‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 333 sur 369 · CATALEPSIE. EXTASE. SOMNAMBULISME. — MARCHE , DURÉE · texte numérisé non relu

CATALEPSIE. EXTASE. SOMNAMBULISME. — MARCHE , DURÉE

la maladie ; Puel fait justement remarquer qu’elle n’est pas mieux établie que celle qu’on a admise entre le sommeil léger et le sommeil profond.

Pendant l’accès, la nutrition est impossible, ou du moins très-difficile, à cause du trismus et du spasme de la langue ou du voile du palais; la déglutition est difficile, alors même qu’on a franchi l’obstacle qu’opposent les muscles des mâchoires. Lorsque l’accès se prolonge pendant plusieurs semaines, il est évident que la digestion peut se faire, sans quoi la maladie serait rapidement mortelle. Le pouls est quelquefois accéléré, le plus souvent ralenti; il en est de meme de la respiration.. La température générale du corps ne présente rien d’anormal; les extrémités sont .souvent un peu refroidies pendant l’accès.

Complications. — La catalepsie complique beaucoup plus souvent les autres affections qu’elle n’en est compliquée elle-même. On la voit exister avec divers genres de folie, avec l’hystérie, le tétanos, et même les fièvres intermittentes; on l’a vue apparaître dans certaines maladies aiguës, et notamment dans la fièvre typhoïde.

On doit à Mesnet une excellente observation de catalepsie associée h des accidents hystériques de toute nature. Dans ce fait, la catalepsie a été considérée comme une des manifestations de l’hystérie, au même titre que l’extase, le somnambulisme auxquels elle se trouve mêlée (1).

Phénomènes consécutifs. — Lorsque l’accès de catalepsie est isolé, il ne reste après lui qu’un état de fatigue, de malaise et d’abattement; chez quelques malades on a remarqué un peu d’excitation maniaque, et même, quand les accès se sont fréquemment renouvelés, on les a vus arriver graduellement à un état d’affaiblissement intellectuel voisin de la démence (Favrot). Les troubles des fonctions de la nutrition amènent souvent un état de maigreur et de faiblesse extrême. Sarlandière rapporte un cas de ce genre.

§ IV. — Marche, durée et terminaison de la maladie.

Nous avons posé les symptômes précurseurs qui peuvent cependant manquer. La maladie consiste essentiellement dans l’accès. Parfois il n’y a qu’un seul accès, qui est alors toute la maladie ; d’autres fois les accès se reproduisent. Aussi l'intermittence est-elle un des caractères de la catalepsie; cette intermittence est régulière. dans un grand nombre de cas, souvent quotidienne ; la durée des accès, en pareil cas, est quelquefois de douze heures, le plus souvent de trois ou quatre heures.

Durée de la maladie, nombre des accès. ■ — La maladie peut durer plusieurs années ; on a vu des malades sujets à des accès de catalepsie pendant cinq et même huit ans (Sauvages). Quant au nombre des accès, on a cité des malades qui en ont eu un par jour pendant deux ans (Baron). Une malade observée par Puel a eu douze cents accès depuis octobre 1852 jusqu’en février 1855. Le plus souvent les accès ne sont pas aussi fréquents.

Durée des accès. — L’accès peut ne durer qu’une ou deux minutes. Il peut durer plusieurs mois. Le malade cité par Sarlandière eut deux accès, l’un de deux

(1) Mesnet, Etudes sur le somnambulisme envisagé au point de vue pathologique (Archives gén. de méd., 1 8 6 0 1 .

mois, l’autre de quatre mois. Il n’est pas rare de voir un accès de catalepsie se prolonger pendant plusieurs jours.

! Terminaison . — La catalepsie, lorsqu’elle est essentielle, se termine ordinairement par la guérison. Cependant il existe des exemples assez nombreux de catalepsies faisant place à de la manie, à de la paralysie, à de l’épilepsie, etc.

§ V. — Lésions anatomiques.

On ne connaît pas les lésions anatomiques propres à la catalepsie.

§ VI. — Diagnostic.

L’élément principal du diagnostic est l’abolition des mouvements volontaires et l’immobilisation tétanique des membres et du tronc dans la posture qu’une main étrangère leur impose. Cette maladie ne saurait en aucun cas être confondue avec les maladies convulsives telles que l’hystérie et l’épilepsie, puisque l’immobilité est le caractère de l’une et l’agitation celui des autres. Elle ne saurait davantage être confondue avec le tétanos, puisque dans cette dernière maladie il y a contracture sans possibilité de déplacer les membres et de les immobiliser dans une attitude quelconque, et que d’ailleurs il n’y a pas dans le tétanos abolition des fonctions des sens avec absence de troubles de la circulation. Nous dirons plus loin en quoi elle diffère de l’extase et du somnambulisme.

§ VII. — Traitement.

Il n’est pas un seul remède qui n’ait été essayé pour combattre la catalepsie. L’absence de méthode a engendré ici, comme dans presque toutes les névroses, l’empirisme et l’abus des médications les plus dangereuses. La méthode la plus ancienne et la plus rationnelle est celle des frictions pour vaincre la roideur des articulations. Ces frictions sont sèches ou faites avec des liniments irritants ou antispasmodiques. On a conseillé également les bains lièdes, les bains froids, les affusions froides, les bains de mer, les bains alcalins, les vomitifs, les purgatifs, administrés lorsqu’il existe un embarras gastro-intestinal. Les émissions sanguines ne paraissent pas avoir produit de bons résultats. Quant aux antispasmodiques les plus employés, ce sont le camphre, l’asa fœlida, le valérianate de zinc. Les narcotiques ne paraissent pas avoir produit de guérisons. On a employé avec succès les enunénagogues dans le cas de catalepsie compliquée d’hystérie avec dysménorrhée. Tous les révulsifs ont été appliqués, et l’on en a quelquefois obtenu des résultats immédiats satisfaisants. Dans le cas de périodicité des accès, les préparations de quinquina sont indiquées.

Puel signale la possibilité de produire la cessation de la contraction musculaire dans un membre, et pour ainsi dire partiellement dans chaque muscle, à l’aide de frictions et de massages. 11 ne faut pas oublier que si l’accès se prolonge, les malades arrivent à l’inanition, et que l’alimentation artificielle est indispensable. ]

B. Extase. — Longtemps confondue avec la catalepsie, l’extase a, dans ces der-

Page 1