ÉPILEPSIE. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC
C’est surtout la section transversale cl’une moitié latérale de la moelle qui donne lieu à cette maladie convulsive de la façon la plus constante, principalement lorsque cette section a été pratiquée entre la septième vertèbre dorsale et la troisième lombaire. Cette affection se montre généralement durant la troisième ou la quatrième semaine qui suit l’opération. L’accès consiste d’abord seulement en un spasme des muscles du cou et de la face, d’un seul côté ou des deux côtés, suivant l'étendue de la blessure faite à la moelle. Au bout de quelques jours, l’attaque devient plus complète, et toutes les parties du corps non paralysées entrent en convulsions... Le siège de ces convulsions varie suivant le point ou la moelle a été lésée, etc. L’auteur provoque à volonté le retour de l’attaque, soit en empêchant l'animal de respirer, soit en pinçant la peau à certaine partie de la face ou du cou, ce que l’auteur attribue h une action rédexe.
Pour prouver que l’attaque artificiellement produite, si elle n’est pas l’épilepsie elle-même, est du moins épileptiforme, l’auteur montre en quoi elle consiste : la tête s’agite d’abord violemment sur les épaules par la contraction des muscles du cou ; les muscles de la face, l’orbiculaire des paupières surtout, se contractent violemment. Toutes ces contractions surviennent ordinairement ensemble. Au bout de peu de temps, l’animal pousse des cris sourds, comme s’il étouffait, par la contraction spasmodique des muscles du larynx. Alors l’animal tombe, tantôt du côté où la moelle est blessée, tantôt de l’autre côté, et tous les muscles du tronc et des membres qui ne sont pas paralysés entrent en convulsions alternativement toniques et cloniques. La respiration devient irrégulière, à cause des convulsions des muscles respirateurs. Il y a expulsion des matières fécales et souvent de l’urine, quelquefois érection du pénis et même éjaculation.
Cet auteur assigne les causes anatomiques suivantes à l’épilepsie : 1° Une lésion de la moelle épinière peut donner lieu à une affection épileptiforme. 2° 11 existe une étroite relation entre certaines parties de la moelle épinière et certaines branches des nerfs de la face et du cou. 3° Les convulsions épileptiformes peuvent être la conséquence d’irritations sur certains nerfs. ù° Même alors qu’une affection épileptiforme a sa cause primitive dans les centres nerveux, certaines ramifications cutanées des nerfs, lesquels ne sont pas en connexion directe avec les parties lésées du centre nerveux, ont le pouvoir de produire des convulsions que n’ont pas d’autres nerfs, lesquels sont cependant en connexion directe avec le centre blessé. 5° Les ramifications cutanées de certains nerfs peuvent avoir le pouvoir de produire des convulsions, tandis que le tronc lui-même ne jouit pas de ce pouvoir. ]
§ VII. — Diagnostic, pronostic.
Dans l’immense majorité des cas, l’épilepsie est une affection très-facile à reconnaître. Quelquefois, au contraire, elle se montre avec des caractères peu tranchés, et, d’une autre part, certaines maladies, comme l’hystérie en particulier, peuvent s’en rapprocher parleurs symptômes.
Quant au diagnostic de l’épilepsie et de l 'hystérie, nous n’avons qu’à renvoyer
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le lecteur à l’article consacré à cetle dernière maladie, où nous sommes entré dans tous les détails nécessaires (1).
Nous nous occuperons du diagnostic de l'épilepsie et de la catalepsie dans l’article suivant.
La congestion cérébrale se distingue principalement de l’attaque d’épilepsie par l’absence des convulsions et du trouble particulier de la respiration.
Cependant nous devons ajouter que dans les cas où la congestion est liée à une affection cérébrale chronique, comme dans les méningo-péri-encéphalites diffuses, le diagnostic s’établit surtout par la connaissance des antécédents, car les convulsions épileptiformes dans ces cas diffèrent peu, dans leur aspect, des attaques d’épilepsie vraies : elles peuvent, comme elles, se succéder à intervalles très-rapprochés. Nous avons vu souvent aussi chez les aliénés paralytiques des phénomènes analogues aux vertiges ; on ne les confondra pas avec eux dès qu’on aura pu constater les troubles qui appartiennent à la paralysie générale.
Dans certains cas, il est difficile de distinguer l'épilepsie de l 'éclampsie; aussi, dans ces cas, doit-on suspendre son jugement, et n’admettre qu’il y a eu véritablement attaque d’épilepsie que lorsque cette attaque s’est reproduite. Ces cas douteux sont beaucoup plus rares qu’on ne l’a dit.
Epilepsie simulée. — L’épilepsie est une des maladies qu’on a le plus fréquemment simulées et qu’on simule le mieux par des moyens bien connus de tout le monde. C’est là une question importante, non-seulement pour le médecin légiste, mais encore pour tous les praticiens qui peuvent se trouver dans des cas de ce genre fort embarrassants.
Le malade qui n’est point averti de l’invasion de l’attaque tombe partout où il se trouve, sans choix du lieu ni des spectateurs; le prétendu épileptique a bien soin de choisir le lieu de la scène, de manière à se faire le moins de mal possible, et à n’être point soumis à l’examen des gens de l’art; mais il y a des attaques annoncées par des prodromes, et il serait facile d’en simuler une de ce genre. La perte de toute sensibilité est complète et profonde ; les douleurs vives, les odeurs piquantes, les bruits violents, rien ne peut faire impression sur le malade. On interrogera donc la sensibilité par des sensations fortes et inattendues. On excite ordinairement la douleur en laissant tomber sur la peau de la cire à cacheter enflammée ; quelquefois la menace d’une épreuve douloureuse a suffi pour prévenir le retour des prétendues attaques. La pupille est immobile: on l’exposera soudainement à une lumière un peu vive ; cetle épreuve est difficile à faire sur un sujet agité par des convulsions, dont les yeux peuvent être roulants dans l’orbite. L’un des meilleurs signes de l’attaque épileptique est la turgescence violacée ou noirâtre de la face, subitement dissipée et remplacée par la pâleur dès que les convulsions cessent. Il n’est guère possible d’imiter ce double effet, qui est surtout remarquable pour ceux qui ont observé les épileptiques. On ne conçoit guère la possibilité de préparer dans la bouche, avec un morceau de savon, la grande quantité de salive écumeuse que rendent la plupart des malades ; mais tous les épileptiques n’ont pas de l’écume à la bouche dans les attaques. Le ronflement soporeux qui suit ordinairement l’attaque, ainsi que l’altération de l’intelligence, l’air honteux.
(1) Voy. art. Hystérie, § VI, Diagnostic.