‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 73 sur 369 · VACCINE. — VACCINATION CHEZ LES ADULTES · texte numérisé non relu

VACCINE. — VACCINATION CHEZ LES ADULTES

iccin. — Ou prend ordinairement le vaccin chez les enfants forts, vigoureux et ’ ; présentant aucune espèce de maladie; cependant on a vu du vaccin pris chez *is enfants chétifs produire une très-belle vaccine. En temps d’épidémie, on n 'hélerait pas à prendre du vaccin chez un sujet faible et même malade, pourvu que i maladie ne fût pas contagieuse, bien que les recherches de Taupin aient prouvé ue, même dans ces cas [nous faisons nos réserves quant à la syphilis], la maladie oncomitante ne se communique pas, et la vaccine est ordinairement très-belle, vaut tout, il faut préserver d’une affection épidémique souvent funeste.

Le sujet doit présenter une vaccine peu avancée (du quatrième au huitième >ur de l’éruption) ; les pustules doivent être intactes, autant que possible, et le qquide doit être transparent et assez visqueux pour que le bouton ne s'affaisse pas ippidement, après la piqûre, par suite de l'écoulement brusque du vaccin.

Suivant Dubois, d'Amiens (1), le liquide vaccinal doit être transparent et crisilllin; mais Fiard et Bousquet ont reconnu que cette condition n’est pas indisponible, et que du vaccin louche et non cristallin peut très-bien s’inoculer.

Conditions dans lesquelles doit se trouver le sujet que l'on vaccine. — La aaccination est ordinairement pratiquée chez les enfants : elle réussit mieux chez inx qu’a tout autre âge. A une époque trop rapprochée de la naissance, les combinons sont moins favorables qu’h deux ou trois mois. Avant cet âge, les enfants sont top faibles, la fièvre vaccinale peut avoir chez eux des inconvénients, les pustules ?! développent généralement moins bien; et comme, d’un autre côté, la variole est tès-rare dans les premiers mois, il y a avantage à attendre. En temps d’épidémie icolente, ces considérations ont moins de valeur.

En temps ordinaire, on doit chercher à ne vacciner les sujets que dans de bonnes onditions de santé; cependant la débilité de l’économie et l’existence de maladies broniques ne doivent pas absolument arrêter. En temps d’épidémie, il faut vacinner indistinctement tous les sujets non vaccinés, même ceux qui ont des maladies ligues graves.

Pour les revaccinations , dont nous parlerons plus loin, il faut, en temps ordiîaire, les pratiquer de douze à quinze ans après la première vaccination; en temps Vépidémie, on doit recourir à cette opération chez tous les sujets qui le désirent. Après l’âge de trente ans, ce préservatif devient beaucoup moins nécessaire.

On évite généralement, hors les temps d’épidémie, de pratiquer la vaccination oendant les grands froids et les grandes chaleurs. Sauf ces exceptions, toutes les ppoques de l’année sont bonnes. Il est inutile de préparer les sujets par la diète, es purgatifs, les saignées, les bains. Si la peau est rugueuse, on peut néanmoins donner un on deux bains.

Procédé opératoire. — L’incision est seulement employée quelquefois dans •es cas de variole imminente (2). Le moyen universellement mis en usage consiste dans l 'inoculation par piqûre. L’instrument dont on doit se servir est une lancette ordinaire, à grain d’orge on à grain d’avoine. Une aiguille à coudre, une aiguille l’or, une aiguille aplatie et cannelée peuvent servir au besoin, mais ne présentent 'pas de plus grands avantages. Le lieu d’élection pour l’inoculation est le bras à sa

(1) Dubois, Bulletin de l’ Acad, de mèd. Paris, 1838, t. II, p. 595.

(2) Procédé Eichorn. Voy. article Variole.

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partie externe et supérieure. Cependant toutes les parties du corps peuvent recevoir la vaccination.

Le procédé opératoire varie suivant que le vaccin qu’on emploie est liquide ou qu’il est desséché.

