CANCER DU FOIE. — DIAGNOSTIC
du foie prend l’aspect cancéreux. Il n’est pas rare de voir les parties environnantes congestionnées et moins consistantes (juc dans I état normal. [La liguie 3b* ci— jointe, dessinée d’après un individu qui est le sujet de la quatre-vingt-dix-septième observation de Frericbs , donnera
une idée exacte de l’aspect extérieur du cancer du foie et des désordres qu'il entraîne après lui.]
On peut observer une dégénérescence totale du foie ; c’est ce qui a été constaté dans un cas par Ileyfelder. On ne trouve ni bosselures, ni taches, ni rien de ce qui constitue le cancer par masses disséminées; mais cet organe augmenté de volume est plus dur, et conserve sa forme, si ce n’est que ses dépressions et scs sillons naturels disparaissent. Les cas de ce genre sont rares.
i'XG. 38. — Fongus mélnllairc du foie. — a. Quatrième côte. — b. Tumeur fluctuante. — c. Intestins. — tl. Tumeurs ouvertes dans le péritoine. (Frerichs, fig. 126.)
Nous passerons sous silence l’état de la vésicule du liel et des canaux biliaires, parce que nous aurons à en parler chapitre IL
S’il existe dans l’hypochondre droit une gêne .ou une douleur plus ou moins vive et durant depuis longtemps, si le foie est développé, s’il présente à sa surface des tumeurs disséminées, résistantes et d’une dureté plus ou moins grande, si en même temps il y a un dépérissement marqué, avec cette coloration jaune-paille que l’on observe dans les affections cancéreuses, on devra regarder comme très -probable l’existence du cancer du foie ; et si l’on peut s’assurer qu’il existe une affection cancéreuse de l'estomac, on ne devra plus concevoir de doutes. [Mais les caractères que nous venons d’indiquer n’existent pas toujours ainsi réunis, et de plus il est certaines affections qui en présentent quelques-uns de tout à fait semblables, et qui ne peuvent être distinguées du cancer que par un examen très-attentif. Parmi ces maladies pouvant être confondues avec le cancer du foie, nous citerons d’abord les échinocoques ; mais ceux-ci exercent sur la constitution une influence bien moins fâcheuse que le cancer; ils forment des tumeurs globuleuses dont la sensibilité est nulle ou seulement passagère, leur marche est encore plus lente, et enfin, comme l’indique Trousseau (1), la tumeur qu’ils produisent est
le siège d une fluctuation toute différente de cette fausse fluctuation que l’on ren-
contre quelquefois dans le cancer. Quant aux abcès du foie, il n’y a que ces cancers mous du foie, à progression rapide, et dont l’existence est si rare, qui aient
(.1) Trousseau, Clinique médicale de l’Hôtel Dieu, l, 111.
MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES
quelque ressemblance avec l’hépatite suppurée; mais les causes et la marche des deux affections présentent des différences essentielles. En outre, la formation du pus se manifeste, dès le début, par la fièvre de suppuration, et plus tard par une suppuration évidente. Un cancer de l’épiploon peut également, dans quelques cas, simuler un cancer du foie. D’habitude le diagnostic est facile, en tenant compte de la forme et des limites de la tumeur qui diffèrent beaucoup des contours du foie. Cependant, certains cancers du petit épiploon, comme celui dont Frerichs donne la figure que nous reproduisons ici (fig. 39), représentent si exactement la forme
ElG. 39. — Cancer du petit épiploon, imitant la forme du foie.
(Frerichs, lit'. 122.)
du foie, que le diagnostic devient presque impossible. Il sera aussi souvent trèsdifficile de décider si c’est l’estomac ou le foie qui est atteint de dégénérescence, surtout quand c’est le lobe gauche où siège la tumeur. La percussion, qui donne un son obscur ou tympanique, selon qu’on a affaire au foie ou à l’estomac, fournira ici d’utiles renseignements. On se guidera aussi sur l’intensité des troubles digestifs : dans le cancer de l’estomac, le vomissement est beaucoup plus persistant, les matières vomies sont mélangées de sang, et le malaise augmente après chaque repas. Enfin il est une dernière affection du foie qui a été prise souvent pour un cancer, et qui même a fait croire à certains médecins que la curabilité de ce dernier était possible, c’est l’hépatite syphilitique. Ici, la différence essentielle est fournie par la consistance, qui est toujours modifiée dans le carcinome, tandis ([ue les protubérances du foie syphilitique conservent les caractères du tissu hépatique normal ; dans la conservation du volume de la rate qui n’est point modifié avec le cancer; dans le degré d’importance des troubles généraux, la diminution des forces, les désordres gastriques, beaucoup moindres avec l’hépatite syphilitique, enfin dans l’existence antérieure ou la présence actuelle des accidents de la vérole.
Diagnostic du cancer du foie et de la cirrhose. — C’est un diagnostic peu certain, les symptômes des deux affections ayant de nombreux points de contact. L 'augmentation de volume de l’organe est plus sensible , et surtout est plus per-