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VARIOLE

TRAITEMENT

éêfère épointer d'abord les pustules et les cautériser ensuite avec le crayon de rate d’argent.

( Quant aux résultats de ce traitement, ils ont été les suivants. Si la cautérisation pratiquée du premier au troisième jour de 1 éruption, la pustule est éteinte; •is tard, elle continue à se développer, mais n’acquiert pas son entier développent et disparaît plus vile. Les pustules cautérisées ne laissent pas de traces. L’aci >n de ce traitement sur la marche de la maladie et sur son issue est moins évinte; elle a paru à l’auteur avoir une influence favorable.

-Serres (1) avait proposé de cautériser les pustules en passant sur elles un piniati de charpie imbibé de la solution suivante :

2 L Eau distillée 30 gram. | Nitrate d’argent 1 à 2 gram.

PDissolvez. Celte opération doit être répétée tous les jours ou tous les deux jours.

(Ce procédé est abandonné, la cautérisation ne peut être utile que pour attaquer s; pustules qui, comme celles du bord libre des paupières, ne peuvent pas être (teintes par les préparations mercurielles.

Toniques mercuriels. — Déjà Zimmermann (2) avait fait connaître la propriété l ’a Yamplatre de Vigo cum mercurio d’arrêter le développement des pustules nioliques, et Van Voensel, cité par Briquet, avait constaté cet effet remarquable ; mis ces faits étaient tombés dans l’oubli, lorsque Serres entreprit ses expériences aa Pitié.

ILe traitement consiste à découper l’emplâtre mercuriel de manière à l’appliquer aactement sur la peau couverte de pustules. On l’applique dès qu’on est assuré i ’il s’agit d’une variole, car plus tôt cette application a lieu, plus elle est efficace, esst surtout les pustules de la face qu’on a intérêt à faire avorter; aussi faut-il la uuvrir exactement d’un masque qui ne laisse à découvert que les yeux, les narines l;la bouche. Gariel (3), qui a rendu une compte exact des expériences de Serres, ivu que l’emplâtre de Vigo fait avorter les pustules, que même, lorsque les pustules nt pleines de pus, celui-ci est résorbé et l’épiderme ne se rompt pas; enfin que tte résorption, loin de rendre la maladie plus grave, la rend au contraire moins ngereuse. Il résulte des faits observés par Briquet [h) que, lorsque le masque t appliqué du premier au cinquième jour, un certain nombre de pustules dispa- 'issent par résolution, et les autres sont transformées en petites vésicules miliaires weine visibles.

ÎNonat, Barthez et llilliet ont employé le même moyen. Nonat est arrivé à des Kultats à peu près semblables à ceux que nous venons de mentionner. Barthez llilliet n’ont pas aussi bien réussi, ce qui est dû peut-être à l’indocilité des t fa nts.

• On se demande naturellement quel est le mode d’action de ce moyen. Est-ce la (distraction des pustules à l’action de l’air qui les fait avorter ainsi? Est-ce Pin-

(1) Serres, Méthode ectrotique , etc. ( Arch . de méd. , 1825, t. VHt).

(2) Zimmermann, Traité de T expérience, t. II.

f3) Gariel, Rech. sur quelques points de l’histoire de la variole , thèse. Paris, 1 837.

(û) Briquet, Mèm. sur l’emploi des topiques mercuriels, etc. {Arch. gén. de méd., 1838).

FIÈVRES ÉRUPTIVES

fluence du mercure? Les expériences de Serres et Briquet ont paru démontrer que c’est la préparation mercurielle qui agit réellement. On a, en effet, recouvert les pustules avec divers autres emplâtres, avec diverses pommades ou solutions, et leur avortement n’a pas eu lieu.

On obtient le môme effet avec les onctions mercurielles. Il faut que les pustules soient incessamment recouvertes d’une couche de pommade mercurielle de 1 à 2 millimètres d’épaisseur; et comme la pommade simple est trop peu consistante pour qu’on puisse en faire une couche semblable. Briquet propose le mélange suivant :

Onguent mercuriel 2 parties. | Amidon en poudre 1 partie. )

Mêlez exactement.

Pour diminuer la trop grande fluidité du mercure, on met parties égales d’onguent et d’amidon.

