‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 62 sur 369 · VARIOLE. — SYMPTOMES · texte numérisé non relu

VARIOLE. — SYMPTOMES

Quelques affections cutanées : 1* érysipèle , la rougeole , la scarlatine , la miliaire , "cthyma, peuvent se joindre a 1 éruption variolique. Les cas de ce gcme sont

mres.

il est assez commun de voir, après la fièvre de suppuration, survenir des abcès nus-cutanés dans diverses parties du corps, et quelquefois la présence de ces abcès iend la convalescence longue et difficile.

Un résultat beaucoup plus grave de la variole est la résorption purulente (1). C’est aussi une conséquence de la maladie que les gangrènes des téguments qui ,e montrent sur les parties qui supportent le poids du corps, et quelquefois dans Vautres points : la face, par exemple.

h° Variole maligne. — Un excès de violence dans quelques-uns des principaux wmptômes est seul la cause de la forme de la maladie. Y a-t-il une intensité exagérée des symptômes nerveux, c’est la forme ataxique; les forces sont-elles pronmdément abattues, la réaction paraît-elle très-faible, c’est la forme adgnamique , etc.

5° Variole hémorrhagique. — C’est à cette forme très-grave de la variole, correspondant exactement à la rougeole et à la scarlatine hémorrhagiques, qu’on a [donné les noms de variole noire, pétéchiale , scorbutique. Une accumulation de iang mêlé ou non de sérosité dans les pustules, des pétéchies, des ecchymoses, des mémorrhagies par diverses muqueuses, et, avec ces symptômes, des accidents généraux très-violents, tels sont les caractères de cette espèce (2). [Pierrcson décrit trois normes de variole hémorrhagique : l’ataxique, l’ hémorrhagique proprement dite et aa typhoïde adynamique.]

6° Modifications de l’éruption. — On voit quelquefois les pustules ne renfermer qu’un liquide séreux jusqu’à la fin : c’est la variole cristalline ; d’autres fois :ces pustules restent en partie vides : c’est la variole emphysémateuse ; ou bien elles ime contiennent pas de liquide et sont résistantes au toucher : variole verruqueuse ; )i>u encore elles ont la forme de tubercules cutanés : variole tuberculeuse. Il n’est mas certain que le diagnostic de ces variétés, qui n’ont qu’une faible importance, mit été toujours bien exact. [La variole grave est le plus souvent confluente et pour quelques auteurs ces deux mots sont synonymes. Trousseau (3) décrit sous le nom le variole continente les formes de cette maladie qui peuvent entraîner un pronostic adieux. H insiste sur les signes suivants qui se rencontrent en pareil cas : la diarhée persistante, surtout chez les enfants, tandis que la salivation se produit surtout chez l’adulte; l’accroissement de la fièvre à partir du huitième jour, jusqu’au [(onzième ou au treizième ; la tuméfaction considérable du visage, des mains et des I oieds. La tuméfaction du . visage est à son apogée le neuvième jour et décroît le [•onzième. Parmi les complications qui surviennent pendant la convalescence, outre I 'infection purulente, il faut noter les phlegmons et les érysipèles, une éruption kuronculeuse, la gangrène. Cette gangrène peut occuper tout un membre ainsi que iiuous en avons vu plusieurs exemples : on a cité aussi l’albuminurie et le rhumatisme

(1) Voyez article Phlébite.

(2) On consultera avec intérêt la thèse récente de M. Pierrcson, sur la variole himorrha * r/ique. Paris, 1862.

(3) Clinique médicale de l’Hôlel-Dicu de Paris , 1865.

Valleix, 5e édit. 1 — 11

FIÈVRES ÉRUPTIVES

articulaire parmi les maladies consécutives à la variole. La variole paraît favoriser aussi le développement de la phthisie pulmonaire.]

§ IV.— Marche, durée, terminaison de la maladie.

Dans la description des symptômes, nous avons fait connaître la marche si remarquable de la variole régulière. Quant aux varioles malignes et compliquées, tantôt l’affection éruptive suit son cours comme dans les cas les plus simples; tantôt il survient des irrégularités qui portent principalement sur la période d’éruption. Celle-ci est plus facile ou plus difficile, plus lente ou plus rapide, sans qu’on puisse poser aucune règle à cet égard.

Willati, Legendre, Rayer, Cléraut (1), A. Tardieu, Odicr, Herpin, et plus récemment Hérard (2), ont cité des cas qui démontrent que la marche de la variole est heureusement modifiée par la vaccine concomitante.