Dans le premier cas, l’opérateur, après avoir préalablement chargé l’instrument de virus vaccin, saisit postérieurement avec la main gauche le bras du sujet; il tend exactement la peau, et avec la main droite pratique la piqûre en introduisant l’instrument sous l’épiderme, dans une direction qui peut être ou légèrement oblique, ou verticale, ou mieux horizontale. Il laisse séjourner un instant la pointe de l’instrument dans la petite plaie, et la retire en lui faisant exécuter de légères oscillations, de manière h bien imprégner de virus la petite solution de continuité. On doit éviter autant que possible de faire écouler du sang en faisant des plaies trop profondes. Ce liquide, quand il sort abondamment, peut entraîner le vaccin avec lui. II est assez difficile d’empêcher une effusion de sang assez grande quand on vaccine des enfants indociles et pleureurs : la peau s’injecte sous l’influence des cris et de l’agitation, et à peine peut-on effleurer la peau sans faire couler le sang. En pareil cas, on doit avoir soin de pratiquer des piqûres très-superficielles. Nous avons vu plusieurs fois, ainsi que Bousquet (1), des boutons-vaccins se développer régulièrement et avec une grande activité, dans des cas où la lancette avait pénétré à une très-grande profondeur dans la peau et les muscles du bras. La même lancette une fois chargée peut servir à pratiquer deux ou trois piqûres de suite, surtout jpiand on les fait très-superficielles et avec une grande promptitude. 11 nous paraît toutefois plus avantageux, pour le succès de l’opération, d’essuyer et de laver , l’instrument après chaque piqûre, et de le charger de nouveau.

Lorsque Y humeur vaccinale est renfermée dans des tubes capillaires, on casse les deux extrémités du tube; on adapte à l’une d’elles un tuyau de paille ou un très-petit tube de verre en forme d’entonnoir, et l’on applique l’autre sur une lame de verre; on souffle très-doucement dans cette paille de façon qu’il reste environ 2 ou 3 millimètres de vaccin dans le tube. Lorsque le vaccin est descendu sur la lame de verre, on l’y reprend avec la lancette, cl on l’inocule comme dans la vaccination de bras à bras. On peut aussi prévenir l’altération du fluide-vaccin par le contact de l’air insufflé, en cassant d’abord les deux extrémités du tube, et en divisant ensuite la partie moyenne en deux parties égales, à l’aide du bord aigu d’une pierre à fusil. On a de celte manière deux espèces de petits godets, dans chacun desquels ou puise facilement le vaccin avec la pointe de la lancette. Quand on veut se servir du vaccin conservé dans les tubes proposés par Fiard, il suffit de briser la pointe et de réchauffer l’ampoule ; le vaccin s’échappe bientôt du tube par le seul effet de la dilatation de l’air; on le reçoit alorS sur une plaque de verre ou sur la lancette elle-même.

Si le vaccin qu'on doit employer est desséché sur des plaques, on ne doit retirer les verres de la feuille d’étain qui les enveloppe qu’au moment même de s’en servir. On délaye le vaccin avec une très-petite goutte d’eau ou de salive; on agite quelques minutes la solution avec la pointe de la lancette, jusqu’à ce qu’on n’y rencontre aucune partie solide, aucun grumeau, et que le mélange ait acquis une

(1) Bousquet, Nouveau traité de la vaccine et des éruptions varioleuses. Paris, 1848, p. 158.

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imsistance mucilagineuse; on on charge ensuite la pointe de l’instrument, et l’on oocède à l’insertion connue il a été dit plus haut. Lorsque le vaccin a été desséché rr des fils, on les place sur une petite plaque de verre, et, à l’aide d’une petite iutte d’eau froide, ou délaye la matière vaccinale comme il a été indiqué ciessus. Si l’on fait usage d’un morceau de linge imprégné de vaccin, il suffit de otter à plusieurs reprises sur ce linge la lancette humectée d’eau, et elle se ,oarge ainsi de virus. Quand on emploie des lancettes non oxydables, d’or, d’écaille 1 d’ivoire, etc,, on conseille de faire la piqûre avec une lancette ordinaire, et ninsérer ensuite dans la plaie la lancette chargée du vaccin desséché. Peut-être nrait-il plus convenable de délayer préalablement le vaccin sec; on éviterait ainsi >s insuccès, qui sont ordinairement le résultat de ce mode d’inoculation. Quand n se sert des croûtes vaccinales, il faut avoir bien soin d’enlever, comme le ccommande Sacco (1), une lamelle très-mince, résultat de dessiccation d’une toutte de pus formée au centre de la pustule. On délaye la croûte avec un peu Veau froide, jusqu’à son entière dissolution, et l’on procède à la vaccination comme ious venons de l’indiquer.

