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MAL DE MER. — TRAITEMENT

l’afflux du sang vers la partie postérieure des centres nerveux, consiste à abaisser la température de la moelle par l’application permanente de la glace le long de la colonne vertébrale.

Les vessies dont on se sert habituellement pour l’application de la glace offrant de nombreux inconvénients, le docteur Chapman a fait confectionner des sachets (1) de caoutchouc formés de trois compartiments séparés par des cloisons de caoutchouc et munis de garnitures de cuivre très-mince. On remplit successivement les trois cellules de glace concassée en morceaux de la grosseur d’une noisette, en ayant soin de ne pas les gonfler assez pour leur donner la forme ronde, car alors le sachet ne toucherait la région du dos que par une trop petite surface. Le sachet est maintenu en place à l’aide de cordons élastiques ou, tout simplement, au moyen des vêtements. Chaque sachet déglacé met environ deux heures à fondre, plus ou moins, suivant la température.

Dans la majorité des cas, le traitement consiste à placer un sachet rempli de glace au milieu du dos, s’étendant depuis la nuque jusqu’au bas des reins (régions cervicale, dorsale et lombaire), et à le maintenir pendant tout le temps que durera la disposition au mal de mer. Les personnes peu susceptibles pourront même ne recourir à ce moyen que lorsqu’elles commenceront à ressentir du malaise. Dans tous les cas, il vaudra mieux appliquer le sachet sur la peau, à nu, mais cependant on peut laisser un léger intermédiaire tel que la chemise ou même une mince flanelle.

Les individus qui sont très-influencés par les oscillations du navire devront, nonseulement appliquer le sachet à nu, mais encore le placer une demi-heure, une heure avant d’ embarquer. Dès que la glace est fondue, il faudra se hâter de remplir le sachet par un autre préparé convenablement à l’avance.

La glace sera appliquée avec beaucoup de précautions chez les personnes qui souffrent de la poitrine, chez les femmes enceintes ou chez celles qui seraient à l’époque des règles. Chapman recommande, en même temps, de boire de l’eau glacée ou de sucer des fragments de glace.

Prévoyant qu’on ne manquera pas de se récrier contre la sensation pénible que le froid doit produire et contre les inconvénients que peut amener l’application longtemps continuée d’une colonne de glace au milieu du dos, le médecin anglais répond que la sensation déterminée par le froid n’est pas aussi désagréable qu’on le suppose, et qu’en tout cas, il n’est pas de personne qui ne préfère de beaucoup supporter le contact de la glace plutôt que d’endurer les tortures du mal de mer. Les mouvements du navire ayant amené un afflux de sang vers la moelle et les ganglions nerveux, il se produit une chaleur anormale que le froid appliqué sur la région vertébrale dissipera agréablement.

Chapman, s’appuyant sur les mêmes idées théoriques, prétend également que sous 1 influence du mal de mer, l’application de la glace au milieu du dos est parfaitement supportée, alors qu’elle serait préjudiciable à terre. Tl s’aventure même jusqu’à prédire que la glace pourra être tolérée facilement par les personnes en

(1) Les sachets décrits par Chapman sont brevetés pour l’Angleterre et pour le continent. On les trouve chez différents fabricants de Londres (entre autres, C. Macintosh and C°, 3, Cannon Street, West, et chez les fabricants d’instruments de chirurgie.

( Note du docteur Chapman.)

NÉVROSES

bonne santé par ailleurs, niais menacées dn mal de mer, aussi longtemps que durerait, chez elles, cette névrose si elles ne la combattaient pas par l’application du froid.

A l’appui de ses propositions, le docteur Chapman présente dix-sept observations de préservation ou de guérison du mal de mer, grâce au moyen qu’il préconise. Il est vrai qu’il ne s’agit que de très-courtes traversées (Douvres à Calais, Boulogne à Folkestone, Newhaven à Dieppe). Rien ne nous autorise à invalider ces observations, quelque contestable que soit la théorie (pii a conduit ce praticien à prescrire la réfrigération de la moelle. Il faut donc faire appel à l’expérimentation sur un grand nombre de sujets avant de se prononcer; mais nous ne pouvons nous empêcher d’exprimer toutes nos appréhensions à l’égard de l’innocuité d’une application de glace, pendant plusieurs heures, au milieu du dos. Chapman ne paraît nullement se préoccuper de la réaction qui doit être la conséquence naturelle d’une semblable pratique. Peut-il nous répondre que le pouvoir vaso-moteur an réagissant 11e dépassera pas les limites physiologiques ? Nous croyons donc de notre devoir de recommander une grande circonspection dans les essais qui 11e manqueront pas d’être tentés, et qui 11e tarderont pas à nous fixer sur la valeur du traitement Chapman. ]

ARTICLE IX

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