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ROUGEOLE. — CAUSES

hs; il faut se garder aussi de faire jouer un rôle trop faible à l’éruption; car mali quelques exceptions, cette éruption est aussi bien en rapport avec l’intensité du uvcmcnt fébrile que l’inflammation d’un organe dans les phlegmasies, et, d’un re côté, les phlegmasies les mieux caractérisées, la pneumonie, par exemple, ivcnt être annoncées par un mouvement fébrile d’une certaine durée, avant 'aucun symptôme local soit venu annoncer le début de la lésion pulmonaire.

SNous définissons la rougeole : Une maladie fébrile, contagieuse, dont les symjines généraux ont une physionomie particulière, et dont le principal symptôme lal est l’apparition sur la peau de taches rouges caractéristiques, i. Cette affection a été décrite sous les noms de morbilii, febris morbillosa , bbeola , scirampion (espagnol), measles (anglais), Masern (allemand), rosolia ililien).

Il est très-rare qu’on échappe h la rougeole ; c’est une affection des plus cominnes.

§ II. — Causes.

1° Causes prédisposantes.

.Age. — La rougeole, bien qu’elle puisse s’observer jusqu’à un âge avancé mxante-seizc ans, lleim), est une maladie de l’enfance; mais, dans cette pé- )ode de l’enfance, elle affecte de préférence certains âges. Elle est plus rare avant \ 'après la première dentition, et fréquente surtout de trois à cinq ans. Jusqu’à xi ans, elle se montre assez souvent, devient de plus en plus rare jusqu’à quinze, inc se déclare plus que chez un très-petit nombre de sujets après ce dernier âge. il temps d’ épidémie , on voit une plus grande proportion de sujets âgés de plus de liiinze ans, parce que ceux qui avaient échappé à l’affection sporadique sont atteints ii r elle lorsqu’elle a acquis une plus grande énergie, ce qui a lieu dans les épidéi«cs. Michel Lévy (1), qui a observé cette maladie chez des militaires, et dans de ■otites épidémies, a établi qu’elle est plus fréquente chez les adultes qu’on ne le • oit communément.

Rien ne prouve que la rougeole attaque un sexe plus que l’autre, et soit plus équente dans une saison que dans une autre. Michel Lévy fait remarquer que cette réfection est une de celles qui ne sont nullement modifiées par les habitudes hygiéniques des militaires. Il n’est pas prouvé que les enfants affectés d’une autre malade, ou débilités par des affections antérieures, soient plus exposés à la rougeole ue les enfants dans un bon état de santé.

2° Causes occasionnelles.

Des auteurs pensent que la contagion de la rougeole a lieu par contact; mais ce mode de transmission est loin d’être admis par tout le monde. On reconnaît plus énéralemcnt la transmission par infection. Ce qui donne à penser néanmoins que i transmission par contact n’est pas impossible, c’est que Y inoculation du sang Speranza), et même de l’humeur lacrymale (Michael, de Ivatona), a communiqué i rougeole (2). U serait important que ces expériences fussent renouvelées, et elles

(1) Michel Lévy, Sur la rougeole des adultes. Paris, 1847.

(2) Gazette médicale de Paris, 1843.

FIÈVRES ÉRUPTIVES

peuvent l’être avec d’autant moins de scrupule, que la rougcdle inoculée s’est toujours montrée très-bénigne. Il s’agit surtout de constater si l’inoculation produit une véritable rougeole, ou un exanthème d’une autre nature.

La rougeole est une maladie qui ri attaque les sujets quune fois : telle est la règle générale; il y a cependant des exceptions bien plus fréquentes que pour la variole, et il est bien constaté que cette maladie peut se montrer deux fois , et plus souvent encore chez le même individu.

Vandieren (1) a vu à Anvers une petite fille de trois ans, qui, du mois de février au mois d’avril, a été atteinte trois fois de la rougeole.

Nous avons vu une petite fille qui en était affectée pour la quatrième fois. Les deux premières fois, nous observâmes nous-même la maladie ; la troisième fois» l’enfant était à Chartres, mais la mère, qui avait vu deux fois les mêmes symptômes, les reconnut à ne pas s’y méprendre ; enfin, la quatrième fois, nous constatâmes de nouveau nous-même la nature de l’éruption.

[V. A. Racle, l’un des annotateurs de ce livre, a eu la rougeole deux fois, et son frère trois fois. ]

Le caractère épidémique de la rougeole est trop connu pour qu’il soit nécessaire d’y insister.

§ III. — Symptômes.

On divise la rougeole en régulière cl irrégulière, maligne et compliquée.

1° Rougeole régulière. — On distingue dans la marche de la rougeole trois périodes : l'invasion, l 'éruption, la desquamation. On peut y joindre l’incubation, qui néanmoins n’est pas, à proprement parler, une période de la maladie, puisqu’il n’existe encore aucun symptôme.

Incubation. — L’incubation a lieu pendant cet espace de temps qui sépare le moment de la contagion de celui où se manifestent les premiers symptômes. La difficulté qu’on éprouve, dans la plupart des cas, à constater le moment de la contagion, fait qu’on n’est pas d’accord sur la durée de l’incubation. Les uns la fixent à six jours (Gaubius), les autres à sept ou quatorze (Home, Vanderbosch), d’autres la font varier de six à sept jours (Willan), de cinq à trente et même à cinquante (Barthez et Rillict). Des médecins ont vu les premiers symptômes se montrer après vingt-quatre heures. Il faut conclure de cela, que l’incubation a une durée trèsvariable dont la moyenne nous échappe encore. Les expérimentateurs qui ont inoculé la maladie l’ont vue apparaître six ou sept jours après l’inoculation; mais c’est là une manière toute particulière d’introduire le virus dans l’économie, et l’on n’en peut pas conclure que les choses se passent de même dans les cas de contagion ordinaire.

Invasion. — Suivant les auteurs, elle peut être précédée, pendant un ou deux jours, de malaise, d’accablement et de céphalalgie; mais ne doit-on pas plutôt voir dans l’apparition de ces symptômes une invasion lente et peu caractérisée?

Dans le plus grand nombre des cas, la maladie commence par des symptômes promptement intenses. Un frisson plus ou moins répété est parfois le signal de l’invasion; mais dans la plupart des cas le frisson n’existe pas. Une chaleur plus ou

(1) Vandieren, Ann. de la Soc. demèd. d'Anvers, et Bulletin gèn. de mèil., septembre 1848.

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