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la maladie. La persistance et l’intensité de la fièvre doivent, en pareil cas, aider air diagnostic. Trousseau a noté la paraplégie qui accompagne quelquefois la douleur lombaire, ainsi que la rétention d’urine qui survient quelquefois en même temps (1).]
Il y a presque toujours de V agitation , de V insomnie, parfois du délire; d’autres fois, au contraire, de la prostration, de l'hébétude et de la somnolence, et assez souvent ces symptômes alternent.
Dans quelques cas aussi, on observe des éternumerds, du larmoiement, en un mot les symptômes d’un coryza médiocrement intense, ou bien de la dyspnée et un sentiment d’oppression. Un petit nombre de sujets est atteint de convulsions, tantôt bornées à la face et tantôt générales, ce qui est beaucoup plus rare.
Eruption. — Elle commence ordinairement du deuxième au troisième jour de l’invasion, sous la forme de petites taches ou <le petits points rouges qui bientôt présentent une légère convexité. [Il n’est pas sans importance de rechercher quelle est l’époque où apparaît l’éruption. Sydenham a établi que la variole est d’autant plus confluente que l’éruption apparaît plus tôt. Elle serait donc infailliblement confluente lorsqu’elle se montre le deuxième jour. Elle est au contraire discrète lorsqu’elle apparaît passé le cinquième jour, à plus forte raison si elle apparaît plus tard. Ilaen a vu une éruption discrète n’apparaître que le quatorzième jour.]
Ordre d' apparition. — Les boutons paraissent d’abord sur le menton, autour des lèvres, puis au front et aux joues, d’où ils s’étendent au cou, au tronc et aux extrémités inférieures. Quelquefois les parties génitales sont les premières sur lesquelles se développent les pustules (surtout chez les très-jeunes enfants); d’autres fois, c’est sur la partie inférieure des reins et sur les fesses qu’on en observe les premières traces ; souvent aussi, quand il existe un vésicatoire ou quelques ulcérations à la peau, c’est à leur pourtour que se présente d’abord l’éruption.
Ces petites taches, d’ordinaire très-nombreuses à la face et discrètes sur l’abdomen, s’élèvent peu h peu au-dessus du niveau de la peau, et, dès le lendemain ou le surlendemain, on aperçoit sur le sommet de chacune d’elles un point transparent qui se transforme en une vésicule superficielle et plate, dans laquelle s’accumule un fluide d’abord séreux et incolore, et puis trouble et d’un blanc jaunâtre.
On observe alors simultanément des pustules développées sur les membranes muqueuses de la bouche, du pharynx, du larynx, des paupières et de l’œil, et même du prépuce ou de la vulve. Ces pustules se présentent sons la forme de petites taches blanchâtres et circulaires; elles offrent ordinairement une petite dépression au centre, qui cependant n’existe pas toujours. Celles de la conjonctive sont beaucoup moins saillantes que toutes les autres. Du côté du pharynx et du larynx, la présence des pustules produit des douleurs qui, dans les cas graves, sont ordinairement assez vives et persistantes.
Pendant trois ou quatre jours, les pustules de la peau continuent a se développer; elles s’arrondissent, deviennent dures au toucher, et leur centre offre une dépression ombilicale bien plus prononcée que celle des pustules de la vaccine. Comme ces dernières, elles sont environnées d’un cercle rougeâtre assez étendu.
(1) Trousseau, Clinique médicale de V Hôtel- Dieu, 2e édition. Paris, 18G5, t. I.
V AR10LE. — SYM P'I'ÔM ES.
quatrième au septième jour, les pustules prennent une forme hémisphérique;
I pus qu’elles contiennent devient plus consistant, et l’aréole inflammatoire qui les oure se dessine davantage. En même temps le tissu cellulaire sous-cutané se méfie ; le gonflement occupe d’abord la face, où il est surtout très-marqué aux upières et aux lèvres. Au huitième jour, l’éruption a ordinairement acquis son mmum d’intensité, et l’on voit alors la tuméfaction se manifester aux mains et x parties génitales.
Les phénomènes fébriles qui ont précédé l'éruption de la variole cessent cominément, ou diminuent au moins, lorsqu’elle est achevée ; mais ils reparaissent .général du huitième au dixième jour. C’est à cette époque, ou un peu auparamit, qu’on observe la fièvre secondaire appelée fièvre de suppuration. D’ordiire on voit survenir, du septième au huitième jour, une salivation qui dépend i la quantité des pustules développées dans la bouche, et qu’on a prétendu auutres fois exister sans cette circonstance. Cet appareil de symptômes s’éteint BRilleurs par degrés au bout de quelques jours. C’est lors de la fièvre secondaire i c se montrent la diarrhée, la toux, le délire et les complications graves de la mole.
ILa température animale suit les alternatives de l’état fébrile ; en général ■'•vée, marquant au thermomètre, dans certains cas où l’exanthème est couinent, ùO ou /il degrés centigrades, et, en moyenne, 39°, 06 chez les adultes ,i ndral), 38°, 75 chez les enfants (1). Elle est à son maximum au début, puis elle liisse momentanément, pour remonter ensuite, du cinquième au neuvième jour l’ éruption.