On laisse sécher les petites plaies, et l’on évite seulement ensuite de les mettre ni contact avec de la laine ou des chemises d’un tissu trop grossier, de tenir le iras serré dans un vêtement trop étroit. Il n’est pas plus nécessaire de faire suivre un régime aux sujets inoculés, de les empêcher de quitter leur lit ou de prendre aair au dehors, à moins que la température extérieure ne soit très-basse. La vaciiine se développe sans qu’on ait besoin de recourir à toutes ces précautions. S’il nrvient un mouvement fébrile au huitième ou dixième jour, et que l’accès inflammatoire soit trop intense, on diminuera la quantité des aliments et l’on prescrira nuelques boissons rafraîchissantes. Dans le cas où les pustules viendraient à s’ulérer, on emploiera les émollients et les moyens propres à hâter la cicatrice. Mais i l’ulcération a lieu avant le septième jour, il sera prudent de procéder plus tard iune nouvelle vaccination; car il y a lieu de craindre que la première ne soit pas rréservative. Quant à l’usage des purgatifs après la vaccination, il est plus sage d’y énoncer, à moins d’indications très-évidentes ou de complications qui puissent en notiver l’utilité.

§ VI. — Degré d’efficacité de la vaccine.

La. vertu préservatrice de la vaccine est-elle absolue ou temporaire ? — L’ob- ;ervation des épidémies prouve qu’il y a des vaccines qui sont et restent un préiervatif aussi parfait que la variole elle-même. Cette même observation des faits 'évèle en outre que le nombre des vaccines véritablement et constamment préser- .atrices a toujours été bien supérieur au nombre de celles qui ne le sont pas; mais lans 1 épidémie de Marseille, qui n’a pas encore été égalée pour la gravité et pour intensité, depuis la généralisation des vaccinations, on a compté sept fois et demie dus de vaccinés âgés de dix à trente ans chez lesquels la vaccine s’est montrée préservatrice, qu on n a vu de vaccinés du même âge chez lesquels la préservation i fait défaut. Dans d autres épidémies moins intenses, la proportion des préservés ;st restée encore bien plus élevée, et aujourd’hui il y a déjà un grand nombre de

(1) Sacco, Traité de vaccination, trad. par J. Daquin. Paris, 1813, p. 222

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vaccinés qui ont dépasse lïige de trente à trente-cinq ans, et qui ont passé par des épidémies répétées de variole sans éprouver aucune influence pernicieuse : de sorte que leur vaccine peut être regardée comme définitivement préservatrice, parce qu’elle les a protégés jusqu’à cette limite de I âge où le danger de la variole s’évanouit de lui-même. Il faut donc admettre (et c’est un grand sujet de tranquillité) que la grande majorité des vaccinés se trouve réellement préservée de la variole; mais en même temps nous ne pouvons nous dissimuler qu’une minorité d’un chiffre imposant ne jouit pas des mêmes bénéfices d’une vaccine également présumée bonne. Le danger est assez réel pour éveiller de justes sollicitudes et faire craindre la variole à chaque vacciné.

Comme causes de cette non-préservation , on trouve d’abord l’absence de réaction générale après la vaccination, bien que les pustules se soient montrées avec tous leurs caractères; en second lieu, le non-développement de ce que l’auteur appelle la réceptivité , au moment où l’on a vacciné l’enfant, réceptivité qui pourra se produire plus tard; ensuite certains états de l’organisme, certaines maladies qui ont pu s’opposer à l’inoculation , et qui plus tard, disparaissant, laissent le malade exposé à la contagion ; enfin l’insuffisance , chez un certain nombre de sujets, d’un virus vaccin affaibli.

