui se représente dans le traitement de presque toutes les maladies, et qu’on a si rarement étudié. Du reste dans l’exposé que nous venons de présenter, nous avons tâché de suivre, la gradation du traitement, en passant des moyens les plus doux aux plus énergiques.

Nous ajoutons qu’on doit rechercher avec soin si le malade n est pas anémique. Nous avons vu, en effet, des cas où les moyens les plus énergiques et l’électricité en particulier restaient sans effet, tant qu’on n’avait pas prescrit les ferrugineux. Donnait-on le fer, il survenait d’abord une amélioration évidente, puis les moyens dont nous venons de parler agissaient avec rapidité.

On a été jusqu’à pratiquer la section des muscles (1) du côté opposé à la paralysie; mais personne ne sera tenté d’imiter une semblable pratique.

Traitement de la paralysie du nerf facial chez les enfants nouveau-nés.

Dans les cas observés jusqu’à ce jour, la paralysie faciale des nouveau-nés n’a exigé aucun moyen de traitement, elle s’est dissipée d’elle-même au bout d’un tem|>s variable indiqué plus haut. Landouzv conseille de soustraire l’œil à une lumière trop vive, de favoriser la succion, qui doit être plus ou moins difficile, en présentant à l’enfant le sein d’une nourrice dont le mamelon sera bien formé, et enfin d’éviter de provoquer les pleurs du petit malade. Nous croyons que celte dernière précaution est le résultat d’une crainte exagérée; quant aux autres, leur utilité est incontestable.

Il est clair que si la paralysie faciale, chez les nouveau-nés, n’était pas due à la compression exercée parle forceps, mais à la même cause qui produit l’hémiplégie faciale idiopathique chez les adultes, on devrait avoir recours à quelques-uns des moyens indiqués plus haut, en les proportionnant à l’àge de l’enfant : ainsi, aux frictions irritantes et aux petits vésicatoires volants; mais ce n’est là qu’une simple prévision, les exemples d’une paralysie semblable chez les enfants naissants nous manquant tout à fait, comme nous l’avons déjà dit.

Restent les cas où la paralysie du nerf facial est due à une lésion organique. Il est évident qu’on doit alors traiter principalement la maladie qui a entraîné avec elle la lésion profonde du nerf. Ces cas sont presque toujours au-dessus des ressources de l’art.

Enfin il faut, en terminant, rappeler les faits dans lesquels la maladie a cédé à un traitement antivénérien. Ils prouvent que l’on ne doit jamais négliger de consulter sur ce point les antécédents du malade. Quant à la manière de diriger ce traitement, elle est trop connue; il serait superflu de l’indiquer ici. Y avait-il, dans les cas dont nous parlons, quelque lésion des os, une exostose voisine du nerf dont elle gênait les fonctions? C’est ce dont on n’a pas pu s’assurer.

(1) Voy. Hannover Annalen, 1. 1, 1841.

Page 1