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PARALYSIE GÉNÉRALE. — MARCHE, DURÉE, TERMINAISON

ceinture, à la base cle la poitrine ; du tremblement des mains ; plus tard encore de l’embarras de la parole, de l’inégalité pupillaire, et enfin de l’affaiblissement de l’intelligence avec des idées délirantes, hypochondriaques ou ambitieuses, quelquefois des hallucinations.

l'clle est jl’évolution habituelle des symptômes, sauf de très-rares exceptions, dans les cas de propagation de lésions de la moelle jusqu’au cerveau (Westphal, Magnan).

Toutes ces formes de début, quelque diverses qu’elles soient, s’effacent peu à peu, perdent insensiblement leurs particularités, leurs caractères saillants, pour converger vers le même point, se confondre et aboutir finalement à la même maladie, la paralysie générale avec ses caractères essentiels.

Ainsi, à la deuxième période, les troubles moteurs et sensitifs, les troubles intellectuels (signes essentiels), dominent la scène, et les diverses formes de délire, les diverses variétés de troubles de la motilité, s’ils se montrent parfois encore avec quelque acuité, ne sont plus capables, malgré l’éclat de leurs manifestations, de masquer les caractères essentiels qui, à cette époque, se montrent tous presque également (embarras de la parole, tremblement des lèvres et de la langue, tremblement des mains, marche chancelante, obtusion de la sensibilité, affaiblissement de l’intelligence, diminution de la mémoire).

Dès cette époque, on voit survenir parfois chez les malades des troubles moteurs et sensitifs des extrémités inférieures avec une intensité insolite ; ces cas, désignés sous le nom impropre de paraplégies cérébrales, sont dus à la propagation vers la moelle, des lésions de l’encéphale (Magnan). A la troisième période, l’attitude et le faciès du malade, si caractéristiques, les troubles moteurs très-avancés, la démence, l’abolition presque complète de toutes les facultés morales et intellectuelles, sont des symptômes sur lesquels il est inutile de revenir.

§ VI. — Marche, durée, terminaison de la maladie.

Pour se faire une idée exacte de la marche de la paralysie générale, pour bien comprendre l’irrégularité des diverses manifestations dans la régularité de l’ensemble, la variété des formes dans l’uniformité du fond, il ne faut pas perdre de vue ce fait déjà mis en lumière par Guislain (1), à savoir, que dans la paralysie générale il y a deux maladies : une (principale) permanente, continue, progressive, à tendance fatale ; l’autre (accessoire) irrégulière, passagère, se montrant par saccades. La première ayant des lésions déterminées, avec ses symptômes propres, presque constamment les mêmes (symptômes essentiels) ; l’autre dépendant le plus souvent de la congestion, et présentant les manifestations les plus opposées (symptômes accessoires). La première n’est autre (juc la paralysie générale à l’état de simplicité avec des troubles moteurs et sensitifs, avec des troubles intellectuels (démence sans délire tranché). Ses prodromes sont insidieux, quelquefois très-lents, et consistent en ces modifications légères qui échappent si souvent aux yeux inexpérimentés. Insensiblement ils apparaissent avec des caractères plus tranchés, et à la deuxième pé-

(1) Guislain, Traité sur V aliénation mentale. Amsterdam, 1826.

NÉVROSES

riodc, comme on l’a vu, ils se montrent nettement, et sont faciles à reconnaître. On peut suivre alors leur marche continue et progressive et les voir arriver graduellement à leur développement le plus complet, à la troisième période.

Sur cette maladie, à marche uniforme, vient se greffer, par intervalles, la deuxième maladie avec ses manifestations bruyantes et variées. Celles-ci disparaissent pour reparaître d’une manière plus ou moins brusque à des époques indéterminées; elles donnent à la paralysie générale, ce caractère d’irrégularité qu’elle présente au premier aspect, quand derrière ces symptômes qui sont les plus apparents, on ne va pas rechercher les caractères fondamentaux.

Ces poussées successives (sous la dépendance, en général, de la congestion), quoique étant des phénomènes accessoires, impriment néanmoins à la marche générale de la maladie une impulsion notable et hâtent sa terminaison fatale quand clics se répètent fréquemment.

La congestion est un phénomène important dans la paralysie générale, mais son étude est loin d’être encore complètement élucidée. Sans insister sur ses différentes variétés, il suffira de donner la division de Marcé (1), qui n’est elle-même qu’une modification de la classification d’Aubanel (2): 1° forme légère avec excitation, 2° maniaque, 3° comateuse, U° hémiplégique, 5° convulsive apoplectiforme, 6° formes irrégulières.

La durée de la paralysie générale est très-variable dans chacune de ses périodes et très- variable dans son ensemble. Quelquefois en moins de dix mois, les paralytiques arrivent à la période ultime, d’autres fois la maladie met deux ou trois ans h parcourir ses différentes phases.

Dans quelques cas exceptionnels, il survient des accidents congestifs aigus qui emportent rapidement le malade (marche aiguë de la paralysie générale) (3).

Tous les auteurs signalent aujourd’hui des faits h durée très-longue, dans lesquels la maladie s’est arrêtée dans sa marche.

Ces rémittences sont assez fréquentes à la première période, et il n’est pas très-

rare de voir les malades revenir dans leur famille, reprendre leurs occupations et ne présenter que quelques modifications dans l’aptitude, le caractère, les allures. Souvent le fait seul des soucis, des fatigues de la vie ordinaire, amène des rechutes rapides, et, chose remarquable, la maladie semble alors regagner très-vite ce qu’elle avait en quelque sorte perdu pendant la rémittence.

Cependant on signale quelques faits dans lesquels les rémittences sont assez complètes et ont présenté une durée assez longue pour qu’on ait pu les considérer comme des guérisons (fait de Fcrrus, rémission de vingt-cinq ans) (â).

La terminaison de la maladie arrivée a la période ultime n offic pas de paiticularité notable; toutefois il n’est pas rare, à la fin de la deuxième péiiodeetau com-

mencement de la troisième, de voir survenir la mort à la suite d un accident ou

d’une complication (corps étrangers dans les voies aériennes, pneumonie, dianhéc, eschares profondes, etc.).

(1) Marcé, Trai/C pratique des maladies mentales, y. Uh8.

(2) Aubanel, Ann. médico-psychologiques , t. VU, 184G, p. 189.

(3) Linas, Recherches cliniques sur les questions les plus controversées de la paralysie générale. Paris, 1857.

(é) Lascgue, thèse d’agrégation. Paris, 1853.

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