‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 43 sur 369 · PESTE · texte numérisé non relu

PESTE

[ Prophylaxie. ■ — Si l’on admet que la fièvre jaune se développe par infection H par contagion, qu’elle se propage de proche en proche et qu’il suffise d’un seul malade pour infecter toute Une ville, qu’un navire où des cas de ce genre ont eu lieu puisse introduire la maladie dans le port où il relâche, alors on comprendra toute l’importance des moyens hygiéniques et prophylactiques. C’est là que la médecine s’élève à la hauteur d’une grande institution sociale, parce qu’elle peut enseigner aux hommes à se préserver d’un fléau que les anciens, moins éclairés, regardaient comme providentiel. Tous les hommes qui ont, non pas disserté sur cette question, mais vu la fièvre jaune, s’accordent aujourd’hui à dire, comme Dutroulau, que, « sortir des foyers d’infection dès que l’épidémie apparaît, et habiter, pendant tout le temps qu’elle dure, les lieux où ne naissent pas spontanément et où ne se propagent pas habituellement ces foyers, telle est la formule de la préservation (1). » On a remarqué d’ailleurs que la fièvre jaune 11e pénètre pas 1 dans l’intérieur des terres, et qu’elle ne sévit que sur le littoral, de sorte qu’il n’est ; pas nécessaire de fuir loin devant le fléau ; les lieux élevés sont surtout à l’abri de cette affection. Nous 11’avons pas à indiquer ici les mesures administratives que le bon sens setd et la connaissance des localités peuvent inspirer aux médecins chargés d’éclairer sur ces graves questions leurs concitoyens.

Parmi les conclusions du mémoire de Méfier, cité plus haut, se trouvent des indications sur les mesures sanitaires qu’il convient de conseiller à l’avenir. « Étant donnés, dit Méfier, des navires arrivant dans une situation analogue, ce 11’est pas par une quarantaine plus ou moins longue que l’on serait sûrement préservé. Le véritable moyen de salut est dans l’isolement, d’une part, dans un déchargement bien entendu, de l’autre, le déchargement sanitaire avec tout ce qui le constitue, et dans l’assainissement des navires. A quoi il faut ajouter, pour les hommes, des mesures de propreté ordinaire : bains, changement de linge, etc., et un certain temps d'observation en un lieu salubre et isolé, temps quela brièveté reconnue de l’incubation permet, le plus ordinairement, de réduire à un petit nombre de jours (2). » Méfier recommande le sabordement du navire infecté.

Il est important, dans les épidémies de fièvre jaune, d’isoler complètement les navires non-seulement de la terre, mais encore des bâtiments voisins qui pourraient être infectés. Dans ce dernier cas, il vaudrait mieux, comme le conseille le docteur Cornilliac, quitter la rade et aller chercher un séjour plus salubre. Sortir des parages compris dans h; cercle de l’épidémie, telle est la formule. ]

ARTICLE VIL

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