‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 88 sur 369 · AA · texte numérisé non relu

AA

l’apyrexie pour administrer le spécifique, et, en attendant, on se bornera aux moyens suivants.

Traitement de l'accès. — On a proposé de hâter par divers moyens l’évolution de l’accès. Favoriser la chaleur et la sueur en élevant la température, en donnant des excitants diffusibles et des boissons chaudes, voilà à quoi se réduit cette médication dont l’action n’est pas très-évidente (1). Selon Lind (2), une dose médiocre d 'opium est utile pour calmer la violence et pour abréger la durée de l’accès; mais en général, on se contente de donner une boisson tiède et émolliente, et de tenir les malades à une bonne température, au lit et dans un lieu tranquille. Tout autre moyen est inutile et pourrait être dangereux.

Traitement curatif. — Le moyen curatif par excellence est le sulfate de quinine; mais, avant d’en parler, nous mentionnerons les douches froides , vantées, dans ces derniers temps, par Fleury (3).

Douches froides. — Suivant ce médecin, les douches froides auraient une efficacité au moins égale au sulfate de quinine dans le traitement de la fièvre intermittente simple et récente, et supérieure dans le traitement de la fièvre ancienne et rebelle. Nous ne croyons pas qu’on puisse attribuer à ce moyen cette supériorité, car les succès non moins remarquables du sulfate de quinine sont innombrables.

Administration du sulfate de quinine et du quinquina. — On donne ce sel dans une potion, en pilules, en poudre dans le pain à chanter, dans du café pour en masquer l’amertume, à la dose de AO, 60, 90 centigrammes ou 1 gramme. Cette dernière dose peut être donnée les deux ou trois premiers jours au moins, chez un adulte fort et vigoureux. Dans d’autres conditions d’âge et de force, on débute par de plus faibles doses.

Dès le quatrième ou le cinquième jour, lorsque la fièvre est bien coupée, on peut diminuer successivement la dose du sulfate de quinine, mais en ayant soin de continuer l’administration du médicament pendant douze ou quinze jours, afin de prévenir les récidives.

Quelques médecins, parmi lesquels il fauL compter Sydenbam, ont conseillé, la fièvre étant coupée, de donner la dose primitive du fébrifuge (et ce que cet auteur disait du quinquina s’applique naturellement au sulfate de quinine) à des intervalles de plus en plus éloignés, en saisissant le jour qui aurait été apyrétique si la fièvre eût continué.

On n’a pas des idées bien précises sur l’efficacité relative de ces différents modes d’administration du sulfate de quinine; une fièvre coupée a une grande tendance à se reproduire si l’on suspend trop tôt le fébrifuge. [ 11 est donc bon de le continuer pendant un certain temps, car il ne suffit pas de guérir la fièvre, mais encore la prédisposition. Dupré (de Montpellier) fait prendre le quinquina le huitième jour, après la dernière prise il y revient deux ou trois fois, quel que soit le type de la fièvre. Trousseau (A) suit à peu près la même méthode. Il fait prendre 1 gramme de sulfate de quinine en une ou deux doses, dans un intervalle de une ou deux

(1) Voy. Wilson Philips, Fièvres intermittentes. Paris, 1819.

(2) Lind, Essai sur les maladies des Européens dans les pays chauds. Paris, 1785.

(3) Fleury, Des douches froides appliquées au traitem. de la fièvre intermitt. ( Arch . gén. leméd., 41 2 3 4' série, 1848, t. XVI, p. 289^.

(4) Trousseau, Clinique médicale de l’Hâtel-Dieu, 2° édition, 1865, t. III, p. h 44.

FIÈVRE INTERMITTENTE SIMPLE. — TRAITEMENT

liheures. Le malade se repose un jour; le lendemain, même dose; puis il laisse trois jours d’intervalle; quatre, cinq, six, sept, enfin huit; et pendant un mois ou deux (■encore, il revient tous les huit jours à la même médication, en ne diminuant jamais la dose. Le médicament doit toujours être donné au moment des repas. fHaspel n’abandonne le fébrifuge que douze à quinze jours après la disparition des accès dans les fièvres printanières, mais administré à intervalles plus ou moins éloignés. Pour les fièvres tierces et quartes, il persiste pendant un mois. ]

Récemment Pfeufer (1) a cité 3/i cas dans lesquels il a réussi à couper la fièvre en donnant une seule dose de 0er,50 de quinine en une fois peu de temps avant f accès. Dans les deux tiers des cas, il y a eu, après l’administration du médicament, nui second accès moins fort que les précédents; mais ensuite la fièvre n’a pas reparu. 'Si cette méthode était réellement aussi efficace que le dit cet auteur, ce serait un igrand avantage, surtout dans les campagnes, où le haut prix de la quinine cml pêche d’en donner des doses suffisantes ; mais il faut encore bien des faits avant de sse prononcer.