La durée totale de la maladie est de quinze à vingt jours, et parfois davantage. Plus la variole est confluente et grave, plus sa durée se prolonge. Quant à la durée de chaque période en particulier, nous l’avons donnée plus haut.

La terminaison de la maladie est tellement différente, suivant les espèces, qu’on ne peut en rien dire d’une manière générale. La variole régulière peut être discrète ou confluente. Dans le premier cas, elle ne détermine jamais la mort, à moins de complications. On observe un certain nombre de varioles confluentes bénignes ; dans ces cas, l’abondance de l’éruption semble annoncer une affection très-grave, mais la fièvre reste modérée ; il n’v a pas de symptômes cérébraux, pas de symptômes gastriques graves, et la maladie se termine par une guérison rapide au moment où arrive la période de dessiccation. Dans ces cas, les pustules étaient presque constamment superficielles, et ne laissaient pas de traces. Le plus souvent, au contraire, la variole confluente se termine parla mort, quelque régularité qu’elle ait suivie dans sa marche.

Les varioles qu’on a appelées malignes , et surtout la variole hémorrhagique , sont des affections dont la terminaison funeste est bien fréquente. Quant aux varioles compliquées, tout dépend de la complication.

Toutes choses égales d’ailleurs, la terminaison funeste est bien plus fréquente pendant les épidémies que chez les sujets atteints sporadiquement. La terminaison funeste a lieu presque toujours dans le cours de la période de suppuration. Les symptômes deviennent de plus en plus graves : il y a du délire, du coma ; le pouls est petit, faible, et sa fréquence va sans cesse en augmentant ; puis surviennent les soubresauts des tendons, la carphologie ; parfois les selles involontaires, la rétention d’urine, et les malades succombent après une plus ou moins longue agonie.

Dans un certain nombre de cas, la lésion cutanée s’est déjà beaucoup amendée, et même la dessiccation a commencé, lorsque surviennent les symptômes précédents, qui sont suivis de la mort au bout d’un temps plus ou moins long. Si les symptômes généraux étaient sous la dépendance des symptômes locaux, comme 1 ont avancé quelques auteurs, ils devraient s’apaiser aussi ; mais il n’en est rien.

(1) Cléraut, Du développement simultané de la variole et de la vaccine, etc., thèse. Paris, J 845, n° 183.

(2) Hérard, Du développement simultané de la variole et de la vaccine ( Union médicale, Septembre 1848 et avril 1849).

VARIOLE. — LÉSIONS ANATOMIQUES

,a vai traci mal

le qui est bien connue de tout le monde.

§ V. — Lésions anatomiques.

La pustule ne consiste d’abord que dans une vésicule non ombiliquée ; alors •iderme seul est opaque et grisâtre, tandis que le liquide est encore transparent, nnbilication est due à ce que le centre de la pustule est retenu au derme par un ment qui, suivant Cotügno, est le conduit d’une glande sébacée. Plus tard un Iduit pseudo-membraneux se dépose sur le derme, au centre de la pustule, sous me de points isolés ; h une époque plus avancée, il résulte de la réunion de ces mts un disque pseudo-membraneux de 1 à 2 millimètres d’épaisseur, ayant la me d’un cône tronqué ; dans certains cas et à certaines époques de la maladie, t trouve une saillie du corps papillaire du derme, et dans d’autres des dépressions Mes érosions, ce qui explique très-bien la présence ou l’absence des cicatrices, want Gendrin, il existe dans le derme une espèce de tubercule multiloculaire ut les aréoles sont remplies par un liquide diaphane et visqueux (1). Gendrin est .1 cul auteur qui fasse mention de cette lésion.

ILcs muqueuses des parois buccales, du voile du palais, de la langue, des fosses diales, des conjonctives, du larynx, ne présentent souvent, après la mort, aucune ii ce de pustules, parce qu’il n’y a pas eu d’ulcération après le détachement de l'Dilhélium. Dans le cas contraire, ou bien lorsque l’épithélium n’est pas encore iaché, on trouve des érosions ou des taches blanchâtres formées par le liquide indent accumulé sous l’épiderme. Parfois on voit des suppurations plus étendues métrer dans les tissus sous-jacents.

