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ÉPILEPSIE. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC

hébété, étonné, seront difficiles ou plutôt impossibles à imiter. Marc dit que 1 on a beaucoup de peine à étendre le poignet et le pouce, qui sont fléchis, mais qu une fois étendus ils ne se fléchissent plus, et ce médecin fait observer que le faux malade croira bien faire de les fléchir aussitôt qu’il ne sentira plus de résistance. Sauvages reconnut la supercherie d’une petite fille de sept ans, qu’il soupçonnait de feindre d’être épileptique, en lui demandant si elle ne sentait pas un vent qui de la main parvenait à l’épaule, et de là au dos et à la cuisse : à quoi la petite répondit affirmativement. La gêne et le mode de respiration sont très-remarquables; les mouvements forts et tumultueux du cœur ne sont pas à la disposition de la volonté.

Il reste à savoir si la maladie est dépendante ou non d’une altération organique plus ou moins profonde ? Il est rare que les altérations chroniques du cerveau n’aient pour tout symptôme que des attaques d’épilepsie. On observe en outre un affaiblissement des facultés intellectuelles plus considérable que ne le comportent la fréquence et la violence des attaques ; il y a des troubles de la motilité, de la sensibilité, etc. Ces derniers symptômes se montrent également dans les affections de la moelle. Quant aux lésions des autres organes, c’est à l’observateur à chercher à les découvrir par les moyens ordinaires.

Pronostic. — Le pronostic de l’épilepsie, considéré d’une manière générale, est grave, parce que la maladie tend naturellement aune terminaison fâcheuse, et que chaque attaque peut être la cause d’un accident funeste. Mais le danger est-il immédiat ou éloigné ? Si la maladie est voisine de son début, si les attaques ne surviennent qu’à d’assez grands intervalles, le danger est ordinairement très-éloigné; si, au contraire, les attaques sont très-rapprochées, surtout si elles surviennent plusieurs fois tous les jours, on doit craindre une mort prochaine. Ce pronostic est, du reste, subordonné à l’état de simplicité ou de complication de la maladie, de conservation ou de dépérissement de l’organisme. Règle générale, l’épilepsie qui dépend de l’affection organique des centres nerveux est plus promptement fatale que toute autre. On a dit que la forme de l’épilepsie qui consiste dans un simple vertige est plus dangereuse que la forme convulsive ; le fait est-il prouvé?

« La médecine, dit Herpin, peut exercer une heureuse influence dans près des trois quarts des cas d’épilepsie.

» Elle peut en guérir la moitié, sauf quelques rechutes moins graves que la maladie primitive.

» Elle peut éloigner les accès d’une manière notable dans près de la moitié des cas qu’elle ne guérit pas, et cette amélioration se soutient si le traitement a été suivi avec quelque persévérance. » (Herpin.)

Sur 68 cas, les choses se sont passées comme il suit :

Guéris. Améliorés. Rebelles. Totaux.

Au-dessous de 100 attaques ou accès . 33 6 6 45

— de 100 à 500 5 » 3 8

Au delà de 500 » » 5 5

II est pour l’épilepsie un critérium au moyen duquel on semble pouvoir mesurer d’avance, avec une suffisante exactitude, les chances de guérison d’un malade quelconque ; il se trouve dans le nombre total des attaques ou accès éprouvés jusqu’alors par le patient.

NÉVROSES

Chez les malades qui n’ont en que des vertiges, si les malaises ne sont pas trèsfréquents, s’ils ne durent pas depuis plus de dix années, la guérison paraît être presque constamment assurée.

Pour les attaques et accès, le pronostic est tout à fait favorable au dessous du nombre de 100.

Il est peu favorable de 100 à 500, car alors les échecs et les succès se balancent à peu près.

Le pronostic est défavorable au-dessus de 500 attaques ou accès, les guérisons ne devant être que des cas exceptionnels. (Herpin.)

§ VIII. — Traitement.

ln Traitement clés attaques. — Lorsque l’attaque est médiocrement violente, et qu’aucun des symptômes ne se présente avec des caractères exceptionnels, débarrasser le malade de tous les vêtements qui peuvent exercer une compression nuisible, et surtout de ceux qui gênent la respiration ; le placer sur un lit, et surveiller les diverses phases de l’attaque.

Si les convulsions sont très-violentes , si surtout elles tendent à jeter le malade hors du lit, on le place dans un lit qui présente un creux assez profond au milieu ; on le maintient sans violence. Dans quelques cas, pour éviter les luxations et les fractures, attacher les membres avec des lacs assez larges. S’il avait de la tendance à se déchirer la longue avec les dents, insinuer entre les arcades dentaires un petit rouleau de linge ou un morceau de liège. Si la salive mousseuse était trop abondante, incliner a tête sur le côté pour qu’elle pût s’écouler. Si les accidents qui annoncent la congestion cérébrale et l’asphyxie étaient évidemment trop considérables, la saignée serait indiquée; mais il est bien rare qu’il soit nécessaire d’y avoir recours dans une attaque de médiocre, durée. Il n’en est pas de même lorsque les attaques ont une durée très- longue ; il résulte des observations de Calmeil, qu’en pareil cas la saignée les rend souvent plus courtes. Nous ne parlons ni des inspirations de substances excitantes, ni des lavements, ni d’autres moyens du même genre dirigés contre les attaques d’épilepsie, parce qu’il est aujourd’hui reconnu qu’on n’en retire aucun avantage réel. Il en est même qui sont dangereux : on a vu des malades à qui l’on avait fait inspirer de Y ammoniaque pendant un temps trop long, succomber ensuite à une inflammation des voies aériennes. Dans les cas oh il y a de très-longues attaques avec des rémissions, saisir les moments de rémission pour administrer des calmants et des antispasmodiques.

2° Traitement des accidents qui suivent les attaques. — Le repos et quelques soins hygiéniques très-simples, comme un régime léger, des distractions, suffisent pour dissiper en peu de temps les faibles symptômes qui suivent immédiatement les attaques ; mais quelquefois les accidents persistent, et il faut recourir à d’autres moyens.

S'il existe un malaise général, avec excitation et céphalalgie, de grands bains et des pédiluves stimulants sont prescrits avec avantage. Si les signes de congestion vers la tète sont plus marqués, et s’il y a des phénomènes de pléthore, ne pas hésiter h pratiquer la saignée générale. On a recours aux antispasmodiques lorsqu'il existe

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