Il est de règle de commencer l’administration du sulfate de quinine dès que (commence l’apyrexie, c’est-à-dire à l’époque la plus éloignée du moment où doit aavoir lieu l’accès, et de faire en sorte que toute la dose soit prise quelques heures aavant ce moment. Ce sel, quand on l’administre à doses fractionnées comme à l’or- (Idinaire, a besoin de quelque temps pour agir; il n’est pas rare de voir l’accès revenir une ou deux fois, plus ou moins retardé et plus ou moins affaibli, après l’administration du médicament.

Les médecins ([ui regardent la fièvre comme étant sous la dépendance de l’engorgement de la rate, conseillent de continuer le sulfate de quinine à dose élevée [pendant tout le temps cpic le volume de la rate dépasse ses limites naturelles; et si i cet engorgement est ancien et se dissipe difficilement, ils donnent le sel à dose ('(levée. Bally administrait jusqu’à 2, 3 grammes de sulfate de quinine, et plus encore. ILes essais que nous avons tentés nous ont convaincu que ces grandes doses de sulfate i dequinine sont inut iles. La rate, une fois la fièvre bien coupée, diminue de jour en jour et reprend son état normal, alors même qu’on abaisse le sulfate de quinine à bO ou à 50 centigrammes.

Psonat a cité des faits qui tendent à démontrer que quelques applications de sangsues ou de ventouses scarifiées sur la région splénique hâtent le retour de la rate a ses limites normales, alors même qu’on réduit le sulfate de quinine à de faillies doses (20 ou 30 centigrammes). A propos du mémoire que nous avons cité page 235, nous avons dit nous-même que la rate, qui restait stationnaire pendant deux ou trois jours après la cessation de la fièvre, bien que le sulfate de quinine (continuât à être administré à dose assez élevée, diminuait rapidement sous l’in- I fluence des sangsues; mais nous avons vu depuis que nous nous étions un peu trop I pressé, et, dans d’autres cas, ayant attendu un ou deux jours de plus, nous avons mi l’organe tuméfié diminuer avec rapidité, bien que nous ne fissions pas appli- ■ quer de sangsues, et que nous eussions réduit à 50 centigrammes le sulfate de < quinine.

Si l’on en croit Piorry (2), l’action du sulfate de quinine est si prompte, qu’un

(1) Pfeufer, K eue medicinische Zeitung.

(2) Piorry, Traité de médecine pratique. Paris, 1845, l. VI, Splénopathies.

FIÈVRES INTERMITTENTES

gramme de cette substance, administré dans une potion suffisamment acidulée pour transformer le sel en bisulfate, suffit pour faire diminuer la rate d’une quantité notable au bout de quarante ou cinquante secondes. Les expériences que nous avons tentées (1) nous ont montré que cette assertion est erronée. Nous avons vu constamment, la fièvre étant complètement coupée, la rate conserver son volume pendant deux, trois et quatre jours, bien que la dose de sulfate de quinine fût de 1 à 2 grammes pris en une seule fois le premier jour, et par doses fractionnées les • jours suivants. Gouraud (2) a expliqué l’illusion de Piorry parmi développement considérable de gaz dans l’estomac, dont le grand cul-de-sac vient, par sa sonorité, masquer la matité de la rate. Dans les cas que nous avions cités lorsque parut notre mémoire (1848) nous n’avions pas observé cet effet; mais plus tard, chez un sujet affecté de fièvre tierce avec un développement considérable de la rate, nous le vîmes se produire de la manière la plus évidente. Au bout d’une demi-minute, la matité de la rate parut diminuer, mais par sa limite interne seulement; puis cette diminution apparente fil des progrès tels, que la moitié interne de la matité avait disparu pour faire place à un son très-clair, tandis que la moitié externe persistait. Et ici on ne pouvait pas se méprendre sur la cause, car la matité avait conservé son étendue suivant le diamètre longitudinal, tandis qu’elle avait diminué de moitié suivant le diamètre transversal ; quand il s’agit de la diminution de l’organe lui-même, cette diminution est concentrique. De plus, le malade ayant été examiné deux heures plus tard, le volume anormal de la rate donnait lieu à la matité primitive, parce que la distension de l’estomac avait cessé. Enfin, pour qu’il ne manquât rien à l’expérience, la même épreuve fut faite le lendemain avec un verre de tisane froide, et les choses se passèrent absolument comme avec le sulfate de quinine.