Collodion. — Aran a fait connaître à la Société médicale des hôpitaux de Paris (1) des cas dans lesquels une couche de collodion , étendue sur les pustules de la face, en a complètement arrêté le développement. Dans un cas que nous avons observé, le collodion, appliqué pendant vingt-quatre heures, avait arrêté le développement des pustules, mais le malade n’ayant plus voulu le supporter, elles ont repris leur accroissement. Le seul inconvénient de ce moyen est d’occasionner une constriction pénible. Il est employé soit pur, soit mélangé avec une petite quantité d’huile de ricin, pour lui donner plus d’élasticité, ou encore avec du noir de fumée, pour le rendre imperméable à la lumière; il a des résultats fort incertains. Souvent les pustules n’ont fait que gagner en largeur ce qu’elles perdaient en hauteur.

Robert Graves (2) s’est servi de la solution de gutta-percha ; il cite deux observations dans lesquelles ce topique, étendu sur la face, n’a pas empêché l’éruption, mais seulement les ulcérations qui en sont la suite.

Mentionnons comme topiques : les lotions froides sur la face (car c’est toujours la face que l’on cherche à préserver) combinées avec les excitants aux extrémités, des lotions alcalines , des embrocations /miteuses. Larrey a rapporté que, chez les Égyptiens, on prévient les cicatrices de la variole en couvrant la face de Urnes d’or; on a été jusqu’à proposer le vésicatoire volant. L’onguent mercuriel doit être préféré.

Vaccin à haute dose. — Eichorn recommande de pratiquer , dès que l’on reconnaît les symptômes d’invasion, et même lorsque l’on aperçoit les premières traces des pustules, k 0 ou 50 petites incisions sur la peau , et d’y introduire autant de vaccin que possible. Ce vaccin doit être pris dans une pustule vaccinale, et non conservé. Eichorn cite des faits très-favorables à cette méthode. Des faits cités par Rayer, Ambroise Tardieu, Herpin, Ilérard, etc., il résulte que l’éruption vaccinale a une influence marquée sur la marche de la variole, et que cette influence est favorable ; ce qui doit engager le praticien à vacciner, dans les épidémies, même au début de la variole.

(1) Aran, séance du 25 septembre 1850.

(2) Graves, voy. Bulletin gén. do thèrap., 30 mars 1852.

2° Traitement de la variole simple et régulière. — On donne des boissons mollientes ou acidulés h une température modérée ; on tient le malade à l’abri du "oid, sans entretenir autour de lui une température élevée; et ces soins hygiéniques, joints à quelques précautions, comme celle de maintenir le ventre libre, de »nir les malades éloignés du bruit, suffisent dans les cas où la variole est régulière, lors même que les symptômes ont une assez grande intensité.

Depuis Rhazès, un bon nombre de médecins ont proposé d'ouvrir les pustules privées à l’époque de la suppuration, afin de prévenir les cicatrices. Cette opération 1 3 fait principalement h la face. Après avoir ouvert les pustules et en avoir évacué ■ pus, on les couvre d’applications émollientes ou l’on fait sur elles des lotions rôdes. Van Swieten et J. Frank vantent cette pratique, mais nous n’avons pas en ai faveur ces preuves qui entraînent la conviction. Les bains simples ou émollients omt donnés dans le but de favoriser la chute des croûtes et de faire cesser les démangeaisons.

Les onctions avec l’huile d’amandes douces, avec l’axonge, etc. , sont utiles dans 33 même sens. On doit empêcher les malades de se gratter ; recommandation importante quand il s’agit d’un jeune enfant. Il faut entretenir une grande propreté mitour du malade.

Si, au début, la fièvre était très-intense, et la céphalalgie, ainsi 'que le lumbago, rrès-vifs, on pourrait pratiquer une ou deux saignées générales sur un adulte ■.«buste ; mais c’est un moyen qu’il ne faut employer qu’avec prudence. Les sangmcs à l'anus, aux pieds, au cou, sont quelquefois prescrites lorsqu’il paraît y avoir u ne forte congestion vers la tête. Dans plusieurs cas où la période de suppuration 'accompagnait de délire violent, Aran (1) a prescrit avec succès des bains tièdes et des préparations opiacées. Des gargarismes émollients opiacés, astringents, sont ppposés au mal de gorge, suivant sa plus ou moins grande acuité. Herpiu (2) a ééussi, dans un cas de variole confluente qui, ayant déterminé une éruption trêsorte dans l’arrière-gorge, rendait la déglutition impossible, à rétablir cette fonction l’aide de la cautérisation avec une solution de nitrate d’argent.