■ Dessiccation . — C’est du neuvième au dixième jour que commence la dessicca- >n, et elle se produit en suivant l’ordre d’apparition des pustules, c’est-à-dire iiiinmençant par la face. Lorsque les pustules sont bien isolées, elles ne laissent ms échapper le liquide qu’elles contiennent. Celui-ci se dessèche ordinairement i commençant par le centre, de sorte qu’on voit un point noir apparaître dans la •pression centrale, puis la couleur noire gagner les autres parties de la pustule, ui devient dure et cassante, ou, en d’autres termes, qui se couvre d’une croûte oire. Quelquefois cette croûte se forme sur toutes les parties de la pustule en ième temps.
Le même mode de dessiccation se montre dans un certain nombre de pustules influentes; mais si celles-ci sont très- volumineuses et groupées en grand nombre >ans un très-petit espace, le liquide est tellement abondant, qu’avant de s’Clre des- •chées, les pustules se crèvent et laissent suinter la matière purulente, qui, se épandant sur les parties voisines, forme des croûtes d’abord jaunâtres, puis nrii- Atres, d’une étendue plus ou moins considérable. Dans ces points, la moindre cession exercée par les draps, le moindre frottement, détache l’épiderme et laisse, nu la base des pustules baignée par le fluide purulent. Les pustules isolées peuent, lorsqu’elles sont très-volumineuses, se rompre de la même manière et laisser chapper le liquide ; mais cela est beaucoup plus rare, et lorsqu’on les trouve rouîmes, surtout si l’on a affaire à un enfant, on doit penser qu’elles ont été rompues vee les ongles.
(1) Voy. H. Roger, Archives générales de médecine, 18M, t. VI, p. 139.
MALADIES PESTILENTIELLES
Sur le tronc et sur les membres, les pustules se dessèchent de la même manière que sur la face, mais quelques jours plus tard.
La dessiccation est précédée de la disparition du gonflement de la peau et du passage de la coloration des aréoles du rouge plus ou moins vif au rouge obscur et violacé.
Sur les points occupés par une inflammation antécédente de la peau, les pustules marchent beaucoup plus vite.
Les pustules des membranes muqueuses disparaissent presque constamment par résolution.
Cicatrisation. — Dans les cas où la variole a été bénigne et discrète, il n’y a jias, à proprement parler, de cicatrisation ; la croûte se détache, il reste une tache d’un rouge brun qui persiste longtemps, puis la peau reprend son aspect normal. Quelquefois seulement, en pareil cas, une espèce de desquamation furfuracée se produit sur ces taches.
Mais lorsque le derme a été plus profondément atteint, il reste, en même temps que la tache brune, une cavité plus ou moins profonde, qui ne disparaît pas en même temps que la coloration morbide, qui devient d’un blanc mat comme un tissu de cicatrice, et qui produit une tache indélébile.
Dans les cas où la variole a été confluente, si, comme cela arrive ordinairement, les pustules et la suppuration ont attaqué profondément le derme, il en résulte des cicatrices irrégulières, blanches, pointillées de noir; la peau est couturée et les traits plus ou moins fortement altérés.
2° Variole irrégulière. • — On peut d’abord ranger parmi les varioles irrégulières la varioloïde et la varicelle.
Jl est plus rare de voir manquer la première période de la variole que celle de la rougeole ou de la scarlatine; cependant on a cilé quelques cas de ce genre, et l’on a donné à ces cas le nom de variole anomale , ainsi qu’à ceux où l’on aurait rencontré tous les symptômes de la variole sans voir apparaître les pustules. Ce dernier cas a encore été désigne sous le nom de variolœ sine variolis ; mais, malgré l’autorité de Borsieri, on peut conserver des doutes sur l’existence de cette variété. On doit admettre de nombreuses chances d’erreur dans les cas signalés par cet auteur et par quelques autres qui l’ont précédé.
3° Variole compliquée. • — Les complications de la variole sont nombreuses; mais on a rangé parmi elles des accidents qui ne sont que les symptômes de la variole elle-même à un degré beaucoup plus élevé qu’à l’ordinaire. De ce nombre sont Vophthalmie, qui peut causer la perte des yeux, et la laryngite intense, affections occasionnées par un développement considérable de pustules sur les muqueuses de l’œil et du larynx. Nous en dirons autant du ptyalisme , dû à la même cause. Parfois une otite intense produit des douleurs violentes, la suppuration et la surdité.
La gastrite et l’ entérite , qu’on voit survenir à une époque plus ou moins avancée de la maladie, sont des lésions secondaires semblables à celles qu’on observe dans le cours de la fièvre typhoïde et des autres affections fébriles graves.
Du côté des voies respiratoires, on voit apparaître des bronchites et des pneumonies, mais bien moins fréquemment que dans la rougeole.
Quant à la rétention d'urine, à Y incontinence, ce sont des symptômes qui se développent sous l’influence du délire.