Chez les enfants, il est difficile de faire accepter le sulfate de quinine, quelque précaution qu’on prenne pour cela. On peut le leur prescrire dans du café, comme le conseille R. De Wouves, mais l’infusion de café est très-excitante à cet âge. Cependant, en l’administrant comme le recommande Ebrard, il n’a pas d’inconvénient. Ce médecin délaye de 10 à 15 centigrammes de sulfate de quinine dans quelques gouttes d’infusion de café torréfié, puis il ajoute 30 grammes d’une infusion quelconque, il sucre le mélange, et ajoute même un peu de lait. Les enfants prennent cette boisson sans répugnance.

Petzold (3) donne aux très-jeunes enfants le mélange suivant :

If Miel 45 grammes. Mixture d’acide sulfurique 4 gram.

Sulfate de quinine ... 75 centigram.

Mêlez. Dose : une cuillerée à café toutes les heures ou toutes les deux heures.

Un moyen plus simple est de faire faire de petites pilules de quinine brute qu’on leur fait prendre dans un pruneau, dans le potage, dans de la bouillie épaisse, etc. La quinine brute ayant moins d’action que le sel, il faut en donner une dose un peu plus élevée (20 ou 25 centigrammes pour un enfant de trois ou quatre ans, et élever ensuite la dose suivant l’âge).

(1) Valleix, Mémoire cité ( Union méd., 1847).

(2) Gouraud, Journal des connaiss. méd.-chir.

(3) Petzold, De la fièvre intermittente chez les enfants nouveau-nés ( Journ . für Kinderkranltheiten , décembre 1845).

FIÈVRE INTERMITTENTE SIMPLE. — TRAITEMENT

Avant qu’on eût découvert le sulfate de quinine, on obtenait les même résultats avec le quinquina. Or, il se pourrait qu’on n’eût à sa disposition que celte dermièrc substance; on administrerait alors le quinquina sous forme d 'extrait, à la [dose de 6, 8, 12, 16 grammes, soit en bols, soit dans du pain à chanter, soit dans une potion. Le quinquina jaune en poudre doit être prescrit à dose plus élevée (de

à 20 grammes, et plus par jour, en deux ou trois fois). [Ce moyen est moins i dispendieux. On peut le prendre soit en opiat, soit dans du pain azyme, dans une tasse de café ou dans du riz, dans une infusion aromatique. ]

Le sulfate de quinine est un sel irritant. Lorsque l’estomac est enflammé ou trèssusceptible, il y a des inconvénients à l’administrer par la bouche. On peut alors le tidonner en lavements, en ayant soin d’y joindre 10 à 12 gouttes de laudanum, pour qrpie le liquide puisse être conservé. [Quand on le prescrit en lavement, il faudra Je rrendre soluble par l’addition de deux ou trois gouttes d’acide sulfurique alcoolisé mu d’eau de Rabel; c’est une condition indispensable. Ce lavement doit toujours èètre précédé d’un demi-lavement simple dont l’elfct est de débarrasser l’intestin et die rendre plus facile l’absorption de la quinine.

Sulfate de cinchonine. — Bouchardat, Delondre, Girault, assurent que ce sel pjeut marcher de pair avec le sulfate de quinine. Moutard-Martin (1) l’a trouvé imoins actif que le sulfate de quinine, plus toxique, mais il a l’avantage de ne déterminer ni troubles, ni bourdonnements d’oreilles. Les doses et le mode d’admiuisiration sont les mêmes que pour le sulfate de quinine.]

Lorsque l’irritation de l’estomac est peu considérable, on peut encore donner le «médicament par la bouche, mais en l’associant à Y opium; ou bien on peut recourir mu quinquina, qui est moins irritant que le sulfate de quinine.

