VERTIGE NERVEUX
§ I. — Considérations générales.
[ Le mot vertige 11’éveille le plus ordinairement dans l’esprit que l’idée d’un accident de courte durée et dépendant de causes capables de produire une perturbation passagère dans le système nerveux encéphalique. L’agitation pi us ou moins régulière du corps, soit dans les mouvements de l’escarpolette, d’une voiture, d un navire, soit dans les ascensions en ballon, sont des causes de vertige; il en est de même de l’action de se baisser, de tourner rapidement sur soi-même; 1 inanition, l’ivresse, l’intoxication par l’opium, les solanées vireuses, l’acide carbonique, etc., commencent par un étourdissement vertigineux, mais c’est à peine si les médecins s’occupent de cet accident, dont ils abandonnent l’étude à la physiologie et à la thérapeutique.
Ils se préoccupent, au contraire, et peut-être d’une manière exagérée, duvertige lié aux affections cérébrales et à diverses autres maladies. Les tendances anatomiques du commencement de ce siècle et le trop célèbre aphorisme : Pas de symptôme sans lésions, ont fait regarder pendant longtemps le vertige comme le résultat d une congestion cérébrale; de là des craintes exagérées d’apoplexie, de ramollissement du cerveau, de lésion organique entretenant un foyer d’irritation ; de la aussi une thérapeutique spoliati ve, affaiblissante, trop souvent funeste aux malades. Le ^ ei tige n’est pas seulement un signe d’excitation et de congestion cérébrale, mais il peut dépendre d’une cause tout opposée, le défaut d’excitation du cerveau ; et, en effet, il résulte plus souvent peut-être de l’anémie cérébrale que de toute autre chose, puisqu’on le voit se manifester à la suite des grandes hémorrhagies, dans les cas d appauvrissement et de dissolution du sang [chlorose, scorbut, maladies pestilentielles) , dans l’état fébrile, dans toutes les affections où il y a une notable modification de