3° Traitement de la variole irrégulière, maligne. — Si les symptômes ataxiques prédominent, on a recours aux antispasmodiques (castoréum, musc, camphre, usa fœtida, etc.); si c’est l’adynamie, on donne les toniques, et en particulier le pùnquina et les vins généreux ; s’il s’agit d’une variole hémorrhagique, on s'abstient de la saignée et l’on administre les astringents (la ratanhia en particulier), les ooissons acidulés et aussi les toniques. Si l'éruption se fait très-mal, sans qu’on en rouve la cause dans, une complication qu’on puisse combattre, on a proposé de recourir aux excitants généraux, à l’action d’une température élevée sur la peau, etc. Mais a-t-on réussi par ces moyens? ( Voy. Scarlatine et Rougeole.)

U° Traitement de la variole compliquée. — Les complications ne demandent que des moyens bien connus du lecteur, car elles ne sont autre chose que des maladies particulières dont nous parlerons dans les autres parties de cet ouvrage, et qui n’exigent pas d’autre traitement que celui qu’on leur oppose lorsqu’elles sont isolées.

5° Traitement préservatif. — Avant la découverte de la vaccine, on avait recours

(1) Âran, Bulletin gén. cle thérap., 30 janvier 1 851 .

(2) Herpin, Gazette mêd. de Paris, tlécembre 1 8 A 8 .

FIÈVRES ÉRUPTIVES

h Y inoculation, c’esl-à-dire qu’on communiquait aux individus non atteints antérieurement par la maladie une variole bénigne. On prenait le pus variolique chez un sujet d’une bonne constitution et ne présentant qu’une variole discrète, sans aucune complication ; on opérait le sujet dans de bonnes conditions de santé, à moins qu’on ne redoutât l’influence épidémique, et l’on tâchait par là d’obtenir une variole bénigne ( voy . Inoculation). Toutes les fois qu’on peut se procurer du vaccin, on ne pense pas un seul instant à recourir à ce procédé.

Le moyen préservatif par excellence est la vaccine. (Voy. Vaccine.)

Quand on est surpris par une épidémie violente, soit qu’on ne puisse pratiquer la vaccination, soit, ce qui est bien rare, qu’on soit réduit à avoir recours à l’inoculation, soit enfin qu’on n’ait à sa disposition ni l’un ni l’autre de ces moyens, Y isolement est toujours nécessaire, alors môme que les sujets pour lesquels on craint ont été vaccinés; on ne doit laisser auprès des malades que les personnes indispensables pour les soigner. Dans les cas sporadiques, il suffit d’éloigner d’eux les individus non vaccinés.

RÉSUMÉ SOMMAIRE DU TRAITEMENT

Traitement abortif. — Cautérisation; méthode ectrotiquc; emplâtre mercuriel 5 onctions mercurielles; collodion; vaccination à l’aide de nombreuses incisions (Eichorn); lotions froides; lames d’or, etc.

Traitement de la variole simple et régulière. — Semblable à celui delà scarlatine pour les soins généraux ; ouvrir les pustules, les absterger, appliquer sur elles les topiques émollients ; bains simples dans la dessiccation; traitement des symptômes lorsqu’ils ont une intensité un peu plus grande qu’à l’ordinaire.

Traitement de la variole irrégulière, maligne, compliquée. — Semblable à celui de la rougeole et de la scarlatine dans les mêmes conditions.

Traitement préservatif. — Inoculation; vaccine; isolement.

ARTICLE II

VARIOLOÏDE.

La varioloïde n’est autre chose que la variole elle-même, offrant un haut degré de bénignité et plus ou moins modifiée dans sa marche et dans ses symptômes.

La varioloïde a été désignée par quelques auteurs sous les noms d e variole bâtarde, adultérine ; varicelle tronquée, variole vaccinique, mitigée; varicelle pustuleuse.

C’est principalement après la vaccination que se manifeste la varioloïde, et la grande fréquence de la varioloïde n’est pas contestée.

Ayant reconnu l’identité de nature de la variole et de la varioloïde, nous avons peu de chose à dire sur les causes. Le même virus les produit toutes les deux; seulement la varioloïde se déclare en particulier chez les individus déjà vaccinés, ou qui ont eu une première attaque de variole. C’est surtout dans les épidémies qu’on voit un très-grand nombre de sujets atteints de la varioloïde.

Symptômes. — En général, les symptômes de la période d’invasion sont trèslégers; quelquefois ils manquent; rarement ils sont intenses. L’ éruption est remarquable par le petit nombre de pustules, l’absence de gonflement et de rougeur érv-

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