ATAXIE LOCOMOTRICE. — HISTORIQUE
le même succès, mais cependant nous trouvons à signaler d’importants travaux. Stanley (1861), "Webster (1863), publient deux observations; ils n’en tirèrent pas toutes les conséquences qui en pouvaient découler. Todd (1867) (1), étudiant deux cas qu’il avait sous les yeux, diagnostiqua une lésion de la moelle, et dans un mémoire sur la coordination des mouvements, il rendit compte des autopsies qu’il avait pu faire; un peu plus tard (1858), Gull confirme les vues de Todd, les complète et fait de la maladie qu’il décrit une myélite chronique (2).
En France, on ne s’occupait pas moins activement qu’en Allemagne de ces troubles singuliers de l’appareil musculaire que Bouillaud (3) déjà, en 1866, appelait de l’ataxie. Cruveilhier ne les avait pas laissés passer inaperçus. Des observations assez nombreuses avaient été publiées, mais il manquait à ces travaux l’unité de vues qui seule eût permis d’en tirer profit. Ce ne fut vraiment qu’en 1858, après le mémoire de Duchenne, de Boulogne (6), que la connaissance de la maladie se propagea ; Trousseau dans ses cliniques la décrivit en commentant et développant les idées de Duchenne, qu’il adoptait entièrement, et depuis cette époque les mémoires originaux se sont multipliés; parmi les plus importants nous signalerons celui d’H. Bourdon (5), les observations d’Oulmont (6), de Duménil (7), les mémoires de Charcot et Vulpian (8), l’article d’Axenfekl (9), celui de Trousseau (10), les thèses de Dujardin-Beaumetz (11), Ortet (12), Edwards (13), A cette liste que nous aurions pu faire beaucoup plus longue, nous devons ajouter, comme présentant le résumé le plus fidèle, le plus complet, de nos connaissances sur ce sujet, l’excellent travail de Topinard (16), celui de Marius Carre (15), l’étude de Jaccoud (16), nous aurons à leur faire de nombreux emprunts dans le courant de cet article.
Duchenne (de Boulogne), auquel il faut, en France, rapporter les premières notions exactes sur l’ataxie locomotrice, avait, au moment où il écrivait( 1 858), le mérite incontestable, sinon de faire une découverte, du moins de tirer de son propre fonds tous les éléments de ses travaux. Une question de priorité ne saurait être discutée ici avec tous les développements qu’elle comporterait, mais nous croyons
(1) Todd, Cyclopœdia of Anatomy and Physiology, art. Nervous System. London, 1847, vol. III, p. 721.
(2) Gull, Guy' s Hospital Reports. London, 1850 et 1858.
(3) Bouillaud, Nosographie médicale. Paris, 1840, t. V.
(4) Duchenne (de Boulogne), Ataxie locomotrice (Archives de méd., 1858)..
(5) H. Bourdon, Archives de méd., 1801 et 1802.
(G) Oulmont, Union médicale, 1801.
(7) Duménil, Union médicale, 1862.
(8) Charcot et Vulpian, Gaz. hebdomad. de méd. et de chie., 1862.
(9) Axenfeld, Pathologie médicale de Requin. Paris, 1803, t. IV ; Archives gêner, de médecine, 1803.
(10) Trousseau, Clinique médicale de l’Hôtel-Dieu, lrr édit., p. 181 ; 2e édit., t II
(lit Dujardin-Beaumetz, De l’ataxie locomotrice, thèse inaugurale. Paris, 1802.
(j.2) Ortet, De l’ataxie locomotrice, thèse de Paris, 1802.
(13) Edwards, Anatomie pathologique et traitement de l'ataxie locomotrice progressive thèse inaugurale. Paris, 1863.
(14) Topinard, De l’ataxie locomotrice. Paris, 1804.
(15) Marius Carre, De l’ataxie locomotrice progressive, thèse de Paris, 1802, Recherches nouvelles, 1805.
(10) Jaccoud, Les paraplégies et l'ataxie du mouvement. Paris, 1864.
Valleix, 5e édit.