’Fernel, XYerlhoff, Violante, ont signalé l’éruption interne sur les muqueuses, ms les poumons, les intestins. En 1832 et 1833, Petzholdt observa pendant une démie de variole à Leipzig, des méningites et des péritonites. En 18Ù7, Gosn (2) a signalé une lésion qui se rencontre quelquefois dans la variole et qui vait pas été encore décrite : c’est l’orchite varioleuse consistant en petits foyers ■ulents dans la glande séminale. Béraud, en 1859 (3), a complété ces observais et y a ajouté des cas d’ovarite varioleuse. ]

■Le sang, dans la variole, présente parfois une couenne, mais en général une enne peu consistante. Dans les cas où il y a des symptômes d’adynamie, on J ne ordinairement le sang noir et liquide. Audral et Gavarret ont observé dans Idques cas une légère augmentation de fibrine après la première saignée ; mais e augmentation est très-faible, et, dans les cas où le sang reste liquide, la fibrine u contraire diminué. Quant aux globules, leur proportion était restée la même s les cas analysés par ces auteurs, sauf dans un seul où la variole était liémor-

11) Gendrin, Journ. de méd ., t. XCVIII.

.1) Bulletins de la Sociêlé anatomique, 1 8 47, t. XXII, p. 107. — Traité des maladies du cule, par Curling, traduit de l'anglais par L. Gosselin, p. 278, note. Paris, 1857.

1) Béraud, Recherches sur l’orchite et l’ovaritc varioleuses ( Archives générales de méde- , 1859, 5e série, t. XIII).

Ï3*que.

FIÈVRES ÉRUPTIVES

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

Le diagnostic de la variole à sa première période est très-difficile. Les signes sur lesquels peut s’établir la probabilité de l’apparition de la variole sont la céphalalgie, les douleurs lombaires, le vomissement, la fièvre intense, signes auxquels il faut joindre comme commémoratifs utiles l’âge du sujet et l’absence de traces de vaccine; mais on voit combien ces signes sont vagues, et combien de maladies fébriles peuvent les présenter à un degré plus ou moins élevé.

Les affections qui présentent les symptômes les plus ressemblants à ceux de la variole sont la scarlatine cl la rougeole. On la distinguera de la première de ces deux maladies à l’existence des douleurs lombaires et à l’absence de la pharyngite, car on sait que, dans la scarlatine, il n’y a pas de lumbago, et que le pharynx se prend de bonne heure.

Le coryza, la rougeur des yeux, le larmoiement et l’absence des douleurs lombaires, sont les signes différentiels de la rougeole.

Il faut, dès les premiers temps, examiner la bouche et le pharynx : car on y trouve des altérations caractéristiques avant que l’éruption de la peau ait commencé.

Un examen attentif fait toujours reconnaître la variole quand l’éruption a commencé. S’il y a des cas obscurs le premier et surtout le deuxième jour de l’éruption, ce sont des cas rares et exceptionnels, et le doute est de courte durée.

Pronostic. — Le pronostic ne peut être établi qu’en ayant égard à un grand nombre de circonstances. L’àge est une des principales. La variole est très-grave chez les nouveau-nés, à cause de leur état de faiblesse, sans aucun doute. Après la première, et surtout la seconde année, cette maladie devient beaucoup moins dangereuse chez les enfants qu’à un âge avancé. La variole est extrêmement grave dans la vieillesse.

Les renseignements que nous possédons ne sont pas suffisants pour nous apprendre si la variole offre plus de danger chez un sexe que chez l’autre. Chez les femmes enceintes, elle a une grande gravité ; elle détermine, en effet, très-fréquemment l’avortement, et menace la vie de la femme. Plus la fièvre est intense, plus la variole est grave : de là le danger des varioles malignes. Les complications sont toujours très-fâcheuses; il n’est pas de cas dans lesquels le pronostic doive être plus grave que ceux où la variole se montre avec le caractère hémorrhagique.

Les cas dans lesquels la variole a fait cesser d’autres maladies, et principalement des névroses, comme la chorée, le hoquet nerveux, etc. , sont exceptionnels.

§ VII. — Traitement.

1° Traitement abortif. — Cautérisation. — La cautérisation des pustules praj tiquée dans le but de les faire avorter, a été d’abord employée par Bretonneau.

Suivant Velpeau (1), ce médecin épointciit le sommet des pustules avec im aiguille d’or ou d’argent chargée d’une solution de nitrate d’argent. Velpeat

(1) Velpeau, Note sur l’emploi des caustiques , etc. (Archives générales de médecine 1825, t. VIII).

Page 1