11 peut arriver aussi que l’intestin soit enflammé; .en pareil cas, on a eu recours à la méthode ender inique. En appliquant le sulfate de quinine sur la peau dénudée, on peut arrêter la fièvre, mais ce sel a l’inconvénient de causer de vives douleurs, et, ce qui est beaucoup plus grave, de produire des eschares.

Les frictions avec une pommade chargée de sulfate de quinine sont un moyen r.rès-infidèle. On est souvent obligé d’y recourir chez les enfants, c’est ce qu’a fait 'en particulier Ebrard. Nous en avons obtenu de bons effets. On mêle le sulfate de iqtunine à l’axonge, dans la proportion de 1, 2, 3 grammes et plus pour 30 grammes. Les frictions se font dans les aisselles, aux aines, sur l’abdomen.

7 annote de quinine. — Barreswil (2) a présenté à l’Académie de médecine un nouveau sel de quinine, le tannate, dont l’action paraît, d’après les rapports de la commission, être identique avec celle du sulfate, et qid n’a pas l’amertume dece Idernicr sel. Il s’administre aux mêmes doses et de la même manière.

On a cherché dans d’autres substances des succédanés du quinquina et du suliate de quinine; mais presque tous ces moyens, un moment vantés, sont aujourd’hui tombés dans l’oubli : ce sont la salicine, V olivier, le fer, le mercure, Y opium, lalun, le phosphore, la poudre de houx, le sulfate de bébéerine, etc. [Delioux isignale le café comme un des bons succédanés du quinquina. II considère le café orréfié comme moins actif que la graine dans son état naturel, et il l’emploie de leux manières :

(1) Moutard-Martin, Mém. de F Acad. de méd. Paris, 1860, t. XXIV, p 447.

(2) Barreswil, Bulletin de l’ Acad, de méd. Paris, 1852, t. XVII, p. 415.

FIÈVRES INTERMITTENTES

« A. En décoction concentrée : on prend 30 à 00 grammes de café que l’on fai1 2 bouillir dans 500 grammes d’eau, jusqu’à réduction du tiers ou même des deux tiers du liquide.

» B. En décoction étendue, ou tisane : 30 grammes de graine suffisent d’ordinaire pour 1000 grammes d’eau, dont l’ébullition enlève 100, au plus 200 grammes.

» Pour ces deux préparations il faut concasser la graine, afin que l’eau en sépare plus facilement toutes les parties solubles, et après avoir laissé bouillir tout le temps qu’on juge nécessaire, passer la décoction à travers un linge. On édulcore et l’on obtient ainsi une boisson qui n’a rien de déplaisant au goût.

» La décoction concentrée se donne dans l’apyrexie, peu d’heures avant l’accès à venir... »

Le café soutient l’action du quinquina. Quant au café non torréfié, il n’excite pas le système nerveux et ne provoque pas l’insomnie comme le café noir.]

[ Le chloroforme a pu enrayer des fièvres qui avaient résisté à l’action du quinquina, soit que l’économie soit réfractaire à ce médicament , ou bien qu’elle s’v soit accoutumée. Cependant c’est un agent peu sûr. Delioux l’a fait prendre sous forme de sirop, contenant 0Sr,50 de chloroforme par 10 grammes d’excipient, il administre 20 à 60 grammes de sirop de chloroforme dans une potion gommeuse, que l’on prend en plusieurs fois pendant l’apyrexie.

Vapiol, principe immédiat du persil, a été préconisé par Joretct Homalledans le traitement de la fièvre intermittente, à la dose de 0s1', 25 à 1 gramme : l’apiol a pu guérir des fièvres intermittentes rebelles au quinquina.]

Gendron (1) a préconisé, dans ces derniers temps, Valkékenge en poudre {Physalis alkekengi , Solarium visicarium ). Cette substance se donne à dose variable suivant les cas. On peut en prescrire de M\ 18 grammes dans un demi-verre d’eau. Les faits rapportés par Gendron doivent engager à essayer ce médicament, surtout dans les campagnes, où il serait si avantageux d’avoir un succédané peu dispendieux de la quinine.

U arsenic mérite une mention particulière. On l’avait déjà administré à la dose 1 de 1/30° ou 1 /1 6e de grain, et quelques auteurs avaient vanté ses bons effets, j lorsque Boudin (2) eut occasion d’essayer cette substance sur une grande échelle, j chez les militaires qui avaient contracté la fièvre intermittente.

