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FIÈVRE JAUNE. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC

<omac sont pou marquées et ne sont pas en rapport racc les symptômes . la muipieuse est généralement grise, on y voit quelquefois des plaques ecchymotiques. 'Dans l’intestin grêle, on trouve quelques arborisations.

On a noté quelques lésions de l’intestin grêle, siégeant surtout dans les glandes 5 d’après Cornillac ( loc . cit.) les glandes de Brunner au duodénum, les follicules -isolés et les plaques de Peycr seraient très-fréquemment développés dans la fièvre jaune ; ils seraient assez souvent ulcérés. Les plaques de Peyer seraient en général gonflées, piquetées de noir.]

La lésion la plus remarquable est, sans contredit, l’altération de couleur du foie. Louis a trouvé cet organe de couleur café au lait clair, gomme-gutte, moutarde, orange, olive. [Dutroulau a noté que sa coloration extérieure est toujours changée et perd la teinte sanguine qui lui est propre pour prendre une teinte plus pale, celle du café au lait, de l’orange clair ou foncé, de la gomme-gutte, du vieux cuir, ordinairement parsemée de plaques violacées sur les bords ou sur les faces. La couleur intérieure n’est pas toujours semblable à celle de la surface ; elle est ordinairement pins foncée et présente un aspect pointillé qui la fait ressembler à la farine de moutarde jaune ou grise, à la cassure de l’aloèsdes pharmacies ; son tissu est en général klesséché, et l’on dirait qu’il a subi un commencement de cuisson. Quand on l’incise, on ne voit le sang couler que des gros vaisseaux (1).] Rufz a fait les mêmes remarques. Déjà, dans d’autres épidémies, on avait signalé la couleur jaune du foie, mais non avec cette précision. Tout porte à croire que c’est là la lésion anatomique essentielle. Quelques médecins ont prétendu qu’elle n’est pas constante, mais ils n’ont pas donné, comme les auteurs précédents, l’analyse des faits. La cohésion du foie est aussi souvent augmentée que diminuée ; rarement cet organe offre une augmentation de volume.

Les autres lésions ne sont pas constantes ; Dutroulau a observé toujours, après la mort, la couleur jaune des téguments, alors même que cette couleur n’avait pas été appréciable pendant la \ ie.

Le sang est incontestablement altéré. Cette altération est visible pendant la vit'. Le sang présente, dès le second jour, une couenne molle, grisâtre. Des plaques lix ides se montrent à la peau ; le sang des hémorrhagies est noir, fluide, ne se coagule pas et ne rougit pas à l’air.

On a oit que ces lésions ne nous éclairent que très-imparfaitement sur la nature de la fièvre jaune, et que nous devons admettre l’existence d’une cause très-énergique, dont le seul effet constant est l’altération spéciale du foie.

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

Si le sujet, après un mouvement fébrile un peu marqué, présente la rougeur des yeux et de la peau, puis les douleurs épigastriques, les nausées, les vomissements, l’agitation, et enfin la couleur jaune de la peau, les vomissements noirs, les déjections noires, la suppression des urines, le diagnostic est certain. On ne pourrait, en effet, confondre une pareille affection qu’avec Y ictère fébrile et Y hépatite aiguë. Mais, dans ces maladies, la couleur jaune se produit presque dès le début, la fièvre est intense, les vomissements sont ordinairement bilieux, les selles décolo-

(1) Traité des maladies des Européens dans les pays chauds. Paris, 1801, p 319.

MALADIES l’ES I II.EM 1EI.LES.

rées, les mines d’un jaune rougeâtre et bilieuses. A joutez à cela la douleur dans la région hépatique et l’augmentation de volume du foie, et l’on voit qu’une erreui n’est pas à craindre.

Mais nous avons vu plus haut que, même dans des cas graves, les principaux symptômes peuvent manquer. Alors le diagnostic ne peut être porté d’une manière précise ; on a seulement des présomptions plus ou moins fortes, tirées de l’existence d’une épidémie, du séjour élu sujet dans un foyer d’infection, etc.

Les mêmes réflexions s’appliquent aux cas légers. Au début d’une épidémie, or doit presque infailliblement les méconnaître, et les seules circonstances dans les-

quelles on puisse porter un diagnostic sont exprimées dans le passage suivant, qut nous empruntons à Louis : « Si l’on venait à observer beaucoup de cas semblable? ii ceux dont il vient d’être question, en peu de temps, au mois d’août et de septembre, et dans la latitude où règne la fièvre jaune; si les yeux étaient injectés dèî le début, la figure rouge, la céphalalgie intense, l’épigastre un peu sensible à la pression, on devrait vivement soupçonner cette affection, encore qu’il n’y ait pas d’épidémie déclarée ; et il n’v aurait pas de doute sur ce point, alors même que les symptômes se présenteraient dans le plus faible degré, s’ils venaient à se déclarei chez tous /es membres ou la /dus (fraude partie des membres d'une même famille , au milieu d'une épidémie , et dans un espace de temps peu considérable ; car une affection qui a ces caractères n’atteint pas un aussi grand nombre de personnes d’une même famille en si peu de temps, hors le cas d’une épidémie de fièvre jaune. »

Pronostic. — il faut être extrêmement réservé quand il s’agit de porter le pronostic de la fièvre jaune. Nous avons vu, en effet, que quelques sujets succombent après quelques jours d’un état qu’on peut considérer comme un simple malaise. On ne saurait donc, dans aucun cas, annoncer une. guérison certaine ; mais il est des symptômes qui rendent le pronostic très-fâcheux. Ce sont : les vomissements noirs, les déjections noires, les hémorrhagies muqueuses ou interstitielles, la couleur jaune d’une grande partie du corps, la suppression des urines, une agitation extrême, un abattement profond. Lorsqu’on voit, après une vive agitation, survenir un calme notable, il ne faut pas se luiler de regarder les malades comme sauvés ; ii faut consulter tous les autres symptômes, et se rappeler cel le amélioration apparente à laquelle, dans certains pays, on a donné le nom de mieux de la mort.

