SCARLATINE. ■ — LÉSIONS ANATOMIQUES
La durée totale (le la maladie a des limites beaucoup moins étroites que celles de Ha rougeole; elle varie, en effet, entre 10 et 40 jours. Une durée de 40 et même le 30 jours ne s’observe jpas fréquemment. La longue durée de la maladie est principalement due à la durée de la période de desquamation.
La durée des trois périodes dont se compose la marche de la scarlatine est assez variable. Ainsi la durée de l'invasion est de 12 heures à 4 jours et plus ; le plus souvent elle varie entre 36 et 48, ou 60 heures. La durée de la période d’éruption •est en général plus longue : elle varie de 4 à 6 jours dans le plus grand nombre des cas. Quelquefois on l’a vue beaucoup plus courte, 12 ou 24 heures, et quelquefois aussi beaucoup plus longue, 10, 15 jours, ou même, suivant quelques auteurs, 220, 30 et 40 ; mais ces derniers chiffres sont exceptionnels, et il n’est pas certain ■que, dans quelques cas, il n’v ait pas erreur de diagnostic.
La période de desquamation est la plus variable de toutes sous le rapport de la ddurée. Parfois on la voit terminée en 4 ou 5 jours, et parfois aussi elle dure ‘220 jours et plus. Dans le plus grand nombre des cas, néanmoins, elle ne dépasse ppas 10 ou 12 jours.
La scarlatine à l’état sporadique et régulière se termine rarement par la mort ; iiil n’en est pas de même dans les épidémies, qui sont bien loin, néanmoins, d’être ( également meurtrières. Tantôt, on a observé une mortalité de 1 sur 20r et tantôt dde 1 sur 8 et même de 1 sur 4. La scarlatine irrégulière, et surtout la scarlatine (compliquée et maligne, sont fréquemment mortelles.
[La gravité du pronostic varie singulièrement suivant les époques. Sydenham (considérait la scarlatine comme méritant à peine le nom de maladie. Au contraire on a vu, en d’autres temps, la scarlatine faire d’effrayants ravages. Graves, cité par (Trousseau, rappelle qu’en 1800, 1801, 1803 et 1804 la scarlatine fut très-meurrière en Irlande (1), une semblable épidémie affligea ce pays en 1834 et « couvrit l’Irlande d’un deuil plus grand que ne le fit le typhus quelques années plus tard, t't ([ue ne l’avait fait le choléra en 1832 » (2).]
Comme la rougeole, la scarlatine peut se reproduire plusieurs fois chez le même mjel ; mais c’est là une exception. Lorsqu’elle récidive , ce n’est ordinairement qu’une fois : cependant quelques auteurs (Jahn, Ilcnrici) affirment l’avoir vue jusqu’à sept et même dix-sept fois chez un même sujet.
§ V. — Lésions anatomiques.
I ne putréfaction plus rapide des cadavres, des taches livides, violacées, dans les ooints occupés par l’éruption; l’injection du tissu réticulaire de la peau, la congestion des organes internes, des altérations analogues sur la muqueuse buccale et pharyngienne ; dans les cas de scarlatine hémorrhagique, de petits épanchements Hingnins à la surface des muqueuses et même dans le parenchyme des organes; un gonflement des plaques de Peyer et de Brunner, que quelques médecins ont regardé a tort comme une altération semblable à celle qui caractérise anatomiquement la fièvre typhoïde ; les lésions qui sont dues aux diverses complications ; anasarque : telles sont les lésions qu’on a notées dans cette maladie. On y cher-
(1) Graves, Leçons de clinique médicale , traduit par Jaccoud. Paris, 1863, t. I, p. .'(01.
(2) Trousseau, Clinique médicale de l’ Hôtel-Dieu, 2e édition. Paris, 1866, t. I, p. 91.
FIÈVRES ÉRUPTIVES
chcrait vainement quelque chose qui pût nous éclairer sur la nature de l’affection.
Le sang est loin d’avoir, dans la scarlatine, des caractères physiques constants. Il est épais ou séreux, noirâtre ou clair ; il est fluide ou pris en caillots de coloration et de densité variables : il diffère donc, par ses apparences extérieures, du sang dans la rougeole; et cependant Andral a trouvé dans les deux exanthèmes les mômes caractères chimiques et microscopiques du liquide sanguin, c’est-à-dire, conservation de la moyenne normale de la fibrine (3 parties sur 1000) et augmentation de la proportion ordinaire des globules (127 sur 1000). Chez quatre malades, en effet, il a constaté que le chiffre de la fibrine était de 3, 3 1/2 et h ; et, chez deux autres, celui des globules de 136 et 1Û6.
Il est probable que ces différences trouvées dans l’état du sang tiennent à la présence ou à l’absence de complications inflammatoires.