MILIAIRE
■•Ile veste circonscrite dans une partie limitée du corps, 1 abdomen pat exemple.
Le prurit , les fourmillements signalés plus haut, se continuent pendant l’éruption; quelquefois il y a des picotements vifs ; quelquefois aussi des douleurs assez violentes à la surface du corps. Ces symptômes sont, en général, en rapport direct
avec l’abondance et la rapidité de l’éruption.
Pendant que ces phénomènes se produisent, il y a une céphalalgie plus ou moins violente, ordinairement frontale, durant pendant tout le cours de la maladie, augmentant au moment de l’éruption, et quelquefois acquérant alors une violence extrême. Dans plusieurs épidémies, cotte céphalalgie a été constante ; mais dans , quelques-unes, et notamment dans celle qu’ont observée Barthez, Gucneau et I Landouzy, ce symptôme a manqué dans un certain nombre de cas et n’a eu qu’une durée limitée dans d’autres. .T. Bourgeois (d’Étampes) (l) a observé maintes fois des
• douleurs névralgiques de la tète.
Il y a en outre de Y agitation, de l’inquiétude, de l'abattement, de l’insomnie ; parfois même du délire , des spasmes, des convulsions, et ces symptômes ont une intensité très-variable, suivant les cas. En général, la faiblesse est grande, et l’on observe des douleurs dans les articulations et un sentiment de brisement des mem- I bres. Barthez, N. Gueneau de IVIossy et Landouzy ont observé chez plusieurs malades des épistaxis assez abondantes, et chez quelques-uns on a eu de la peine à . arrêter l’hémorrhagie.
l)u côté des voies digestives, on note une soif rarement très-vive, la perle de I l’appétit, un état saburral des premières voies. Parfois quelques nausées et des voimissements, et surtout une constriction douloureuse de l’épigastre qui a frappé t tous les observateurs. Comme les symptômes précédents, celle douleur épigastrii que peut exister dès le début de la maladie; mais comme eux aussi, et plus encore, i elle augmente notablement au moment de l’éruption et pendant sa durée. Chez L certains sujets, celte douleur épigastrique est atroce; elle dure deux ou trois heures, puis se dissipe en plus ou moins grande partie, pour reparaître plus tard,
• et ainsi de suite. Chez quelques malades, c’est un sentiment d’angoisse très-pénible, auquel succèdent parfois de véritables lipothymies. Le sang résultant des saignées n’est jamais couenneux, suivant l’observation de H. Parrot; il offre un caillot
I large et peu consistant, et une grande quantité de sérum.
Chez un petit nombre de sujets, Rayer a observé un flux dysentérique; mais les cas de ce genre sont rares. Des aphthes et des productions pseudo-membraneuses ' se manifestent dans un assez grand nombre de cas.
Bien qu’il n’y ait presque jamais, dans les organes respiratoires, de lésion ap~ I préciablc par la percussion et l’auscultation, les malades présentent de l’oppression, une respiration fréquente et pénible, et parfois même des menaces de suffocation.
' Un a attribué ces symptômes à une altération de l’influx nerveux. Dans quelques i cas rares, on a trouvé les signes d’une bronchite peu intense.
Les urines, transparentes pendant le cours de la maladie, deviennent troubles et
• sédimenteuses à la fin de l’éruption, lorsque la maladie se termine heureusement. A. Robert a constamment observé ce symptôme.
On a remarqué qu’un très-grand nombre de femmes, atteintes de la suette mi-
(1) Bourgeois (d’Etampes), /oc. cit.
Valleix, 5e édit.
FIÈVRES ÉRUPTIVES
liaire, avaient leurs menstrues pendant la maladie; on eu a conclu que cette affection provoque et avance ['éruption menstruelle. Il est difficile de se prononcer sur ce point; cette particularité a été signalée dans plusieurs épidémies. Parrot a observé plusieurs avortements dans le cours de l'affection.
Le pouls est accéléré, et en général développé pendant l’éruption. Lorsque la maladie devient très-grave, il est souvent faible, petit, serré, irrégulier. Dans les cas très-intenses, les battements du cœur sont violents et tumultueux.
Dans un certain nombre de cas, ils sont légers, quoique nombreux; la maladie suit sou cours sans perturbation, l’éruption *se fait bien, et la terminaison favorable a lieu au bout de huit à quinze jours : c’est la mette miliaire bénigne. Dans d’autres cas, la maladie parcourt également bien ses périodes; mais l’agitation, les douleurs, la constriction épigastrique, etc., en un mot les principaux symptômes offrent un grande intensité; la maladie a une plus longue durée; la convalescence est pénible, et parfois les malades succombent, ordinairement par suite d’une complication : c’est la suette miliaire intense. Dans quelques cas enfin, le début est brusque, les symptômes nerveux sont extrêmement violents, la fièvre est des plus intenses, et la sueur d’une abondance excessive. Les malades sont alors rapidement emportés; le plus souvent il n’y a pas d’éruption, et c’est dans ces cas surtout qu’on observe le délire , parfois furieux, les lemblements spasmodiques, les soubresauts des tendons, etc. , phénomènes qui annoncent la terminaison fatale : c’est la suette moliqne ou foudroyante.
g IV. — Marche, durée, terminaison.
Il résulte de ce que nous avons dit que la maladie, lorsqu’elle est simple et continue, peut se diviser en quatre périodes distinctes : 1 0 période prodromique, 2° période sudorale, 3° période éruptive, k° période de desquamation. Une ou plusieurs de ces périodes peuvent manquer sans que la maladie cesse d’être caractérisée; il est probable qu’on a beaucoup exagéré ce fait. Barthez, Noël Gueneau et Landouzy, qui ont fixé leur attention sur ce point, n’ont pas vu un seul cas dans, lequel l’éruption ait manqué; mais on Leur a dit qu’il en avait été ainsi. N’aurait-on. pas bien des fois laissé passer inaperçue une éruption légère ? Les cas dans lesquels les sueurs ont manqué sont beaucoup plus rares encore, et en outre, comme d’une part, elles viennent avant 1 éruption , et, de l'autre, qu’elles peuvent se supprimer lorsque celle-ci paraît, il ne serait pas impossible que bien des fois on eût cru à tort à leur absence.
Nous avons parlé de la forme continue de la suette miliaire; mais même dans cette forme continue, on voit souvent des paroxysmes assez marqués, avec un redoublement de sueur pendant leur cours.
Forme rémittente. — On sait quels sont les caractères d’une fièvre rémittente,, et la rémittence de la suette miliaire est souvent marquée par des signes très-légers qui pourraient échapper à l’examen, s’ils n’étaient particulièrement indiqués.
La lièvre miliaire rémittente est le plus souvent sporadique; elle a ordinairement une invasion brusque; quelquefois il y a un frisson périodique ou un refroidissement partiel, suivi de chaleur ou de sueur, mais souvent aussi 1 accès est irrégulier, n’est caractérisé que par une augmentation de mouvement fébrile, ou simplement par du malaise, un peu d’abattement, une légère accélération du pouls, et même