‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 71 sur 369 · VACCINE. — VACCINATION CHEZ LES ADULTES · texte numérisé non relu

VACCINE. — VACCINATION CHEZ LES ADULTES

uns sur le même sujet, et a formulé les deux propositions suivantes : 1° I.a vaccii ion des adultes diffère essentiellement de celle des enfants, par les caractères \ vsiques des pustules, leur peu de vigueur, le peu d importance des phénomènes uéraux qui accompagnent leur développement; 2° la transmission du vaccin Adulte à adulte produit rarement de belles pustules inoculables; il est de toute cessité, pour obtenir un bon succès, de recueillir le fluide sur les boutons d’un une enfant qui offrira les meilleures garanties de santé.

Conditions d'une bonne vaccination. — Le choix de la lymphe vaccinale a une ,ande importance; « son activité, dit Trousseau, est loin d’être la même à unes les époques de sa durée. Nulle vingt-quatre ou trente heures après l’inolation, elle commence à se manifester quarante-huit ou soixante-douze heures à rrtir de cette époque; elle est dans toute sa force aux quatrième, cinquième et ;iième jours, puis elle décroît le septième, pour se perdre ensuite, du onzième au îaatorzième. »

(C’est en général le huitième jour qui est considéré comme fournissant une Isstulc arrivée à son apogée. Cependant il est préférable de recueillir le virus vaciii avant cette époque, dès le cinquième jour. Telle était l’opinion de Jenner, irrtagée depuis par un grand nombre de médecins, parmi lesquels Bousquet et rrousseau.

j De la fausse vaccine. — On a appelé ainsi les produits de la vaccination qui oortent. Il y a des degrés dans la fausse vaccine ; tantôt la piqûre produit seulement une rougeur peu étendue avec démangeaison, sans formation de bouton, mtôt il y a un bouton qui tend à évoluer, mais qui s’éteint sur place. Dans ce rrnier cas on peut admettre qu’il y a une manifestation incomplète mais non pas ;( jgative . Le docteur Lalagade appelle ces boutons avortés efflorescences vaccinales. ibici la description que donne Bousquet de la fausse vaccine : « Tandis que la mime vaccine débute à peine à la fin du troisième jour, la mauvaise, beaucoup nus précoce, se montre dès le premier ou le second jour de l’insertion ; en sorte l’on peut dire qu’elle s’en sépare dès les premiers jours. Mais ce signe, h lui seul, est pas suffisant pour les distinguer. La fausse vaccine est quelquefois si rapide. Telle ne fait que paraître et disparaître ; d’autres fois elle s’annonce par un petit >bercule plus sensible à la vue qu’au toucher. Ce tubercule grandit jusqu’au quaième ou cinquième jour, et laisse encore le médecin incertain sur ses suites; ais le lendemain ou le surlendemain, il s’arrête, pâlit et se sèche; d’autres fois il 1 plus loin encore, et dans son rapide développement, il conserve toujours la forme nique et globuleuse, signe certain de la fausse vaccine, comme l’aplatissement, la ( position de la pustule forment le caractère spécifique de la vraie. Arrivée au latrièmc ou au cinquième jour, la fausse pustule jaunit, suppure et se sèche. Iilc ne laisse qu’une tache sans profondeur. »

Vaccinelle.- — La vaccine produit-elle parfois une éruption généralisée et compaible à l’éruption variolique? Quelques faits rares, il est vrai, ont autorisé celte lanière de voir. On a appelé vaccinelle l’éruption observée en pareil cas. Plusieurs leurs faisant la critique de ces cas, ont pensé qu’il était démontré que plusieurs "S personnes vaccinées avaient écorché avec les ongles les pustules vaccinales de i.ir bras, et s’étaient ainsi inoculé la vaccine en divers points du corps; cela avait mu lorsqu’il existait une éruption sudorale qui facilitait ce genre d’inoculation. Il

Vali.EIX, 5e édit. 1 — 12

FIEVRES ÉRUPTIVES

n’y aurait donc plus là d’éruption spontanée. Fl est certain, ainsi que le dit Trousseau (1), que cette inoculation chez un enfant vacciné se fait avec la plus grande facilité du quatrième au dixième jour. Cette expérience a été répétée un grand nombre de fois, il existe une autre manifestation éruptive, éruption vaccinale secondaire, fièvre vaccinale, laquelle; paraît vers le dixième jour et ressemble non pas à la varioloïdc, mais, ainsi que l’a montré Trousseau, à cet exanthème si commun chez les enfants qui ont un point de suppuration avec fièvre et sueurs abondantes, et que Trousseau a appelé éruption sudorale.

Du développement, simultané de la vaccine et de la variole , et des modifications qu’exercent ces deux éruptions l’une sur l’autre. Legendre (2) a noté ce qui suit, principalement sur les enfants :

1° Quand une éruption variolique survient un ou deux jours après le développement des pustules vaccinales, c’est-à-dire après le quatrième ou cinquième de l’inoculation, on peut, en général, expliquer celte anomalie apparente par l’existence d’une épidémie régnante, ou par le séjour des individus vaccinés dans un milieu où ils ont contracté, avant d’ètre vaccinés, le germe de la variole.

2° Quand un enfant est soumis à l’influence de la contagion variolique, la vaccination pratiquée en pareille circonstance semble favoriser l’évolution de la variole.

3° Les enfants au-dessus de quatre ans, vaccinés pendant la période d’incubation cle la variole, ne sont, en général, atteints que de varioles modifiées.

6° Si la vaccine exerce une modification avantageuse sur la variole, celle-ci, à son tour, influe e plus ordinairement sur le développement de la vaccine, dont les boutons marchent plus lentement et ne sont accompagnés ni d’aréole aussi marquée, ni d’engorgement sous-cutané.

5° L’influence avantageuse qu’exerce la vaccine sur la variole paraît être d’autant

plus marquée qu’au moment de l’évolution de la variole, l’éruption vaccinale est plus avancée et moins modifiée dans ses caractères.

6° La vaccination pratiquée pendant les prodromes ou le premier jour de l’éruption variolique peut réussir, mais ne nous a pas semblé modifier la marche de la variole.

7° Lorsque de jeunes enfants débiles ou affaiblis par la maladie sont soumis à l’influence du contagium variolique, on doit se garder de les vacciner. En effet, la vaccination pratiquée en pareil cas ne paraît propre qu’à hâter l’évolution de la variole, qui, toute modifiée qu’elle pourra se montrer, est toujours à redouter à cause du surcroît de faiblesse qu’elle détermine.

Le docteur Zandyck conclut de quelques expériences qu’il a tentées pendant le cours d’une épidémie de variole et de varioloïdc observées dn 1868 et 1869, à Dunkerque (3) que : lorsque la variole et la vaccine se développent en même temps chez un enfant bien portant, celle-là seule des deux éruptions qui a la priorité d’invasion influence l’autre, mais n’en est pas influencée; que, pendant la période d’incubation, il faut toujours vacciner, si la chose est possible ; que la variole est alors le plus souvent modifiée et prend les caractères de la varioloïde; qu’il faut même

(1) Trousseau, Clinique médicale de l’ Hôtel-Dieu, 1865.

(2) Legendre, Archives de médecine, 1844.

(3) Zandyck, Essai sur l’épidémie de variole et de varioloïde qui a régné à Dunkerqw en 1848 et 1849, in-8, 65 p. Paris, 1857.

Page 1