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GRIPPE

Les uns regardent le mot grippe comme un simple synonyme de bronchite; d’autres s’en sont servi pour désigner une affection générale avec accidents locaux vers les voies respiratoires; d’autres enfin appellent grippe toute affection catarrhale épidémique avec prédominance des symptômes généraux, qu’elle ait son siège dans les voies respiratoires ou dans l'es voies digestives.

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

Pour nous, la grippe est une affection générale, fébrile, essentiellement épidémique, caractérisée localement par une inflammation des muqueuses des voies respiratoires. Il y a exagération à vouloir rapporter, pendant une épidémie, à la seule grippe toutes les affections fébriles qui se déclarent ; et l’on doit reconnaître que les symptômes abdominaux qui se manifestent dans certains cas sont secondaires.

[Synonymie : catarrhe épidémique, inftuenza.

D’après Raigc-Delorme (1), cette maladie n’aurait été observée ou décrite que dans les temps modernes, il n’en serait pas fait mention avant 1580.

§ II. — Causes.

Le nom qu’elle porte en Italie {influenza) montre assez que la grippe a été considérée comme ayant un caractère épidémique. Il est certain que la grippe a été étudiée surtout à l’état d’épidémie sévissant à la fois sur un grand nombre de |>ersonnes. Vouloir faire rentrer la grippe dans le cadre banal de la bronchite, ce serait en méconnaître le caractère principal qui est l’épidémie.

Parmi les plus célèbres de ces épidémies on cite celle de 1782, dont le point de départ paraît avoir été dans l’Orient, et d’où la maladie s’est répandue en Europe. Plus près de nous on ciLe les épidémies de 1803, 1831, 1833, 1837 et 18Ô7. Faut-il l’attribuer la grippe à la seule influence de la température? Cette manière de voir tendrait à nier le caractère spécifique et épidémique de la maladie; il s’ensuivrait une confusion établie entre la bronchite, le catarrhe nasal, l’asthme et la grippe. D’ailleurs l’observation a montré que ce n’est pas dans l’hiver seulement ni dans un moment de variation de l’atmosphère que la grippe se montre, et qu’elle se développe avec tous ses caractères et identique avec elle-même dans les climats les plus différents.

Graves (2), dans le remarquable chapitre qu’il a consacré à Vinfkienza, démontre l’inanité des explications banales relativement aux causes de la grippe. On ne peut,

(!) Raige-Delorme, Dictionnaire de médecine en 30 vol. Paris, 18^6, t, Xl\, art. Grippe (2) Leçons de clinique médicale j traduction de Jaccoud. Paris, 1863.

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