VACCINATION CHEZ LES ADULTES
ixciner au début de l’éruption variolique. Ces conclusions s’éloignent un peu de Iles qui ont été formulées par Legendre, mais on ne doit pas oublier que Legendre ait recueilli ses observations à l’hôpital des Enfants sur de jeunes sujets débiles.
* sont là des conditions spéciales dont on devra tenir compte.]
Conservation du vaccin. — Jenner prenait une plaque de cristal poli ayant dans n milieu une petite fossette d’une capacité telle, qu’elle pouvait contenir tout le lide d’un boulon vaccinal ; il la remplissait de manière que le fluide fît une légère illie; il humectait une autre plaque de cristal avec le liquide vaccinal, en la pont sur le bouton ouvert, et l’appliquant ensuite sur la première. La difficulté de î pas enfermer une bulle d’air avec le vaccin a fait généralement renoncer à ce ’océdé.
Un autre procédé consiste à imbiber un morceau de coton ou de charpie de [jquide vaccinal et à le renfermer, soit entre deux plaques de verre bombées, soit mus un cylindre creux fait avec de la cire et placé entre deux lames de verre Kxeyzig)’.
Bretonneau faisait pénétrer le vaccin dans des tubes capillaires, dans lesquels lie faisait monter par l’action de la capillarité, et fermait ensuite les deux extrériixités en les fondant à la lampe.
Fiard se servait de tubes d’un demi-millimètre de diamètre, terminés par une petite ampoule. Il raréfiait l’air de celle-ci par la chaleur de la main ou de la - juche, puis appliquait l’extrémité du tube sur le bouton ouvert ; on découvrait ampoule, l’air s’v condensait et le fluide y était attiré.
Ces moyens sont bons, et, en les employant, on a conservé très-longtemps le laccin ; mais ils demandent des instruments particuliers qu’on n’a pas toujours, et (ïïTrênt quelques difficultés. Les suivants sont plus simples et plus généralement innployés.
Pour conserver le vaccin, il suffit, après avoir divisé le bouton en plusieurs oints, et lorsque le liquide se montre en gouttelettes, d’y appliquer successivement les deux faces de la lame d’une lancette, puis de fermer la lancette, en produisant l’écartement des chas, à l’aide d’un petit linge ou d’une bandelette de palier roulé autour du talon de l’instrument. On a pu en conserver sur des pointes i 'ivoire ou decaille, et même sur des plumes taillées en cure-dents. Ce procédé est uffisant lorqu’on ne veut pas garder le vaccin très-longtemps. Cependant on a pu n envoyer ainsi à des distances qui exigeaient des voyages de longue durée.
Un moyen plus simple encore, et avec lequel on peut conserver le vaccin plus ongtemps, consiste à poser successivement sur le bouton ouvert deux petites plantes de verre qu’on applique ensuite l’une contre l’autre, en ayant soin que les tardes humectées se correspondent. On les enveloppe ensuite d’une feuille t’étain.
Enfin on peut garder des croûtes vaccinales tombées naturellement au dixluitième ou au vingtième jour de boutons restés intacts.
De tous ces procédés, celui qui consiste à enfermer le vaccin entre deux plaques e verre est le plus simple; en outre, il conserve bien la matière vaccinale, et, ar conséquent, il doit être préféré. Cependant si l’on voulait conserver le vaccin endant très-longtemps, les tubes capillaires de Bretonneau et le tube à am- ■oule de Fiard seraient préférables.
[Bousquet conseille la conservation du vaccin entre (leux plaques de verre comme le meilleur moyen d’en empêcher l’altération. Cependant ce moyen est loin d’être infaillible. Aujourd’hui encore l’Académie de médecine n’en emploie guère d’autre, et c’est là qu’est le centre vaccinateur de toute la France; c’est de là que part le vaccin envoyé dans Paris et les départements. En Angleterre, on emploie en général le même procédé. De nombreux insuccès ont montré qu’il y avait mieux à faire. On a expérimenté, ainsi que nous l’avons dit, les croûtes vaccinales, et Rigal a fait l’éloge de cette manière de procéder (1). Cependant les exemples de vaccination non suivie d’elTet ont fait douter de l’excellence de ce mode de conservation du virus, ou en est venu aussi à douter de l’efficacité du virus lui-même, et l’on a dit que le vaccin s’était peu à peu altéré par suite de la multiplicité des transmissions. On a attribué à cet affaiblissement prétendu du virus les cas de varioles survenus chez des gens vaccinés. Deux courants se sont dès lors établis, l’un qui conduirait à rechercher le vaccin initial du coupox , l’autre qui amènerait les observateurs à perfectionner les moyens de conserver intact le vaccin recueilli sur l’homme. Le docteur Lalagade, convaincu que le virus vaccin ne s’est point altéré et qu’il est aujourd’hui ce qu’il était dans les premières années de sa découverte, a mis en usage un nouveau moyen de le conserver (2). 11 remarqua que le virus vaccin peu de temps après avoir été recueilli changeait de couleur, devenait moins limpide, qu’il se desséchait alors même qu’il était renfermé dans des tubes fermés à la lampe. Le docteur Bermond avait déjà fait celte remarque en 1808, et comme Rigal, il accordait la préférence aux croûtes. Bousquet dit dans son livre delà vaccine : « Il était démontré pour moi, par la correspondance de l’Académie, que la conservation du vaccin dans les tubes n’est pas de longue durée; les médecins des départements s’en plaignaient. Le désir de les satisfaire et la réflexion me firent revenir aux plaques. » Le moyen proposé par le docteur Lalagade mérite une description spéciale. C’est un instrument auquel l’auteur donne le nom de io-pompe (pompe à virus), il se compose d’une boule de caoutchouc vulcanisé traversée par une tige métallique pleine et portant un pas de vis sur toute sa longueur; à son extrémité inférieure s’adapte un tube cylindrique portant une calotte fixe et servant de point d’appui au globe élastique. Une seconde calotte glisse à frottement juste vers la partie supérieure de la tige et se trouve poussée de haut en bas par un écrou ayant la forme d’un disque. Un trou percé à travers la partie du tube qui se trouve dans l’intérieur de la boule sert à en chasser l’air. Un petit bouchon de gutta-percha ferme hermétiquement l’extrémité extérieure du tube et est percé sur toute sa longueur avec un foret d’un trou qui permet d’ajuster à l’appareil des tubes de toute dimension. Pour opérer, on comprime la boule par le rapprochement des deux calottes au moyen du pas de vis, on rapproche l’extrémité libre du tube des goutelettes de virus vaccinal et l’on fait ainsi monter le liquide dans le tube; on peut de celte façon faire exactement le vide et emplir complètement les tubes sans y laisser d’air. On ferme à la lampe. Le docteur Lalagade a éprouvé les effets de ce procédé qu’il déclare supérieur à tous ceux qui sont en usage. ]
Conditions dans lesquelles doit se trouver le sujet chez lequel on prend le
(1) J. J. A. Rigal, Mémoire sur la vaccine et rapport sur les vaccinations pratiquées en 82 h dans l’arrondissement de Gai/lac.
(2) Lalagade, Nouveau procédé de conservation du virus vaccin. Paris, 1855.