‹ Guide du médecin praticienChapitre 10 sur 305 · CHOLÉRA-MORBUS SPORADIQUE. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

CHOLÉRA-MORBUS SPORADIQUE. — TRAITEMENT

(ouïes les autres est hors de toute contestation. [Quand les vomissements sont arrêtés, on prescrit une infusion aromatique de thé, de mélisse, de camomille, de café, afin de provoquer plus promptement la réaction.]

Moyens divers. — Devons-nous parler de l’emploi du calomel , de X acétate de plomb , de l’application des vésicatoires sur l’épigastre , des sinapismes sur le ventre, de l’usage du camphre , du cuivre ammoniacal , de l’emploi des frictions mercurielles , de l 'eau froide bue en très-grande quantité, comme le voulait Autenrieth, etc. ? En le faisant, nous exposerons sans doute un traitement complet ; mais cette abondance de médications, loin d’avoir des avantages, n’aurait que des inconvénients. 11 faut, pour que nous admettions un mode de traitement, qu’il y ait un commencement de preuve de son efficacité, et ici nous en manquons complètement.

Godlewski (1) a vu des symptômes fort graves s’amender à la suite des frictions mercurielles ; mais il ne rapporte qu’un seul fait dont la valeur est, par conséquent, peu considérable.

[Chez les enfants , Trousseau (2) considère le bain sinapisé comme une médication des plus puissantes. On met 50 grammes de farine de moutarde dans un linge, on la délaye en bouillie avec de l’eau froide et on l’ajoute au bain. L’enfant est plongé dans ce bain pendant dix ou quinze minutes; on le retire, on l’enveloppe dans des linges secs, on le frictionne doucement. On réitère cette opération deux ou trois fois par jour. Tant que durera la période algide, on donnera des boissons chaudes, aromatiques, infusions de menthe, de mélisse, une cuillerée à café de sirop d’éther toutes les heures, pur ou bien dans les infusions ci-dessus. L’eau albumineuse est encore un excellent médicament.

Trousseau ne craint pas d’administrer la poudre d’ipécacuanha à la dose de 30 à ôO centigrammes en deux ou trois prises.

Quant aux opiacés, il faut préférer le laudanum, à la dose de une, deux à quatre gouttes en boisson. L’eau albumineuse sera également administrée en lavements.

Très-souvent nous avons employé 'avec succès le sous-nitrate de bismuth à la dose de 2 à 10 grammes suspendus dans une potion à l’aide de gomme adragant.]

Traitement des symptômes. — On a proposé contre les vomissements très-opiniâtres la potion de Rivière , ou simplement l 'eau de Seltz. Ces boissons peuvent avoir des avantages; mais il ne faut pas oublier que l’on ne doit pas se borner à combattre le vomissement lui-même, mais bien la cause nerveuse qui produit le vomissement, et l’expérience a prouvé que l’opium remplissait mieux que tout autre moyen cette indication importante. [Sur l’épigastre, on appliquera des révulsifs, tels que sinapismes, vésicatoires à l’ammoniaque ou aux cantharides. Nous préférons les premiers qui agissent plus promptement et qu’on peut panser avec la morphine.]

Les lavements avec le laudanum à haute dose sont le meilleur moyen à opposer aux évacuations alvines excessives. C’est dans le but d’apaiser les phénomènes nerveux , et principalement les crampes , qu’on a employé les antispasmodiques. Quelques auteurs ont préconisé en particulier X éther sulfurique ; mais on voit si promptement les crampes cesser lorsque les symptômes intestinaux sont arrêtés,

(1) Journal des connaissances médico-ch irurgica les , avril 1848.

(2) Trousseau, Clinique médicale de l'Hôtel- Ùieu. Paris, 1805.

qu’on ne sent pas la nécessité d’employer ces moyens qui peuvent avoir une action lâcheuse sur le tube intestinal. Des frictions sèches, plus ou moins répétées sur fes membres et sur l’abdomen s’il n’est pas trop douloureux, suffisent souvent pour soulager les malades. On frictionnera également les extrémités [avec le baume Foraventi , le Uniment ammoniacal, l’essence de térébenthine, etc.] pour y ramener la chaleur , et dans les intervalles des frictions, on les enveloppera de laine chaude [de briques chauffées au feu et enveloppées de linge, de sachets de sable ou de son chauds]. Enfin, il faut recommander aux malades de garder, autant que possible, Yimmobilité absolue, pour ne pas provoquer le vomissement et les garde robes, déjà trop fréquents.

Résumé , ordonnance. — La véritable»médication du choléra sporadique consiste dans l’emploi de l’opium, de quelques boissons émollientes et acidulés et de la glace. Une seule ordonnance suffira par conséquent pour tracer d’une manière générale la conduite à suivre.

Ordonnance.

1° Boissons en petite quantité : eau de riz, solution de sirop de gomme avec ou sans addition d’une petite quantité de suc de citron.

2° Si la soif est vive et si les vomissements sont incessants, se borner à faire fondre des fragments de glace dans la bouche.

3° Une pilule de 3 à 5 centigrammes d’extrait thêbaïque, renouvelée toutes les deux ou trois heures, ou plus fréquemment si le cas l’exige. Chez les enfants, la dose ne sera que de [une ou deux gouttes de laudanum], et l’on devra ['administrer dans une très-petite quantité de véhicule.

U° Un quart de lavement d’eau de graine de lin, avec addition de 1 à 2 grammes de laudanum, renouvelé si le cas l’exige. Chez les enfants, une à trois ou quatre gouttes de laudanum, suivant l’âge, seront suffisantes.

5° Frictions sur l’abdomen avec le Uniment suivant :

Huile d’amandes douces 60 gram. | Laudanum 9 gram.

Frictions sèches sur les membres avec de la flanelle chaude.

6° Recommander au malade de faire le moins de mouvement possible. Si les vomissements sont excessifs, eau de Sellz ou potion de Rivière, vésicatoiie a l’épigastre.

7° [Quand les vomissements sont arrêtés, boissons aromatiques pour faciliter la réaction. ]

8° Les jours suivants, prescrire au malade un régime doux et léger.

Résumé. — Émissions sanguines ; émollients, opiacés; vomitifs, purgatifs (proscrits); médicaments divers; calomel, eau froide, etc. (incertains). Frictions sèches, narcotiques, mercurielles; repos, boissons gazeuses. Régime.

ENTÉRORRHAGIE.

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