MUTISME ACCIDENTEL
Il faut distinguer de l’aphonie, qui consiste dans la perte de la voix sans perte de la parole, le mutisme accidentel , dans lequel les malades ne peuvent plus faire entendre un seul mot. Cette dernière maladie est beaucoup plus rare que l’aphonie. (Voy. tome II, article Aphonie.)
La cause la plus fréquente du mutisme accidentel est une émotion vive; puis viennent les attaques d’hystérie, qui produisent bien plus souvent l’aphonie; les vers dans le canal intestinal (Schroeter et plusieurs autres auteurs). Dans un cas rapporté par Richter (de Wiesbadcn), l’aphonie se montra tous les jours, à la même heure, comme une fièvre intermittente. Eggerdes (1) a rapporté l’histoire singulière d’un mutisme épidémique chez les militaires d’une garnison. L’affection les prenait dans les circonstances les plus variées et sans cause appréciable.
Nous ne parlons pas ici du mutisme causé par la destruction des nerfs récurrents ou par une attaque d’apoplexie, il n’est alors qu’un symptôme; ni du mutisme causé par les divers empoisonnements, dont nous aurons à nous occuper plus tard. (Voy. tome V. )
Lorsque le mutisme est essentiellement nerveux, il constitue le seul symptôme de l’affection.
Souvent celte affection dure quelques jours, puis disparaît tout à coup pour reparaître plus tard, et ainsi de suite. Elle se termine par la guérison.
Rien ne serait plus facile que le diagnostic , s’il n’était à craindre que celte affection ne fût simulée. C’est en cherchant à surprendre les malades et eu les observant à t ui les instants qu’on découvre la simulation. C’en est assez sur ce diagnostic, qui intéresse les médecins chargés d’examiner les recrues, bien plus que les praticiens ordinaires.
Le traitement de cette maladie est peu précis, parce que nous n’en possédons (pic des cas rares. Dans l’épidémie citée par Eggerdes, le tartre stibié à dose vomitive, le succin etl 'ammoniaque procurèrent la guérison.
Dans les cas où l’on a soupçonné la présence des vers dans l’intestin, on a donné les anthelminthiques. L’expulsion des entozoaircs a été suivie du retour de la parole.
Lorsque le mutisme est le résultat d’une attaque d’hystérie, on met en usage principalement les antispasmodiques.
Dans les cas où la maladie s’est produite sous forme périodique, le sulfate de quinine en a triomphé.
L'électricité, appliquée à l’aide de la pile de Volta, a eu un plein succès entre les mains de Pellegrini (2). On employa la pile de Volta , le pôle zinc sur les ver-
(1) Acta naturcc curiosorum, ann. IV, déc. 3.
(2) Pellegrini, Giorn. per service ai progress., et Journal des connaissances médico-chirurgicales, novembre 1843.