Or il a conclu des faits qu’il a observés, qu’il est un certain nombre de cas dans : lesquels le sulfate de quinine n’ayant pas d’action, l’acide arsénieux a guéri la fièvre; qu’il en est un nombre notablement moins considérable où, l’arsenic restant sans effet, le sulfate de quinine a procuré la guérison; enfin que, dans les cas • où l’un et l’autre médicament ont eu un bon effet, l’acide arsénieux agit plus promptement et plus sûrement. Ces expériences, comme on le voit, sont toutes à l’avantage de l’arsenic; malheureusement elles n’ont pas été suffisamment répétées. Ayant eu, dans plusieurs cas, recours à l’acide arsénieux, nous avons vu les accès continuer pendant huit ou dix jours, tandis que la première dose de sulfate de qui-

(1) Gendron, De l’alkèkenge ou coqueret des vignes ( Journ . des conn. méd.-chir ., janvier 1851).

(2) J. Ch. M. Boudin, Traité des fièvres intermitt., etc. Paris, 1842. — H. Bailly, Études ■sur l'emploi thérop. des préparations arsenicales, thèse. Paris, 1850.

FIÈVRE INTERMITTENTE SIMPLE. — TRAITEMENT. 269

îiiine les faisait cesser. Sommes-nous tombé sur quelques-uns des cas particuliers mentionnés par Boudin, et dans lesquels l’arsenic se montre inefficace? C’est ce ijuenous ne saurions dire. Voici comment Boudin procède.

Première formule. — Poudre minérale fébrifuge.

If Acide arsénieux 0gr,01 (l/5e de grain).

Ajoutez successivement et par petites portions :

Sucre de lait pulvérisé 1 gram. (20 grains).

Triturez dans un mortier de verre, assez longtemps (au moins dix minutes) pour que le mélange soit intime.

Divisez en vingt paquets. Chaque paquet représente un demi-milligramme ou un centième de xrain d’acide arsénieux.

Dose : un paquet délayé dans une cuillerée d’eau cinq ou six heures avant le moment présumé lee l’accès.

Deuxième formule. — Pilules minérales fébrifuges.

"if Arséniate de soude 0gr,01 (1 /5e de grain).

Dissolvez dans :

Eau distillée q. s.

Saturez avec :

Amidon pulvérisé q. s.

Pour vingt pilules. Dose : une ou deux dans les vingt-quatre heures.

Troisième formule. — Lavement minéral fébrifuge.

"if Arséniate de potasse Eau distillée

0gr,01 (i/5c de grain).

1000 gram. (1 litre).

Divisez en dix parties. Chaque partie servira pour un lavement.

Boudin, qui primitivement ne dépassait jamais la dose de 1 à 2 centigrammes de œ médicament, la porte maintenant jusqu’à k et 6 centigrammes, et il emploie en même temps un traitement analeptique.

11 est des cas ou l’arsenic a pu guérir des fièvres intermittentes rebelles au sulfate de quinine. Dufour, de Lyon (1), d’après les expériences faites par Teissier, idodet, et par lui-même, conclut que l’arsenic est préférable dans les fièvres à type juarte, ainsi que dans les cas d’irritation des voies digestives, ou de saturation par a quinine.

On doit se ranger à l’opinion de Girbal (2), qui s’exprime ainsi qu’il suit dans es principales conclusions de son travail :

1° L’acide arsénieux a une propriété fébrifuge réelle dans les fièvres intermittentes par intoxication paludéenne profonde.

2° Il réussit plus dans les fièvres tierces que dans les quartes elles quotidiennes. 3° Il n’exerce pas d’action spéciale sur l’engorgement splénique ni sur l’état «général.

(1) Dufour, Des indications qui doivent faire préférer l’arsenic ou le quinquina dans les /lèvres intermit t. (Revue méd.-chir., etJourn. desconn. méd.-chir., 1er mars 1851).

(2) Girbal, séance del’Académie des sciences du 3 mai 1852 ( Union médicale, 6 mai 1852).

FIÈVRES INTERMITTENTES

1A° La médication arsenicale a une action moins prompte et moins sûre cpie 1» médication quinique.

16° Elle doit être bannie du traitement des accès pernicieux.

