TESTE
Quoique la peste ait existé dans la plus haute antiquité, il faut arriver au n vme siècle pour avoir une histoire un peu satisfaisante de cette maladie. C’est, en effet, a 1 occasion de l’épidémie de Marseille (1720) que les premières descrip-
(1) Mémoire.-; de l'Académie impériale de médecine. Paris, 1858, t. XX.II, p. 335.
(2) Relation de la fièvre jaune survenue à Saint-Nazaire en 1861. Paris, 1863.
MALADIES PESTILENTIELLES
lions importantes ont été publiées (1). Les écrits publiés dans ces dernières années et dont Plus a fait connaître les points capitaux dans son remarquable rapport sur la peste (2), ont laissé bien loin ion l, ce qui avait été dit sur celte maladie. Ce sont ces travaux que nous consulterons particulièrement.
§ I. — Définition, synonymie.
La peste est une maladie générale, fébrile, contagieuse, remarquable par des troubles nerveux, par l’état du sang, et ordinairement caractérisée à l’extérieur par des bubons, des charbons, des pétéchies. Nous ne défendrons pas ici celte définition, qui se rapproche beaucoup de celle qu’a adoptée la commission académique (3). Son exactitude sera démontrée par la description qui va suivre.
Cette maladie a été généralement désignée sous les noms de peste, pestis, pestilentiel ; on lui a encore donné ceux de typhus c l’Orient , typhus d‘ Afrique, fièvre adéno-nerveuse, etc.
§ II. — Causes.
Avant d’indiquer ce que divers auteurs ont avancé sur l’étiologie de la peste, nous présenterons les conclusions suivantes du rapport fait à l’Académie, travail que nous nous plaisons à citer, parce qu’il est le résumé des recherches les mieux faites, soumises à une saine critique :
« I. Dans l’état actuel des peuples et de leur civilisation, dit le rapport (h), les contrées où la peste nuit encore sont, en première ligne, l’Égypte, puis la Syrie et les deux Turquies.
» Il est cependant à craindre que la peste ne puisse également se développer sans importation dans les régences de Tripoli, de Tunis et dans l’empire de Maroc. Le même danger ne paraît pins à redouter pour l’Algérie.
» II. Dans ces pays, les conditions qui déterminent et favorisent le développement de la peste sont, autant que l’observation permet de le constater : Y habitation sur des terrains d’alluvion ou sur des terrains marécageux; un air chaud et humide ; des maisons basses , mal aérées , encombrées ; Y accumulation d’une grande quantité de matières animales et végétales en putréfaction ; une alimentation insuffisante et malsaine ; une grande misère physique et morale; la négligence des lois de l’hygiène publique et privée.
» III. La peste à l’état sporadique ne paraît pas susceptible de se transmettre.
» La peste épidémique est transmissible, soit dans les lieux où sévit l’épidémie, soit hors de ces lieux.
» IV. Elle se transmet à l’aide de miasmes qui s’échappent du corps des malades ; ces miasmes, répandus dans des endroits clos et mal ventilés, peuvent créer des foyers d’infection pestilentielle.
(1) Voy. Sénac, Traité des causes, des accidents et de la cure de la peste. Paris, 1741, in-A. — Pièces historiques sur la peste de Marseille et d’une partie de la Provence en 1720, 1721, 1722. Marseille, 1820, 2 vol. in-8.
(2) Loc. cit., p. 11.
(3) Rapport à l’Académie royale de médecine sur la peste et les quarantaines , fait au nom d’une commission, par le docteur Prus, accompagné de pièces et documents, et suivi de la discussion dans le sein de l’Académie. Paris, 1840, in-8.
(4) Bulletin de T Acad, de méd.; t. XII, p. 141.