§ VII. — Traitement.

Un fait très-remarquable, c’est que, dans l’épidémie de Gibraltar, la mortalité a été à peu près la même chez les militaires traités par les médecins anglais, et chez les hommes de la ville, traités tout différemment par les médecins espagnols. Si nous rapprochons ce résultat de la très-grande diversité des opinions sur les effets des principaux moyens thérapeutiques, nous sommes porté à conclure que le traitement de la fièvre jaune est bien peu avancé, et que nous ne devons avoir qu’une confiance très-limitée dans nos moyens d’action. Passons-les donc rapidement en revue.

Emissions sanguines. — Les uns x eulent de grandes saignées , les autres des saignées modérées; d’autres proscrivent toute émission sanguine. Que faut-il croire? Bornons-nous à dire que h; plus grand nombre est en faveur de la saignée (Liiul,

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TRAITEMENT

l'^oissonnier-Desperrières, P. F. Thomas, etc.). Les sangsues et les ventouses scaù fiées ne sont mises en usage que pour combattre les symptômes locaux (céphalalgie, douleurs épigastriques).

Les vomitifs , les purgatifs sont d’un fréquent usage parmi les médecins espagnols. Quelle est leur utilité au début de la maladie? C’est ce qu’on ne peut dire; mais ce que l’on sait bien, c’est qu’ils sont nuisibles après les premiers jours. P. F. Thomas (1) ne conseille que les simples laxatifs; encore ne les donne-t-il que lorsque l’estomac n’est pas trop affecté.

Les vésicatoires , les moxas sur l’épigastre, à la nuque, ont procuré quelquefois du soulagement; mais leur effet est très-borné, et ils ont l’inconvénient de donner lieu h des plaies qui se peuvent gangrener. On a proposé d’appliquer les vésicatoires pour provoquer l’apparition de la jaunisse; mais y a-t-il avantage à produire cet effet, et le vésicatoire peut-il le produire?

Nous sommes bien obligé de convenir que la médication par les sudorifiques , par les excitants généraux , les antispasmodiques , les acides , les rubéfiants, les excitants de la peau , ne nous offre pas plus de certitude. Nous savons bien que beaucoup d’auteurs les ont vantés; nous n’ignorons pas que Pugnet leur attribuait une très-grande influence; mais ce qu’il faudrait pour nous convaincre, ce sont des preuves démontrant que la mortalité est diminuée par eux, et ces preuves nous manquent. Qu’il nous suffise donc de dire qu’on donne, à l’intérieur, le vin, l’eaude-vie, le rhum, l’éther, le camphre, des acides minéraux; et, qu’à l’extérieur , on pratique des frictions chaudes et sèches, alcooliques, irritantes; on promène des sinapismes sur les membres et le tronc, etc.

Les lotions, les affusions froides ont été également mises en usage comme traitement général. Thomas a vu les vomissements calmés par la glace prise à l’intérieur. Les frictions, les embrocations huileuses ; les frictions avec des tranches de citron, sont des remèdes populaires, qui n’ont pas été suffisamment expérimentés par les médecins, et qui, selon toutes les apparences, n’ont pas une grande efficacité. Cependant Thomas en parle avec avantage. Il recommande aussi les bains tièdes.

La suppression des urines, qu’on observe dans un certain nombre de cas, a donné 1 idée d administrer les diurétiques; mais presque tous les médecins disent avoir \ u ce moyen échouer complètement.

Ioniques. Il est peu d’auteurs qui n’aient recommandé l’emploi des toniques, et en particulier du quinquina et du sulfate de quinine, mais ils les ont recommandés a des titres divers. Les uns, en effet, donnent le quinquina uniquement Pour combattre l’atonie, et la commission de Barcelone a recommandé de le donner aussi tôt que possible, et à haute dose; les autres, et principalement les médecins qui ont pratique aux Antilles, ont eu pour but de combattre l’intermittence dans un certain nombre de cas. Pour cela ils donnent le sulfate de quinine par la bouche, a la dose de 20 centigrammes par heure, suivant Dutroulau, et la décoction de quinquina en lavements (décoction de 8 grammes d’écorce, à laquelle on peut ajouiei ’h 0,1 ^0 centigrammes de sulfate de quinine, Rufe). Par ce moyen, Souty, Dutioulau et Rufz (2) ont obtenu maintes fois des guérisons rapides.

(î,) de la fè})rc faune observée à la Nouvelle-Orléans, etc. Paris, 184».

(2) Bulletin de l Acad, de méd. Paris, 1842, t. VIF, p. 1045.

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