‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 97 sur 369 · FIÈVRE BILIEUSE OU RÉMITTENTE. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

FIÈVRE BILIEUSE OU RÉMITTENTE. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE

ncc tics vaisseaux de la pie-mère, et enfin un piqueté rouge tle la substance '■('■braie.

L’absence de lésions pulmonaires distingue cette maladie de la fièvre typhoïde et la fièvre jaune. Rien du côté du cœur, si ce n’est la coloration jaune des tendons des valvules.

L’estomac présente un peu de ramollissement de sa muqueuse, des zones de foration rouge vers la petite courbure; il contient un liquide visqueux semblable relui des vomissements et quelques gaz. On a trouvé quelquefois dans le duodém une coloration noirâtre, simulant la gangrène et produite par une hémorrhagie itre les tuniques de l’organe. L’examen de cet organe est généralement négligé,

' Cependant il serait important de le faire avec soin, en raison des connexions du odénum avec l’appareil hépatique. L’intestin grêle et le gros intestin ne présentit que des colorations anormales; mais on ne trouve pas de lésion des plaques de vyer et des follicules de Brunner. Il paraît que l’attention n’a pas été fixée sur liât des ganglions mésentériques.

ILa rate présente une lésion qui rappelle les fièvres paludéennes; en effet, elle tuméfiée et ramollie avec coloration brune ou noire.

• « Viennent maintenant les lésions qui se rapportent plus particulièrement à l’état iiieux. Le foie est toujours altéré dans sa couleur, son volume et sa consistance.

n’est pas la couleur bronzée que Stewardson regarde comme caractéristique de lifièvre rémittente, c’est une teinte jaune ou brune à reflets jaunes, avec engoriment de bile ou de sang à reflets bilieux; ce n’est pas, par conséquent, la connu- anémique, l’hypertrophie partielle, la consistance sèche et cassante signalée

• Louis, et constatée par moi, ainsi que par beaucoup d’autres observateurs, nmme à peu près constante dans la fièvre jaune. Pourtant, dans la fièvre bilieuse r Caire, Griesinger (1) a constaté, par l’examen microscopique, la présence d’une iiiinde quantité de graisse à l’état libre ou dans les vésicules, coïncidant avec l’imboition bilieuse ou la flaccidité du foie; et l’on sait que les observations faites à Abonne en 1857 ont fait voir que c’est la dégénérescence graisseuse qui est le i actèrc histologique des lésions du foie dans la fièvre jaune. La vésicule et les

ndu ils biliaires sont remplis de bile verte, épaisse, au dire de tous; leur muqueuse enflammée, au dire de Lebeau; mais ce caractère, très-important aussi, a été -gligé par la plupart des observateurs. Le caractère bilieux le plus constant, c’est teinte ictérique de l’enveloppe cutanée et de tous les tissus blancs, la suffusion ieuse de tous les solides et de tous les liquides. Tout mal déterminés que soient

• i caractères dans leur essence, il faut bien le reconnaître, ils suffisent cependant »uir imprimer à la maladie son cachet distinctif (2). »

liBien que la maladie ait reçu dans certaines régions (Antilles), l’épithète d 'hémaûjue, on ne saurait affirmer l’existence d’une hématurie véritable; en effet, nus les autopsies, ou n’a signalé que très-vaguement des hémorrhagies urinaires, hyperémie des reins et des plaques ecchymotiques dans la vessie.

<Ces caractères, assez vagues au point de vue de l’anatomie pathologique, suffimt cependant pour séparer la fièvre bilieuse de l’hépatite, de la dysenterie, de la urc jaune et de quelques autres maladies à caractère bilieux des pays chauds.

Il) Griesinger, Maladies d’Egypte. Stuttgard, 1853 (trad. manuscrite du docteur Charcot). 22) Dutroulau, Traité des maladies des Européens dans les pays chauds.

FIEVRES INTERMITTENTES

§ VI. — Diagnostic.

Nous avons déjà dit que la fièvre bilieuse n’était qu’une des formes de la gronde endémique des climats intertropicaux, et que, par conséquent, lui donner ce dernier nom c’était rester dans le vague, sans indiquer précisément la nature et l’espèce de la maladie. Ainsi donc, quand on rencontrera dans les auteurs des cas désignés sous le nom de gronde endémique , on ne devra pas les rapporter plutôt à la fièvre bilieuse qu’à l’bépatite, à la dysenterie, aux fièvres paludéennes graves.

L'hépatite proprement dite doit être distinguée de la fièvre bilieuse, car elle ne reconnaît pas pour origine une cause paludéenne et résulte seulement des conditions climatériques qui exagèrent les fonctions hépatiques. « Il sera toujours facile, dit Dutroulau, de distinguer les symptômes très-tranchés qui se localisent dans l’hvpochondre droit, quand il y a hépatite et surtout abcès, du simple trouble fonctionnel, caractérisé par l’abondance des excrétions bilieuses, qui constitue l’appareil de symptômes le plus apparent de notre fièvre. L’accès fébrile qui accompagne souvent le début de la phlegmasie hépatique n’a de commun avec l’accès jaune de la fièvre bilieuse que les trois stades; l’iclère qui s’observe dans les deux maladies n’est ni aussi marqué ni aussi précoce dans la première que dans la seconde. ->

L 'ictère grave îles pays tempérés ressemble à la fièvre bilieuse, et il ne lui manque « que la combinaison d’une fièvre endémique de la nature de celle (pii existe sous les tropiques pour devenir fièvre bilieuse grave; l’absence des symptômes qui manquent à chacune de ces maladies isolées, mais qui peuvent naître de leur combinaison, ne répugne pas à cette supposition. » Mais il faut ajouter que Y ictère grave proprement dit n’a pas encore été observé dans les pays chauds.

La dysenterie peut s’accompagner de symptômes bilieux et même d’accidents intermittents, mais ce n’est pas pour cela la fièvre bilieuse. L’absence des vomissements, le ténesme rectal et vésical, la dvsurie et l’anurie, la nature des évacuations alvines, enfin les lésions du gros intestin en font une maladie particulière et facile à distinguer.

Dans tous les climats, et principalement sous les tropiques, la fièvre simple et la fièvre paludéenne peuvent s’accompagner de symptômes d’embarras gastrique et d’état bilieux. Mais ce qui distingue surtout ces maladies de la fièvre bilieuse, c’est le peu de gravité et le peu de durée de ces accidents, et leur apparition éphémère dans le cours de la maladie.

La fièvre jaune est considérée par quelques médecins comme l’exagération de la fièvre bilieuse. Cette assertion est inexacte, car il y a des degrés légers de fièvre jaune, et même en temps d’épidémie ce sont les plus communs; or, aucun de cef^ cas légers ne présente la moindre ressemblance avec la fièvre bilieuse. On doit noter comme caractère distinctif important dans la fièvre jaune au début, la vultuosité de la face qui lui vaudrait plutôt le nom de fèvre rouge ; tandis que, au début également, on voit se manifester dans la fièvre bilieuse une teinte icterique prononcée, qui lui a valu le nom lY accès jaunes. Cependant on ne peut pas ni» i, d’après les descriptions des auteurs, qu’il n’y ait, sinon des points de contact, du moins des ressemblances entre les deux maladies, telles que les vomissements, lest troubles de l’intelligence, les hémorrhagies. Mais s’il est une circonstance qui scpaie ces deux maladies, c’est celle de la topographie. On peut l’indiquer en quelques-

Page 1