Ainsi, dans presque tous ces cas, il est impossible de reconnaître si la vaccine est ou n’est pas préservatrice, et rien n’autorise à admettre que la réceptivité, pour nous servir de l’expression employée par l’auteur, a été détruite et s’est reproduite ensuite. Il est des cas (et l’on en a cité un certain nombre) dans lesquels, la vaccine ayant été tout à fait normale, au bout d’un certain temps, (pii est ordinairement de plus de dix ans, la variole a été contractée. La préservation procurée par une première vaccination, bien qu’incomplète, n’existe pas moins à un certain degré, puisque, chez les sujets affectés après vaccine, la mortalité a été beaucoup moins grande, et si la vaccination n’a pas pu empêcher la contagion, du moins elle a eu encore une influence marquée sur l’intensité de l’affection et sur sa terminaison.

[Le rapport présenté au ministre de l’agriculture par l’Académie de médecine sur les vaccinations pendant l’année 1854, par Bousquet, rapporteur, contient sur la statistique mortuaire, par rapport à l’influence de la vaccine, le passage suivant : « C’est par l’accord de tous les documents qu’il est démontré que, depuis le siècle passé, la mortalité s’est considérablement atténuée à toutes les périodes delà vie; que particulièrement de vingt à trente ans, âge auquel, d’après les anti-vaccinateurs, la variole, d’abord vaincue, exercerait de mortelles représailles, le danger de mort a diminué d’environ un quart. Aujourd’hui 1000 hommes de vingt à trente ans ne fournissent que 10 à 11 décès, tandis qu’autrefois le même nombre de sujets en donnait au moins 13 ou lù. Et les autres figes sont beaucoup plus favorisés que celui-ci. »

Le docteur Bertillon, dans un livre destiné à réfuter les objections faites contre la vaccine (1), démontre, à l’aide d’une étude des mouvements de la mortalité à chaque âge depuis un siècle , que la vaccine a diminué la mortalité. L’auteur s’est appliqué à poursuivre surtout et à combattre l’opinion erronée émise par quelques médecins et défendue par Carnot, relativement à l’influence néfaste exercée par la vaccine. Ce dernier auteur avait tenté d’établir à l’aide de documents statistiques

(1) Bertillon, Conclusions statistiques contre les détracteurs de la vaccine. Paris, 1857.

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la vaccine augmentait le chiffre cle la mortalité, et avait construit sur cette ü née une théorie inacceptable; il s’agissait de la dégénérescence de 1 espèce naine sous l’influence de la vaccine, de la métamorphose de la variole en fièvre hoïde, etc. Ces erreurs ont été combattues et réfutées par de nombreux auteurs, :he, Bretonneau, Bousquet, Bartli, Aran, Perrin, Druhcn, Dechambrc, Bertin, rot, etc. ; elles ne trouvent plus aujourd’hui de défenseurs.

'(Suivant l’expression du docteur Lalagade, d’Albi (1), une seule vaccination est Suffisante pour satisfaire les aptitudes varioliques de tous les vaccinés pendant te leur vie. Déjà, en 1807, Brown proposait la revaccina tion, et llusson, rapifteur du comité central de vaccine, écrivait en 1810, que l’effet préservatif de la ccine s’était trouvé en défaut dans quelques cas et que la petite vérole s’était dénpppée sur des sujets vaccinés. Peu à peu les exemples de cette nature se multi- ■wrcnt, à tel point qu’il devint impossible de méconnaître la nécessité de la reccination. Sans doute, on pouvait soutenir que la variole était bénigne alors celle se développait chez des sujets vaccinés, qu’elle n’était alors que varioloïde, idole modifiée, et que le vaccin avait créé pour ainsi dire une nouvelle petite tôle, la varioloïde. Mais il y eut des cas de mort authentiques et en grand nombre, me pouvait plus dès lors être question de maintenir la doctrine de l’efficacité kéfinie du vaccin. Bousquet, faisant l’analyse des faits recueillis pendant diverses (Idémies, a montré mieux que personne que le vaccin était faillible et qu’il fallait aacciner, contrairement à l’ancienne opinion de Jenner, de 'NYoodville, de Pearson, >53000. Les observateurs contemporains, parmi lesquels nous citerons Bousquet (2), icche et Guersant (3), ont admis que le vaccin inséré dans l’organisme a une reée préservatrice limitée, qu’il perd graduellement sa force.