Hydro-ferrocyanate de potasse et d'urée.- — Baud, de Bourganeuf (1), a fait connaître un nouveau moyen de traitement qui, selon lui, serait supérieur au traitement par le sulfate de quinine. Il consiste dans l’emploi de Y hydro-ferrocyanate de potasse et d’urée administré de la manière suivante :

On fait avec cette substance des pilules de 15 centigrammes chacune, que l’on couvre d’une enveloppe de sucre pour en masquer l’amertume. Si l’on est appelé au moment de l’accès, on administre dix, quinze ou vingt pilules à prendre par cinq, dans une cuillerée de tisane ou d’eau, de demi-heure en demi-heure. Si le malade est actuellement apyrétique, on lui prescrit dix, quinze ou vingt pilules à prendre en partie une heure avant l’accès et en partie pendant la première heure de l’accès lui-même. Enfin s’il s’agit d’accès pernicieux ou d’accès qui ne laissent pas entre eux d’intervalle apyrétique, il faut augmenter considérablement la dose des pilules, qu’on donne à des intervalles rapprochés, et dont on continue l’emploi pendant plusieurs jours.

Baud sc fonde sur 160 observations recueillies dans sa pratique et dans celle de plusieurs autres médecins. Mais l’expérience n’a pas confirmé les résultats promis.

Sel marin. — Thomas, de la Nouvelle-Orléans (2), a employé avec succès le chlorure de sodium contre la fièvre intermittente, qui a résisté au sulfate de quinine. II administrait le chlorure de sodium h la dose de 2 gros (8 grammes) par jour dans un peu d’eau sucrée ou de tisane, 1 gros le matin à jeun, 1 gros trois heures après le déjeuner. [Nous préférons le café à l’eau comme excipient.] Il le continuait ordinairement pendant trois jours, si (ce qui a lieu habituellement dans la fièvre quotidienne ou tierce) l’accès était coupé dès le premier ou le deuxième jour. Quand la fièvre persistait plus longtemps, il conseillait d’en prolonger davantage l’usage. Une ou plusieurs semaines sont quelquefois nécessaires dans les fièvres quartes. Les doses peuvent être augmentées sans inconvénient ; il est même indispensable de le faire dans certains cas. Mais, en général, la dose qui vient d’être indiquée lui paraissait suffisante, bien que quelques médecins de la localité aient jugé convenable de l’élever davantage. Buys, de Bruges (3), adonné ce médicament à quarante-huit fiévreux : près des deux tiers présentaient le type quotidien ; une dizaine le type tierce, et trois le type quarte. Tous, à l’exception de ceux atteints de ce dernier type, ont guéri dans l’espace de deux ou trois jours, par l’administration de 30 à U5 grammes de sel commun dans 180 grammes d’eau administrés dans les î vingt-quatre heures. [Employé dans un grand nombre d’hôpitaux militaires contre des fièvres intermittentes, le sel marin a dû être abandonné (Michel Lévy) (ô).]

Hydrochlorate d' ammoniaque. • — Aran (5) a employé le sel ammoniac déjà mis en usage par Mays; il a traité par ce médicament 13 cas de fièvre, se décomposant ainsi : 5 tierces, 7 quotidiennes et 1 irrégulière. Sur les 13 malades, 7 ont

(1) Baud, Nouveau mode de traitement des malad. périod. et autres affections intermit- • tentes. Paris, 1850.

(2) Thomas, Gazette des hôpitaux, mai 1847.

(3) Buys, Ann. de la Flandre occidentale, et Journ. des conn. méd.-clnr., 15 août 1855.

(4) M. Lévy, Bulletin de l’Académie impériale de médecine, 1852, t. XVII, p. 425.

(5) Aran, Bulletin gén. de thérap., 30 octobre 1851.

... ‘Ll Sa acai — • t*

FIÈVRE INTERMITTENTE SIMPLE. — TRAITEMENT

oéri immédiatement (l’accès n’est pas revenu) ; 4 ont été guéris au deuxième cès ; 2 ont continué, l’un jusqu’au huitième , l’autre jusqu’au quatrième :cès.

(Ce médecin prescrit la potion suivante :

Chlorhydrate d’ammoniaque.. . 8 gram.

Eau distillée de menthe 50 gram.

