FIÈVRE BILIEUSE OU RÉMITTENTE. — TRAITEMENT
iDts : La fièvre bilieuse reconnaît pour cause le. foyer palustre, disséminé sur tous points de la zone torride; la fièvre jaune, le foyer maritime, renfermé dans une •conscription assez restreinte de cette zone. Il faut ajouter enfin, avec Dutroui : « L’accès multiple à trois stades, le type intermittent, la récidivité et la cachexie U les caractères des formes les plus tranchées de la fièvre bilieuse ; l’attaque ique à tint' ou deux périodes, le type continu, la marche aigue, la mort prompte la guérison sans récidive et sans cachexie, constituent le cachet invariable de la i vre jaune. »
VNous ne possédons aucun document statistique propre à nous éclairer sur la irtalité de la fièvre bilieuse, et par conséquent les caractères pronostiques nous üiiquent.
§ VII. — Traitement.
:< Les indications du traitement ressortent tout naturellement de la nature que ias avons admise par l’analyse des lésions anatomiques, des symptômes et de biologie. Le trouble de sécrétion du foie appelle les évacuants; le type de la rre réclame le spécifique antipaludéen; les localisations diverses doivent être allâmes individuellement. Ce n’est pas cependant toujours avec facilité et dans le même lire que les agents du traitement peuvent être appliqués, bien que les indications langent peu ; le médecin doit s’attacher à reconnaître quel est l’élément morbide
i i prédomine et s’attaquer d’abord à lui.
» Dans la forme type, dans l’accès jaune, ce qui frappe tout d’abord, c’est la icessité de modifier le dérangement que subit la sécrétion biliaire et qui produit abondantes excrétions bilieuses. L’absence d’excitation vasculaire dans les ânes, le peu de gravité des réactions fébriles, au début de la plupart de ces cas, ^peuvent laisser aucun doute sur l’utilité et même l’urgence du traitement éva-
ii nt. L’ipéca et l’émétique vomitifs, les sels neutres purgatifs, par haut, ou bien bas s’ils sont rejetés par le vomissement, ont un effet presque constant et toutes sûr, quand ils ont le temps d’agir. M. Gélineau nous a fait assister aux bons ■ ts de l’ipéca, particulièrement dans de semblables circonstances : la bile verte i vomissements et des selles devient d’abord moins abondante, prend un couleur nàtre, et ne tarde pas à se supprimer; les urines bilieuses ou sanglantes se
ldi fient très-rapidement, et, d’une émission à l’autre, deviennent limpides et ; ins abondantes. Les limonades citronées ou sulfuriques froides, à la glace même, mt à cette modification, et il est prudent de ne pas les négliger, car elles iilresscnt au principe hémorrhagique qui fait souvent partie des phénoménisaws morbides. Quant au calomel, qui possède l’avantage d’une facile adminisidon, il est employé fréquemment aussi dans nos colonies; mais on n’en fait comme dans les colonies anglaises, une sorte de panacée, un spécifique des adies biliaires.
Les évacuants ne produisent pas toujours leurs clfets; les vomissements et les -s sont quelquefois tellement répétés, qu’ils sont rejetés aussitôt qu’ingérés. -T alors sur la surface cutanée qu’il faut agir, pour ralentir les excrétions cl ner le temps aux médicaments d’agir. Des compresses trempées dans l’eau <de, a la glace, si c’est possible, et appliquées en demi-ceinture sur l’épigastre .“s hypochondres, pendant que des sinapismes sont promenés sur les membres
FIÈVRES INTERMITTENTES
inférieurs, atteignent ordinairement ce but ; si cela ne suffisait pas, un large vésicatoire volant recouvrant l’épigastre et l’hypochondre gauche, aurait une efficacité plus sûre. L’usage très-fréquent que j’ai fait pendant longtemps de ce moyen contre les vomissements quelquefois opiniâtres de fièvres de toutes sortes, sous les tropiques, m’a toujours donné les mêmes résultats : modification notable de fréquence, quelquefois suppression prompte et définitive. Un des médecins de Madagascar, M. Guillasse, à qui nous avons emprunté des observations, après avoir constaté l’inutilité de tout autre moyen dans certains cas, rapporte des faits où le vésicatoire sur la région gastro-hépatique a suffi seul pour couper la fièvre bilieuse. Quand ce n’est pas seulement la polycholie qui existe au début, soit que déjà des symptômes de lésions vasculaires se manifestent, soit que la fièvre à type continu présente d’abord la forme inflammatoire, ce n’est pas par les évacuants que doit commencer le traitement : aussi voyons-nous M. Lebeau, qui a constaté à l’autopsie l'inflammation de la muqueuse gastro-duodénale et de celle des conduits biliaires, débuter, dans le paroxysme, par l’application sur l’épigastre et l’hypochondre de nombreuses sangsues et de cataplasmes émollients. Aux Antilles, c’est par les sangsues à la tète, les pédiluves irritants et les sudorifiques, qu’on commence; mais les déplétions sanguines ne doivent pas se faire par la veine, il ne faut pas perdre de vue la nature paludéenne de la fièvre et se rappeler les dangers de la saignée dans presque toutes les formes de cette fièvre. Dans tous les cas, après avoir conjuré les symptômes inflammatoires, c’est au traitement évacuant qu’il faut en venir.
» Nous venons de tracer le traitement du paroxysme bilieux; reste celui de la fièvre, dont nous connaissons la nature, et par conséquent le spécifique. C’est là un principe qu’il ne faut pas oublier; les symptômes du paroxysme ne constituent pas toute la maladie, et les moyens qui se montrent les plus efficaces pour les combattre ne suffisent pas pour obtenir la guérison radicale de la fièvre. Seulement il faut s’attendre, par suite de la disposition particulière aux évacuations par les vomissements et les selles répétés, à ce que le sulfate de quinine ne soit pas toujours bien toléré. En profitant des moments d’intermittence ou de rémittence, quelques gouttes de laudanum ajoutées à la solution de sulfate de quinine, et la voie du rectum employée au besoin, suffisent presque toujours à obtenir la tolérance, et permettent d’administrer au moins 2 grammes du spécifique entre les accès. Quand la fièvre est continue, la difficulté est plus grande; mais elle ne doit pas faire renoncer entièrement à l’administration du médicament, que je regarde, pour mon compte, comme très-importante. Il faut alors profiter de tous les moments de repos que laissent des évacuations morbides. Je suis convaincu que c est au défaut d’attention ou de persistance qu’il faut attribuer l’insuccès prétendu de ce médicament, et la conclusion qu’on en a tirée de la nature non paludéenne de la fièvre bilieuse.
» Je m’empresse de dire cependant que l’expérience m’a appris, comme a la plupart des médecins qui pratiquent depuis longtemps dans les climats palustres de la zone torride, que la fièvre bilieuse est peut-être, de toutes les formes de fièvre grave, celle où le sulfate de quinine doit être le moins longtemps administré; deux ou trois jours de traitement et h à 6 grammes du médicament en tout m’ont toujours paru suffisants pour conjurer les dangers de la complication paludéenne. Continué plus longtemps, le traitement quinique peut constituer un danger, et Ion