‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 352 sur 369 · NÉ Y «OSES · texte numérisé non relu

NÉ Y «OSES

n’être que juste en restituant au savant français tout ce qui lui appartient réellement, tout ce que des critiques un peu sévères lui ont contesté. Duchenne devait ignorer les travaux des Allemands à cette époque, et personne mieux que lui, ni avant lui, n’avait étudié les troubles musculaires, personne n’en a donné une description plus exacte, plus physiologique. Nous aurons occasion de revenir sur ce point, et de citer encore d’autres noms. Nous n’avons voulu, dans celte note historique, que retracer brièvement les phases diverses qu’a traversées l’ataxie locomotrice. On y peut, d’après JMarius Carre, reconnaître trois périodes :

« 1° La période ancienne, qui s’ouvre à Hippocrate et s’étend jusqu’au commencement du siècle actuel, et dans laquelle l’expression de tabès dorsal sert à désigner d’abord une maladie de la moelle épinière, puis est appliquée surtout à la faiblesse paralytique et aux symptômes né\rosiques qui accompagnent les pertes séminales.

»2° La période allemande, qui commence vers 1825 et huit au mémoire de Duchenne (de Boulogne) ; le tabès dorsal se dégage des affections nerveuses et paralytiques voisines, et est localisé dans la partie postérieure de la moelle épinière.

» 3° La période contemporaine, dans laquelle le tubes dorsal et V ataxie locomotrice désignent une même maladie, dont les diverses parties sont approfondies, et qui est considérée comme une entité morbide. »

§ II. — Définition, synonymie, fréquence.

Il devait arriver pour une maladie étudiée de tous les côtés à la fois qu’un grand nombre de mots seraient proposés pour la désigner. Nous la voyons en effet caractérisée en Allemagne sous le nom de tabes dorsalis ou dorsualis; AYunderlich l’avait appelée paralysie spinale proyi'essive ; Lôwenhardt (1 ), Oortel (2), myélophthisie chronique ; en France, on accepta d’abord la dénomination A' atrophie des faisceaux postérieurs de la moelle , qui, en définitive, ne disait rien de la maladie, et ne déterminait que la lésion ; Duchenne l’appela ataxie locomotrice ; Trousseau, sous le nom de maladie de Duchenne, vulgarisa le terme qui est aujourd’hui généralement accepté. Ataxie locomotrice n’est peut-être pas une locution rigoureusement exacte, en ce sens que le mol ataxie avait déjà une signification dont il est détourné, mais, comme le fait remarquer Trousseau, l’usage l'a consacré, et nous le conserverons; nous le trouvons préférable encore aux termes de myélophthisie ataxique (3), de sclérose des faisceaux postérieurs (A).

Que désigne-t-il ? « Une maladie essentiellement chronique, caractérisée spécialement par l’abolition progressive de la coordination des mouvements volontaires, simulant une paralysie qui contraste avec l’intégrité de la force musculaire » (Trousseau, Duchenne). Topinard la définit : « un désordre de la fonction qui préside à la progression, à l’équilibration et autres actes de musculation volontaire, désordre non causé par la paralysie, l’atrophie musculaire, une déformation du

(1) Lôwenhardt. De myelophtù'i chronicavera. Berolini, 181 2.

(2) Oertel, De myelophtliisi sicca. Berolini, 1840.

(8) Marius Carre, L'ataxie locomotrice, 1865.

/p Jaccoud, Les paraplégies et l’ataxie du mouvement.

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