‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 312 sur 369 · ÉCLAMPSIE DES ENFANTS. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ÉCLAMPSIE DES ENFANTS. — TRAITEMENT

digestives. On le donne, suivant L’âge, à la dose de 2, 3 à 5 centigrammes dans une cuillerée d’eau ou de tisane. Chez les très-jeunes enfants, on se contente de l’administration de quelques cuillerées à bouche de sirop d’ipécacuanha.

Purgatifs. — On a presque toujours donné le calomel à dose altérante : 2 ou 3 centigrammes toutes les deux heures ou toutes les heures. Malgré l’autorité de Clarke, de Gœlis(l), de Neumann, etc., l’efficacité de ce moyen est loin d’être parfaitement démontrée, et l’on sait quels accidents il peut produire. Lorsque l’on veut prescrire le calomel à dose purgative, on doit en donner de 10 à 25 centigrammes chez les jeunes enfants ; chez ceux qui ont plus de dix ans, on peut aller jusqu’à 30 et 40. Barthez et Rillicl conseillent le mélange suivant :

% Calomel 15 centigr. [ Racine de jalap pulvérisée. 30 centigr.

A prendre en une fois dans une cuillerée de tisane.

Prescrire une goutte d'huile de croton , si le calomel ne peut être pris et si l’indication paraît très-pressante ; souvent on en est réduit à n’administrer que des lavements purgatifs.

Narcotiques. — Un cas de convulsions chez un enfant, traité en vain par beaucoup d’autres moyens, ne céda qu’après l’emploi de l 'opium, de la belladone et de la jusquiame noire (Haen) (2).

Les cas dans lesquels ce remède agit le mieux sont ceux où la maladie reconnaît pour cause une douleur violente quelconque. Chez les très-jeunes enfants, il faut se contenter de donner le sirop de pavot blanc par demi-cuillerée ou par cuillerée à café, de deux en deux heures ou à des intervalles plus éloignés, et de surveiller l’effet de ce médicament. Chez les enfants plus âgés, la dose de ce sirop sera augmentée, ou bien on prescrira \' extrait d'opium dans une potion ordinaire. C’est, en un mot, au médecin à graduer l’énergie de ce moyen suivant l’intensité de la maladie, l’âge et les forces du malade. Dans tous les cas, agir avec prudence et éviter de dépasser les limites, car il est des enfants chez lesquels le narcotisme se produit très-facilement.

Brachet recommande la morphine et ses préparations. Ce médicament peut être employé, mais avec beaucoup de prudence. Donner une ou plusieurs cuillerées à café de sirop d 'acétate de morphine , en en surveillant attentivement les effets.

La belladone doit être administrée comme dans la coqueluche (3).

Quant à la jusquiame noire , elle fait partie d’une formule recommandée par Brachet, et dans laquelle entre l’oxyde de zinc (voy. plus loin).

Antispasmodiques. — C’est Gobius (pii, le premier, a vanté les bons effets de V oxyde de zinc , prescrit ensuite par la plupart des médecins qui se sont occupés des maladies de l’enfance.

Formule de Guersant.

Tp Extrait de jusquiame noire. 20 centigr. | Oxyde de zinc 10 centigr.

Divisez en douze doses égales, dont on fait prendre une toutes les deux heures.

(1) Gœlis, Gazette médicale de Paris, 1835.

(2) De Haen, Ratio medendi, t. Il, p. 294.

(3) Voy. tome II, art. Coqueluche.

NÉVROSES

On peul augmenter un peu la quantité de ces deux médicaments : ainsi prescrire 15 centigrammes d’oxyde de zinc unis à 30 centigrammes de jusquiame; Brachet recommande de ne pas dépasser la dose de 50 centigrammes de l’une et de l’autre de ces substances.

Zangerl (1) donnait Voxyde de zinc seul à la dose de 1 à 3 centigrammes toutes les deux heures.

John Maso n Good préférait le sulfate de zinc à l’oxyde, et le prescrivait de la manière suivante :

If Sulfate de zinc 15 centigr. | Émulsion d’amandes amères. . 100 gram.

A prendre en trois fois dans la journée.

Hanke prescrivait l 'hydrochlorate de zinc. Il faudrait des faits plus précis que ceux que nous connaissons pour dire auquel de ces médicaments on doit donner la préférence.

Joerg (2) recommande particulièrement le musc, qu’il administre ainsi qu’il suit :

Ifi Infusion de mélisse 120 gram. | Musc 15 à 20 centigr.

A prendre par cuillerée toutes les deux ou trois heures.

Kretschmar (3) employait le camphre uni h l’éther sulfurique, ainsi qu’il suit :

Ifi Camphre 50 centigr. | Éther sulfurique. . . Sgram.

Dose : une, deux ou trois gouttes tous les quarts d’heure, suivant Page.

Nous pourrions mentionner encore le succinate d’ammôniaque, recommandé iar Gœlis; Vasa fœtida, le castoréum, etc.

h' acide prussique est un médicament maintes fois conseillé; le docteur Ileller ’a principalement mis en usage dans l’éclampsie des enfants ; mais c’est une sub- , tance dangereuse, qu’il ne faut employer qu’avec beaucoup de précaution. On teut prescrire la potion suivante :

X. Acide prussique de Robiquet. ) 0 n.rom j Eau de fleur d’oranger 2 gram.

' Alcool . j aa - gram. J

Mclez. Dose : de deux à trois gouttes, trois fois par jour, et quatre gouttes pour les enfants in peu âgés.

Toniques , ferrugineux. — Lorsque l’on peut attribuer l’éclampsie à une débiitation générale, à une anémie évidente, administrer des toniques teis que le ■f uinquina en particulier, et surtout des préparations ferrugineuses. Mais les toni- [ucs et les ferrugineux ne peuvent pas être considérés comme des moyens qui doient être dirigés contre les attaques elles-mêmes. Il faut alors une médication ctive, et qui ne demande pas un temps trop long pour produire son effet. Les niiques et les ferrugineux ne doivent donc être considérés que comme moyens ropres à raffermir la constitution et à prévenir de nouvelles attaques d’éclampsie.

(1) Zangerl, Ueber die Convulsion in Akindlisch. Altcr. Wien, 1834,

(2) Joerg, Kinderkrankheiten, p. 29/.

(3) Kretschmar, Horn's Archiu fïir mediz. Erfahrung, 1S01.

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