LL’insuffisancc d’une seule vaccination pour satisfaire les aptitudes varioliques de as les vaccinés pendant toute leur vie est un fait avéré. Nous empruntons en aande partie les détails qui suivent à l’excellent mémoire de Lalagade (fi).

« La revaccination donne de vrais boutons de vaccine, des boutons préservateurs i la petite vérole. L’éruption vaccinale ne se comporte pas toujours de la même on à la seconde vaccination qu’à la première. Les signes, soit locaux soit généijx, ne suivent pas tout à fait la même marche, à quelques exceptions près, chez ; revaccinés que chez les vaccinés et surtout chez les enfants. Ainsi dans la vacae supplémentaire, les pustules apparaissent, en général, douze, quatorze heures us tôt; rarement elles sont en retard. Le blanc nacré des boutons est moins éclaint; la partie ombiliquée est moins accentuée. L’auréole est plus étendue, plus flammée. Chez les vaccinés, l’inflammation est mieux circonscrite, et bien moins igante. Chez le revacciné, la suppuration et la dessiccation arrivent plus tôt. La oûte plus brunâtre s’arrache plus vite et plus facilement ; elle laisse une cicatrice mi, quoique caractéristique, n’est point aussi profonde et aussi indélébile. On a un rrus également limpide, également visqueux, mais moins abondant. Quant aux rmptômes généraux, ils sont de beaucoup plus prononcés dans la vaccine secon-

(1) Lalagade, Études sur la vaccination. Paris, 183G.

(2) Bousquet, Nouveau traité de la vaccine et des éruptions varioleuses ou variolii ormes. aaris, 1 8 A 8 .

(3) Guersant et Blache, Dictionnaire de médecine, ou Répertoire général des sciences médicales. Paris, 1846, t. XXX, art. Vaccine.

(4) Lalagade, Études sur la revaccination. Paris, 1856, chap. II.

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daire. Souvent les vaccinés ne souffrent pas. Les revaccinés éprouvent quelquefois une fièvre intense avec engorgement axillaire.

» La fausse vaccine ne produit que des boutons acuminés vésiculeux qui occasionnent des démangeaisons et se sèchent promptement.

» Les vaccinations négatives sont la négation pour le moment de toute récidive vaccinale.

» Quand il n’y a pas place pour la vaccine, il n’y a pas place pour la petite vérole, son équivalent. »

D’après Lalagade (1), il faudrait reconnaître trois catégories de faits dans la revaccination : 1° la revaccination positive; 2° l’efllorescence vaccinale, preuve d’un effort, d’une tendance vers la vaccination. Chez les revaccinés de cette catégorie, il y a peu de rougeur autour des piqûres et commencement de pustules qui avortent. C’est, dit cet auteur auquel nous empruntons le tableau suivant, un commencement de retour à la récidive vaccinale, une preuve que la semence première épuise son action et qu’elle aura bientôt besoin d’ètre renouvelée..

Revaccination avec indication de l’âge des revaccinés.

Age des revaccine'*.

Succès complu.

Efflorescences

vaccinales.

Résultats négatifs

Total des revaccinés.

Succès complets proportionnels.

5 à 10 ans

10 à 15 ans

15 à 20 ans

20 à 25 ans

25 à 30 ans

30 à 35 ans

35 à 40 ans

40 à 45 ans

45 à 50 ans

50 à 55 ans

55 à 60 ans

60 à 65 ans

65 à 70 ans

Résultat général. . .

Plus d’un tiers de succès.

A quel âge convient-il de pratiquer la revaccination ? — Cela ne peut pas être déterminé avec une exactitude parfaite, mais on sait, d’après les statistiques, que plus on s’éloigne du moment de la première vaccination, plus les cas de variole se multiplient et plus l’aptitude à la revaccination devient évidente. D après Bousquet, c’est à partir de 10 ou 12 ans que commence l’opportunité de la revaccination; elle augmente à 15, elle n’est jamais plus grande qu’entre 20 et 30. Pour d’autres auteurs (Lalagade), la puberté et l’adolescence sont les époques les plus favorables à la revaccination. Il ne faut pas s’en tenir toutefois à cette donnée théorique, et il faut revacciner le plus souvent possible et pratiquer cette légère et utile opération indistinctement sur tous les sujets et à tous les âges, en temps d’épidémie.