Eau distillée de fleur d’oranger. 50 gram.

iA prendre en deux fois, le plus loin possible de l’accès, et faire suivre chaque prise d’une -se de café pur sucré; continuer le traitement pendant quelques jours.

i Chevreuse (1) cite une observation dans laquelle le sulfate de quinine, employé lis toutes les formes, échoua. Ce médecin eut recours alors au jus de feuille de un tain (Plantago major), à la dose d’un demi-verre avant chaque accès, et titint ainsi une prompte guérison. Depuis, dit-il, il a employé ce moyen dans toquante cas, et le jus de plantain a réussi à couper des accès qui avaient résisté : sulfate de quinine.

I Ventouses sèches. — Les ventouses sèches doivent être appliquées au nombre de i: à vingt le long de la colonne vertébrale et principalement à la nuque, au moment 1 l’invasion de l’accès.

ÉÉlie Bellencontre (2) a proposé contre la fièvre intermittente des frictions avec mile de térébenthine et le laudanum de Rousseau , dans la proportion suivante :

-2f Huile essent. de térébenthine . 125 gr. ! Laudanum de Rousseau . : A gram.

'Mêlez. Pour frictions matin et soir, pendant l’apyrexie, sur la colonne vertébrale. La dose de deux cuillerées pour chaque friction ; elle est toutefois subordonnée à l’âge et à la institution du sujet.

'Maillier (3), qui depuis 1846 a employé cette méthode, en a obtenu un succès nnstant. Il importe donc de l’expérimenter de nouveau.

iTraitement de la cachexie intermittente. — Séjour dans un lieu sec , vêtements lii tiennent le corps à l’abri du froid et de l’humidité, régime fortifiant, amers , si toniques et surtout les ferrugineux. [L 'anémie sera traitée par les ferrugineux, ht les toniques, les amers, le x in de gentiane; on tonifiera l’organisme avec une mentation réparatrice consistant en viandes noires et en vin vieux. C’est dans ^s circonstances surtout que l’hydrothérapie peut faire des merveilles. Quclquc- - s il faudra y joindre le séjour h la campagne, le retour au pays natal, l’usage des ux ferrugineuses d’Orezza, de Bussang, de Spa, de Cransac.

L 'hydropisie demande à peu près le même traitement ; quelquefois on pourra venir a la quinine, si le malade n’en est pas saturé. Les purgations au calomel ut ici fort bien indiquées; on pourra y joindre quelques vésicatoires volants sur bdomenet l’usage des diurétiques (oxymel scillitique) et des sudorifiques, à moins i ic la faiblesse ne soit trop considérable.]

1 Contre l œdème consécutif , les mêmes moyens, et en outre des frictions sèches 1 l aromatiques, des fumigations aromatiques; de légers laxatifs s’il y a constipation. Il résulte des observations de Forget, de Strasbourg (4), que le quinquina ,

(1) Lhevreuse, Revue méd.-clnr ., et Journ. des conn. méd.-chir. , 1er mars 1851.

(2) Bellencontre, Journ. des conn. méd.-clnr., juillet 1846.

(3) Maillier, Journ. des conn. méd.-chir., novembre 1849.

(4) Forget, Bulletin gèn. de thérap., août 1848.

FIÈVRES INTERMITTENTES

à lu dose de h grammes d’extrait mou dans une potion, est plus efficace contre l’anasarque qui succède aux fièvres intermittentes que le sulfate de quinine luimême ; dans ses observations, le quinquina a été donné après le sulfate de quinine et à une époque où la maladie pouvait avoir de la tendance à se dissiper d’ellemême. Il faudrait, pour nous fixer sur ce point, expérimenter le quinquina dans la . période où l’anasarque se produit.

Traitement de la fièvre intermittente chez les enfants. — Le traitement employé par Semanas consiste dans l’administration de lavements au quinquina et au sulfate de quinine, et dans des frictions avec une pommade au sulfate de quinine. Cette dernière est composée de parties égales d’axonge et de sel fébrifuge. Pour l’employer, il suffit d’en déposer toutes les heures gros comme une noisette sous les aisselles et dans le pli des aines. Quant aux lavements, voici leur composition :

Quinquina jaune royal 18 gram.

F. s. a. une décoction de CO grammes. Ajoutez :

Sulfate de quinine 5 décigr. | Toudre de gomme arabique q. s.

Mêlez.

Ces lavements doivent être administrés à des intervalles de cinq heures. Si la lièvre est très-grave, on doit les donner à des intervalles de trois heures, et porter la dose du sulfate de quinine à 8 et 10 décigrammes.

Page 1