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CATALEPSIE. EXTASE. SOMNAMBULISME. — SYMPTÔMES

névroses, surtout des névroses convulsives. Nous y retrouverons en première ligne : une vive émotion, la terreur, l’indignation, la jalousie, la haine, les revers subits de fortune, une nouvelle inattendue brusquement apportée. La vue d’un accès de catalepsie en a provoqué l’explosion chez des femmes qui en étaient témoins, chez des religieuses, par exemple, dont les conditions d’exaltation mystique étaient déjà une prédisposition évidente.

§ III. — Symptômes.

La catalepsie est simple ou compliquée, complète ou incomplète.

Les symptômes se divisent eu précurseurs de l’accès, symptômes de l’accès et phénomènes consécutifs.

Dans le plus grand nombre des cas, l’accès est annoncé par les prodromes suivants, qui ne se rencontrent pas tous chez le même sujet : engourdissement de l’intelligence, rêves pénibles, loquacité, obtusion des sens, céphalalgie, pesanteur de tête, perte de la mémoire, secousses convulsives, constriction principalement des paupières, crampes, respiration ralentie, suspirieuse, vivacité du pouls, palpitations, coloration vive ou décoloration de la lace, syncopes. Dans un grand nombre de cas, on voit, parmi les prodromes, des signes qui peuvent se rapporter au début des attaques d’hystérie ou d’épilepsie, telle est la boule hystérique, l'aura epileptica. Parfois l’accès survient brusquement, sans signe précurseur, il y a suspension instantanée de la vie de relation, ce qui se voit également dans certaines formes de l’épilepsie.

Accès. — Dans le plus grand nombre des cas, il y a suspension des fonctions sensoriales, mais ce phénomène n’est pas constant. Le sens de la vue est le plus généralement aboli. Quelquefois il y a occlusion des paupières; dans d’autres cas on a vu les yeux largement ouverts être insensibles à toutes les excitations physiques. L’analgésie et l’anesthésie existent souvent. S’il est vrai que certaines personnes puissent simuler l’insensibilité, il n’est pas moins vrai que les excitations les plus violentes et les plus cruelles ne peuvent souvent arracher aux malades aucun signe de sensibilité. La perte de la parole est toujours observée, et c’est un des signes qui avaient frappé les premiers observateurs qui désignèrent la maladie sous le nom d 'aphonie (Hipp. ). Les fonctions intellectuelles sont le plus souvent abolies ou perverties, et les malades, comme cela a lieu dans l’épilepsie, ne se souviennent pas de l’accès. Petetin dit avoir vu une dame qui fut interrompue au milieu d’une phrase par un accès subit de catalepsie, et qui acheva celte même phrase trois heures après, dès qu’elle eut recouvré sa connaissance. Dans certains cas on a vu des malades chez lesquels la spontanéité semblait abolie, obéir aux ordres qui leur étaient donnés. « On pouvait, dit Bourdin, en intimant au malade l’ordre de se mouvoir, le forcer à des déplacements partiels ou généraux, et, par conséquent, rompre la chaîne des phénomènes musculaires,' faire cesser l’accès et rendre le malade à son existence habituelle... » Sans mettre en doute la réalité des faits observés et l’habileté des observateurs, nous ne pouvons nous empêcher de signaler le danger de semblables récits remplis de merveilleux et tout à fait propres à encourager les mystificateurs et les charlatans. Les médecins ne doivent procéder dans l’examen de semblables faits qu’avec la plus prudente réserve.

C’est dans le système musculaire qu’il faut chercher le phénomène morbide le

NÉVROSES

plus constant et le plus caractéristique ; voici en quoi il consiste. Le malade est immobile etroide; il ne se meut pas par lui-méuie, mais il reçoit l’impulsion qu’on lui donne; on peut faire passer chaque muscle de la vie animale par tous les degrés intermédiaires de contraction, depuis l’extrême flexion jusqu’aux dernières limites de l'extension. Cette facilité qu’éprouve une main étrangère à mouvoir le tronc ou les membres du malade, est plus ou moins grande, et lorsque la contracture, l’état tétanique existent, il faut souvent d’assez grands efforts et un temps plus ou moins long pour vaincre la résistance musculaire. D’autres fois, au lieu de rencontrer une résistance, on trouve le corps dans un état de résolution absolue, léthargique, cl il faut soutenir les membres pendant une ou deux minutes pour mettre en évidence l’état cataleptique. Lorsqu’est arrivé le moment delà contracture, si le membre est abandonné à lui-même, il conserve la position qu’on lui a donnée pendant un temps beaucoup plus long que ne le pourrait supporter une personne très-robuste. Les muscles restent dans le degré de contraction dans lequel les a surpris l’attaque; de telle sorte que le malade conserve la pose qu’il avait dans ce moment, quelque pénible et quelque bizarre qu’elle soit. On a vu des malades rester les bras étendus ou levés au ciel ; d'autres garder la position qu'ils avaient prise pour tirer un coup de fusil, etc. En général, tous les muscles de la vie de relation sont sous l’influence de l’état cataleptique; cependant on a cité des cas dans lesquels certains muscles étaient dans l’étal normal et obéissaient à la volonté. On a remarqué chez plusieurs malades un clignotement des paupières pendant l’accès ( cnrus nystagmus , Sauvages).

Si l’on cherche à vaincre la contraction des muscles, on sent qu’ils cèdent lentement, comme si l’on étendait un corps élastique; puis la partie du corps sur laquelle on a agi conserve la nouvelle position qu’on lui a fait prendre; on a pu, de celte manière, le malade étant couché, élever d’un côté les membres inférieurs étendus, et de l’autre le tronc, de manière que le corps ne portait plus que sur le sacrum, et le malade a gardé cette position dans laquelle il est impossible de se maintenir en toute autre circonstance.

Il ne faut pas croire néanmoins que cette possibilité de conserver une immobilité complète dans les poses bizarres soit un fait constant; il arrive au contraire assez souvent que, peu de temps après qu’on a placé le malade dans cette situation, on voit apparaître de légers mouvements involontaires, des oscillations qui ramènent les membres et le tronc dans une position moins difficile : c’est ainsi que, dans un cas observé par Bartb , la malade, placée uniquement sur le sacrum, éprouva de légers mouvements, qui peu h peu ramenèrent tout le corps dans la position horizontale.

La rigidité des muscles porte exclusivement sur le système de la vie de relation , et les muscles respiratoires ne sont pas atteints ; cependant il semble que ces muscles eux-mêmes aient été pris de contracture, et que l’immobilité ait été complète dans certains cas de catalepsie léthargique où la mort était apparente.

La plupart des auteurs ont admis une catalepsie complète et une catalepsie incomplète. Cette distinction n’est pas très-fondée. Lorsque la catalepsie existe, peu importe qu’elle soit plus prononcée aux membres supérieurs qu’aux membres inférieurs. On ne saurait voir là autre chose qu’une différence dans l’intensité de

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