L’expérience a montré que les sujets qui étaient le plus aptes à la revaccination, étaient ceux qui présentaient plusieurs cicatrices bien marquées de la première vaccination. En sorte que le succès d’une première vaccination ne prouve pas la préservation indéfinie de l’individu contre la variole, mais prouverait au contraire

(1) Lalagade, Études sur la revaccination. Paris, 1856, chap. II.

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i i tude particulière qu’il présente pour la variole et pour la récidive vaccinale. £S sujets chez lesquels le vaccin n’a pas eu de prise, sont-ils rebelles à la contai rariolique? — Il en serait ainsi d’après le plus grand nombre des observateursa noté en outre que si ces personnes sont atteintes par la variole, la maladie tcte chez elles un caractère particulier de bénignité.

les varioleux sont-ils à l’abri d’une récidive, et est-il utile de les revacciner? — récidive de la variole est un fait qui se présente assez fréquemment. Tous les lecins qui ont étudié la variole l’ont noté. Les épidémies qui ont sévi, à Paris, mis une quinzaine d’années, nous ont permis d’observer plusieurs cas de variole iduente suivie de mort chez des malades qui portaient des cicatrices d’une iiicnne variole. Le docteur Lalagade, sur quatre-vingt-quatre sujets portant les :oes d’une ancienne variole et qu’il revaccina, obtint dix-huit succès complets. isst donc certain qu’il y a lieu de revacciner les varioleux. l-Emploi clu vaccin comme moyen chirurgical. — Le vaccin a été employé miment pour la cure des nœvi et tumeurs érectiles. Hodgson, Earle, Comming ironisèrent ce moyen, et un grand nombre de médecins français en ont fait üge; il nous suffira de citer parmi ces derniers Baudelocque, Rayer, Velpeau, jasquet, Guersant, Legendre, Blache, Marjolin, Laboulbène, qui ont publié des Nervations sur ce sujet. Voici quel est le but de cette opération. Étant donné un et qui porte une tumeur érectile d’un médiocre volume, s’il n’est pas vacciné, esst préférable de choisir précisément pour siège de la vaccination la tumeur odile, afin d’v produire les pustules qui la détruiront en partie et en amèneront cicatrisation. On peut faire un grand nombre de piqûres sur ces tumeurs, et îiir éviter l’hémorrhagie on se servira d’une aiguille fine.

ILa vaccination peut-elle transporter une maladie d'un homme à un autre ? — tte question a été fort débattue. Elle a reçu, en ce qui concerne la vérole, une wtion affirmative ainsi qu’on le verra dans ce chapitre, et cette solution est due es travaux tout à fait récents. Husson (1) pensait que le vaccin est, sui generis, jijours semblable à lui-même, et se renouvelle indépendamment des circonnces maladives de l’individu sur lequel il est inoculé. « Je l’ai, dit-il, développé r des sujets dartreux vénériens ; je l’ai repris sur ceux-là pour l’inoculer à s sujets parfaitement sains, et je n’aj pas reconnu qu’il ait produit sur eux plus léger symptôme d’affection dartreuse, syphilitique, etc. Bousquet exprilit la même opinion en disant : « De même que le virus rabique ne peut nner que la rage , de même le virus vaccin ne peut donner que la vaccine ite seule. » Bousquet avait raison sans doute, mais il supposait un vaccin idéal, un vaccinateur qui serait certain de ne rien emprunter de sa substance propre, son sang, au vaccinifère. Ileim, Steinbrenner (2) professaient la même doctrine, ic Rayer, Moreau, Velpeau, Rostan, Chomel, et en effet on ignorait alors qu’on sait aujourd’hui. En vain, Ricord a contesté les faits nouveaux cpii étaient désaccord avec ses opinions relativement à la vérole. Ges faits sont acquis désoris, ils sont démontrés scientifiquement, et dès lors toute discussion doit cesser. Nous mentionnerons, à titre de renseignements historiques, les noms de queles médecins qui avaient essayé sans résultat des expériences de ce genre, et quj

Husson, Recherches historiques et médicales sur la vaccine. Paris, 1803.

