‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 84 sur 369 · SUETTE MILIAIRE. — SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

SUETTE MILIAIRE. — SYMPTÔMES

1 Barthez, Noël Gueneau de Mussy et Landouzy ont avancé que la maladie a souvent urne invasion brusque.

Invasion. — Que la maladie ait commencé ou non par les symptômes que nous venons d’énoncer, Y invasion réelle de la suetle est le plus souvent marquée par un frisson plus ou moins violent, suivi d’une sueur abondante et de brisement des membres. Dès ce moment la maladie est confirmée.

Symptômes de la maladie confirmée. — Les sueurs constituent un des symptômes des plus importants et lés plus prompts à se montrer. Dans les cas où il n’y a pas de - symptômes précurseurs, elles marquent presque toujours le début, et dans les autres elles suivent, comme nous l’avons dit plus haut, le frisson de très-près.

Les sueurs sont principalement remarquables par leur abondance et par leur continuité. Rayer a insisté avec raison sur ce caractère, et a noté que la sueur . existe dans tous les moments à un degré remarquable, quelle que soit la forme de |;|a maladie. Il faut reconnaître, avec Barthez, N. Gueneau de Mussy, Parrot et lîlobert, que, dans la forme rémittente, il y a une différence notable dans l’abontldance des sueurs pendant les paroxysmes et pendant les intervalles qui les séparent

L 'abondance des sueurs est telle, que les draps, les matelas, en un mot, le lit titout entier peut en être traversé; que, en tordant les draps, on voit parfois la sueur rruisseler, et que, en soulevant les couvertures, on la voit s’élever sous forme d’une 'vapeur dense qui, en se condensant, retombe comme une pluie. Il y a néanmoins (lies degrés très-divers dans l’abondance des sueurs, mais on peut dire cl’une manière .générale qu’elles sont remarquables par leur quantité.

Suivant A. Robert, la sueur est aigre et répand une odeur de vinaigre moisi. Cependant Barthez, N. Gueneau de Mussy et Landouzy, ayant appliqué du papier tde tournesol sur la face des malades, n’ont trouvé ni acidité ni alcalinité prononcée. Rayer et Moreau (1) ont comparé l’odeur de la sueur à celle de la paille pou?'- ■ie ; mais, suivant Menièrc, cette odeur ne se montre que lorsque les malades sont touchés sur des paillasses déjà vieilles et formant la pièce principale du lit. Quant i H. Parrot, il ne compare cette odeur à aucune autre, et se contente de dire pi 'elle est tellement caractéristique, cpi’il est impossible de ne pas la reconnaître 'quand on l’a une fois sentie.

La chaleur de la peau est élevée, et cette élévation de la température est en rapport direct avec l’intensité de la maladie. Cette membrane, étant comme macérée par la sueur, fait, suivant II. Parrot (de Périgueux), éprouver, au toucher, une sensation particulière et indéfinissable, qui, d’après cet auteur, est pathognomonique.

C’est au bout de trois, et bien plus souvent de quatre jours que sc manifeste V éruption qui a valu à la maladie le nom de fièvre miliaire. Robert l’a vue survenir du quatrième au sixième jour, et il n’est pas très-rare de ne la voir apparaître que le septième et même le huitième jour. Cette éruption est précédée d’un scnli- 'incnt de picotement et de fourmillement général auquel elle ne tarde pas à succéder. L’éruption n’est pas un phénomène constant, mais les cas dans lesquels on ne l’a pas observée sont assez rares pour qu’on accorde la plus grande valeur à ce symptôme, d’autant plus que, comme le font très-bien remarquer Barthez, N. Gueneau

(1) Rayer et Moreau, Journal hebdomadaire de médecine , t. VIII.

FIÈVRES ÉRUPTIVES

clc Mussy et Laiulouzy, on a dû, par suite delà tendance qu’on a à rapporter pendant une épidémie la plupart des affections à la maladie régnante, voir parfois une suette miliaire là où elle n’existait pas.

Barthez, N. Guencau de Mussy et Laiulouzy ont décrit les trois variétés de l’éruption désignées sous les noms de miliaire rouge, miliaire vésiculeuse ou bulleuse , miliaire blanche. La miliaire rouge consiste dans de petites taches de 2 à 5 millimètres de diamètre, rouges, légèrement saillantes, donnant de la rudesse à la peau, disparaissant sous la pression, et reparaissant promptement. Les auteurs que nous venons de citer ont vu, au moyen de la loupe, une petite vésicule au sommet de ces taches.

La miliaire vésiculeuse consiste dans des vésicules plus volumineuses, entourées à leur hase d’une auréole rouge renfermant un liquide transparent (pii, au bout de quelque temps, prend un aspect puriforme, ce qui a fait donnera cette variété le nom de vésiculo-pustuleuse. Lorsque la sérosité s’accumule en plus grande abondance sous l’épiderme, il en résulte des bulles ou des pldyctènes; c’est alors la miliaire bulleuse ou phlycténo'ide.

Miliaire blanche. — On a donné ce nom à des vésicules entièrement semblables aux sudamina qu’on trouve dans plusieurs maladies, et particulièrement dans la fièvre typhoïde.

Ces diverses espèces d’éruptions se montrent souvent réunies sur le môme sujet, ou du moins on les voit apparaître successivement. Celle qui se rencontre le plus rarement est la forme huileuse ou phlycténoïde.

L’éruption peut se prolonger pendant deux ou trois septénaires; les vésicules se renouvellent; les unes se dessèchent, et d’autres apparaissent, jusqu’à ce que les symptômes généraux se dissipent, ou qu’il survienne, au contraire, un état grave, et annonçant la mort, pendant lequel l’éruption pâlit et se flétrit.

Il arrive quelquefois, lorsque l’éruption a été uniquement constituée par des papules rouges, que la miliaire ne laisse après elle aucune desquamation ; mais le plus souvent on observe une desquamation marquée, tantôt d’apparence furfuracée, et tantôt formée par des lambeaux épidermiques d’une assez grande étendue, comme dans la scarlatine. On a vu la langue, bien qu’on n’y ait pas pu découvrir de vésicules, se dépouiller de son épiderme par une desquamation semblable à celle du reste du corps, et rester d’un rouge vif comme lorsque le muguet s’est détaché.

Quand il n’y a eu qu’une miliaire rouge, ou ne doit pas admettre trop promptement l’absence de la desquamation. Barthez, Noël Guencau de Mussy et Landouzy l’ont en effet observée dans quelques cas, huit ou dix jours après la disparition de tous les autres symptômes.

Le siège de prédilection de l’éruption est la partie antérieure de la poitrine, l’abdomen et la région dorsale ; viennent ensuite les membres supérieurs, puis les inférieurs, et enfin la face et le cuir chevelu. Il est rare qu’on la rencontre sur les pieds. Rayer, Barthez, Noël Guencau de Mussy et Landouzy l’ont vue jusque sur le voile du palais, mais jamais sur la langue.

Parfois l’éruption se fait très-rapidement sur la surface du corps ; elle est ordinairement alors confluente ; parfois elle se montre successivement et lentement sur les points précédemment mentionnés ; elle peut être alors discrète, et parfois aussi

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