‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 317 sur 369 · ÉPILEPSIE. — SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

ÉPILEPSIE. — SYMPTÔMES

gens, les excès vénériens , la masturbation. Quelques auteurs ont, au contraire, placé parmi ces causes la continence trop prolongée. Viennent ensuite les excès de travail intellectuel , la disparition brusque d'un exanthème , les coups sur la tête, les chutes, la dentition difficile , Y insolation, le refroidissement. Il est bien loin d’être démontré que l’influence de ces causes soit aussi grande que l’ont cru quelques auteurs : il résulte au contraire des relevés de Leuret que leur action n’a pu être constatée que dans un très-petit nombre de cas.

Sarkey, de Jersey (1), a rapporté deux cas dans lesquels l’épilepsie a été déterminée parles pratiques du magnétisme animal.

Imitation. — L’apparition du mal est due non à l’imitation, mais bien à la terreur profonde que fait très-souvent éprouver la vue d’un épileptique dans son attaque. Quant à la contagion, il n’est pas nécessaire de la mentionner.

Affections chroniques du cerveau et de la moelle ( tubercules ). — Gamberini (2) a cité un cas d'épilepsie entretenue par une exostose du pariétal gauche.

Il y a à étudier les causes déterminantes des attaques, mais il sera temps de nous en occuper lorsque nous parlerons de la marche de la maladie.

§ III. — Symptômes.

Nous examinerons séparément les vertiges et les attaques convulsives ; mais auparavant nous dirons quelques mots du début de la maladie et des prodromes que présentent ses accès, quels qu’ils soient.

Prodromes. — On a distingué les prodromes de la maladie, considérés d’une manière générale, de ceux qui annoncent l’apparition des attaques, mais cette dis- ’ tinction n’a pas de fondement, puisque la maladie consiste en attaques plus ou moins violentes. A quelque époque qu’on les considère, les prodromes appartiennent toujours à une attaque.

Ces prodromes ne se montrent que dans la minorité des cas ; ils sont un peu plus fréquents qu’on ne le croit généralement (Beau). Cet auteur les a divisés en , prochains ci éloignés; ces derniers se montrent pendant plusieurs heures, cl même pendant plusieurs jours : ce sont des changements de caractère, une irascibilité plus grande, l’altération de l’appétit, le trouble des digestions, des étouffements, en i un mot, des troubles nerveux très-variables. Les prodromes prochains consistent »cn des sensations tout à fait particulières: ce sont un sentiment de constriction dans diverses parties du corps, de gonflement, de pesanteur dans certains organes, la sensation d’un froid glacial dans un membre, etc.

Début. — Les diverses sensations dont nous venons de parler, et quelques autres qu’il est difficile d’indiquer, tant elles sont variables, constituent Y aura epileptica, qui peut avoir son point de départ dans toutes les parties du corps : il serait facile d’en citer des exemples. D’un point plus ou moins éloigné, la sensation qui la con- 'Stituc se porte rapidement vers l’encéphale, puis le malade pousse un cri, tombe, et l’attaque commence. Telle est du moins la manière dont débute, dans un bon nombre de cas, l’attaque convulsive. [Souvent aussi, une hallucination terrifiante en

(1) Sarkey (de Jersey), London medical Gazette, et Union médicale, 15 avril 1845.

(■>; Gamberini, liulletino dette scienze med. di Torino, et Journal des connaissances rnéd.chir., septembre 1846.

NÉVROSES

marque le début]. Quant aux vertiges, nous verrons plus loin comment ils se manifestent. Dans un plus grand nombre de cas encore, l’accès débute tout à coup sans aucun prodome, sans aura epileptica, soiL par un cri, soit simplement par une chute ; dans les vertiges, il n’y a ni cri, ni chute au début.

La valeur de Y aura epileptica est considérable et a servi, dans ces derniers temps, à fonder toute une théorie nouvelle de l’épilepsie, h' aura est une sensation, le plus souvent douloureuse, quelquefois insupportable, que quelques épileptiques comparent à un chatouillement , à une névralgie , à une vapeur froide ou chaude, etc., dont le siège peut être dans un point très-limité ou dans une région. Pour quelques auteurs, Y aura procède directement des centres nerveux, et se montre dans plusieurs maladies du cerveau ou de la moelle, dont elle n’est qu’une manifestation. Pour d’autres (1), Y aura est un phénomène primordial, initial, qui, par son retentissement sur le centre nerveux, par action réflexe , donne lieu à l’attaque convulsive qui caractérise l’épilepsie.

Attaque convulsive. — Jusqu'à l’époque où ont paru les travaux d’Esquirol. on confondait les attaques d’épilepsie avec les vertiges. Ce médecin a insisté avec raison sur la distinction de ces deux formes d’attaques, dont, après lui, les docteurs Georget, Foville, Calmeil, Beau, Hcrpin, Delasiauve, Marcé, Trousseau, etc. , ont tracé de bonnes descriptions.

Dans l’attaque, l’individu pousse un cri , et tombe tout à fait privé de sensibilité et d'intelligence. Les muscles sont dans un état de roideur tétanique et immobiles, la respiration est suspendue, les veines se gonflent, la face est congestionnée, le pouls faible et petit. Bientôt la roideur tétanique des muscles est remplacée par des alternatives de contraction et de relâchement , apparentes surtout à la face, d’abord légères, ensuite plus étendues, vives et rapprochées. L’individu rend des jets saccadés de salive et de mucosité mousseuse ; la respiration recommence à l’aide des mouvements convulsifs des muscles inspirateurs; les veines se désemplissent; la congestion de la face disparaît ; le pouls devient plus fort.

Les convulsions ayant cessé entièrement, la respiration s’exécute d’une manière large et profonde, avec un ronflement remarquable ; la face est pâle, décomposée ; enfin le ronflement disparaît, et l’intelligence revient peu à peu avec la sensibilité.

Il ne reste ordinairement de ces diverses lésions fonctionnelles qu’une fatigue musculaire excessive, de la céphalalgie et de l’hébétude, sans que le patient ait la moindre conscience de ce qui s’est passé (Beau).

Dans un certain nombre de cas, les convulsions sont extrêmement violentes : on a vu en résulter des distorsions des membres et des déplacements des surfaces articulaires; elles sont presque toujours plus fortes d’un côté que de l’autre; quelques malades rendent sous eux l’urine et les matières fécales; vers la fin de l’attaque, la peau se couvre de sueur, et après l’attaque il y a parfois des accès de fureur qui durent plus ou moins longtemps. Lorsqu’au moment de l’attaque la langue se trouve entre les dents, elle est déchirée, coupée, et la mousse qui couvre les lèvres est sanglante. On a affirmé qu’après l’attaque l’urine est claire et limpide.

(1) Brown-Séquard, Jour», de physiol., 1858. — Iicsearches onEpilepsy. Boston, 1857.

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