.2) Steinbrenner, Traité sur la vaccine. Paris, 1846.

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n’avaient pas pu observer la vérole transmise par la vaccination : ce sont Bidart, Heymann, Taupin. Le docteur Sébastian (de Béziers) a été mieux servi par l’expérimentation. Un observateur qui a doté la science d’une foule de faits relatifs au vaccin, le docteur Lalagade, a inoculé le vaccin pris sur des gens atteints de diverses maladies réputées contagieuses, afin d’étudier la question qui nous occupe, notamment sur des sujets atteints de rougeole, de dartres. De ces expériences il résulterait que, si en temps d’épidémie, la vaccine prise sur un sujet rubéolique ne donne pas la rougeole, elle ne la prévient pas. Quant aux dartres, il n’y aurait pas de contagion. L’auteur n’a pas observé la transmission de la syphilis. Ces expériences, du reste, n’ont pas été faites dans des conditions qui permettent d’en tirer une conclusion suffisamment motivée. La constitution du sujet vaccinifère est sans doute importante h considérer, en ce sens qu’il vaut mieux avoir affaire à un sujet très-jeune, vigoureux, sain, portant de belles pustules, qu’à un sujet débile et valétudinaire. C’est ici que se place une question délicate sur laquelle le public a eu raison contre les médecins, et dont la solution ne s’est produite que depuis quelques années. Nous voulons parler de la vérole transmise par le vaccin.

§ VII. — Syphilis vaccinale.

C’est à Viennois (de Lyon) que revient le mérite d’avoir appelé l’attention des médecins sur ce sujet, et d’avoir groupé les faits de syphilis vaccinale épars dans la science (1). De nombreux expérimentateurs, reproduisant artificiellement|ceque le hasard avait produit, ont démontré que la vérole pouvait se transmettre du vaccinifère au vacciné, lorsque le premier était atteint de cette maladie à l’état actif. Viennois a rassemblé un nombre considérable de ces faits. Dans une discussion toute récente (1864-1865) à l’Académie de médecine, une commission nommée pour examiner cet ordre de faits, a, par la plume de Depaul, son rapporteur, résumé cette question (2), et donné une sanction officielle à cette découverte, en même temps qu’elle enseignait les moyens de prévenir les sujets vaccinés contre un pareil danger. Parmi les exemples les plus probants, nous citerons celui qui est rapporté par le professeur Barbantini (de Lucques), et où l’on vit sur A6 enfants vaccinés avec le vaccin pris sur un même sujet, le plus grand nombre être atteints de syphilis, et quelques-uns transmettre cette affection à leur nourrice; 19 de ces enfants moururent des suites de la maladie ou du traitement. Le professeur Cerioli rapporte (1860, Viennois) qu’un enfant né de parents vérolés servit à vacciner soixante-quatre personnes qui furent contaminées; huit enfants et deux femmes succombèrent. Un journal de Berlin (3) contient le récit d une semblable infection syphilitique transmise par un enfant vérolé vaccinifère à dix-neuf personnes. Un autre exemple analogue est rapporté par le docteur Hübener, de Bavière. Plusieurs cas observés en France se trouvent également rapportés tout au long par Viennois.

(1) Viennois (de Lyon), Archives gèn. de médecine , 1860, juin, juillet et septembre. — Voyez aussi Diday, Gazette médicale dç Lyon , 1860, n° 19.

(2) Depaul, De la syphilis vaccinale , projet de rapport à présenter à S. Exc. M. le ministn de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, au nom de la commission de vaccini [Bulletin de l’Académie impériale de médecine. Paris, 4 86 A , t. XXX, p. 135).

(3) Medicinische Zeitung, avril 1850.

VACCINE. — SYPHILIS VACCINALE.

r rousseau a observé à l’Hôtel- Dieu un cas de syphilis vaccinale (1). Hérard (2) lihassaignac ont communiqué à la Société de chirurgie et a l’Académie de médedeux faits semblables. De tous les exemples récents, il n’en est pas de plus pant que le fait de Rivalta (1861) (3), où l’on voit soixante-trois personnes uinées avec du vaccin provenant d’un sujet en puissance de vérole. Quarante- ;ur soixante-trois présentèrent des. traces d’infection syphilitique. En 186Ù-65, mois (de Lyon) a communiqué à l’Académie de médecine deux nouveaux faits aussi probants que les précédents et accompagnés de réflexions propres à lever : les doutes (ù).

mur la discussion relative au virus syphilitique, à ses diverses manifestations et transmission, nous renvoyons le lecteur à l’article Syphilis.

11 nous suffira de dire que le sujet vérolé peut n’avoir pas de manifestations trèsarentes de la vérole, qu’il n’est pas nécessaire que la lancette soit introduite en pooint où existe un produit syphilitique, tel que chancre, bubon, papule ou plaque qjueuse, ecthyma, ulcère, gomme, etc. ; que la syphilis est transmissible pendant Période initiale, pendant la période d’incubation peut-être (pour les nouveauif, pendant celle des accidents secondaires, et qu’elle est transmissible par le sang ime du vérolé. On a discuté pour savoir si le sérum seul de la pustule vaccinale s ; sur un sujet contaminé peut transmettre la vérole. Cette question n’est pas éée, la solution en est douteuse. Quant à l’inoculabilité par le sang, le fait est (tain. Il résulte de là la nécessité de prendre la précaution de vacciner en tous avec le sérum sans faire saigner le vaccinifère en ponctionnant la pustule. Il tt bien choisir le sujet sur lequel on recueille le vaccin, et l’examiner tant à la mu que dans la bouche, afin de s’assurer qu’il n’a pas de manifestation syphiliue ; il faut refuser les sujets de provenance suspecte, non-seulement lorsqu’ils vvent servir de vaccinifères, mais encore lorsqu’ils sont mélangés aux sujets que n doit vacciner en même temps. Il faut, autant que possible, ne prendre pour ccinifères que des enfants ayant dépassé l’époque où peut se montrer la syphilis réditaire d’une façon très-nette, c’est-à-dire avant l’âge de quatre ou cinq mois, syphilis héréditaire est rare au moment même de la naissance, mais elle est elquefois prompte à se montrer chez le nouveau-né. Voici sur ce sujet une stacique recueillie par Diday (de Lyon), et qui montre quelles sont les limites d’âge ns lesquelles se montre habituellement la vérole héréditaire. Sur 158 cas, la rôle s’est déclarée :

Avant un mois révolu depuis la naissance 86 fois.

— deux mois — — 45

— trois mois — — 15

A quatre mois — — 7

A cinq mois — — 1

À huit mois — — 1

A un an — — 1

A deux ans — — 1

(1) Trousseau, Clinique médicale de l' Hôtel-Dieu, 2e édition. Paris, 1860.

(2) Hérard, Bulletin de l’Acad. deméd., 1863, t. XXVIII, p. 1189.

(3) Albertetti, Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 1861, p. 779, "extrait de Gazzetta mcdica italiana (provincie sarde), 4 novembre 1861.

(4) Viennois (de Lyon), Bulletin de l'Académie impériale de médecine. Paris. 1864-1865

XXX, p. 20. ’

190 FIÈVRES ÉRUPTIVES

Nous renvoyons le lecteur, pour la description des signes de la vérole infantile, à l’article SYPHILIS.

Le retour à l’inoculation du coivpox tend à reprendre faveur en présence des i dangers qu’a présentés quelquefois la vaccination faite d’homme à homme.

Le docteur Lannois, dans un récent mémoire (1), rend compte à l’Académie de médecine de faits qu’il a observés à Naples, et concernant : 1° le vaccin animal; 2° l’organisation d’un établissement fondé dans le but de propager ce vaccin; 3" le manuel opératoire et les inoculations reproductrices; A0 les vaccinations; 5° la prophylaxie, et il formule ainsi qu’il suit ses conclusions : transmission toujours possible du vaccin de la vache à la vache, à toutes les époques de l’année, en aussi grande quantité que pourront l’exiger les besoins d’un grand service; régénération et non pas affaiblissement de ce vaccin par son passage à travers l’organisme de l’animal; pratique facile des vaccinations; innocuité de l’éruption vaccinale; prophylaxie certaine. — On ne peut que souhaiter de voir ce sujet mis à l’étude dans tous les pays.]

ARTICLE V

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