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MALADIES DES VAISSEAUX DU FOIE

[Georges-Ernest Stalil, l’un des premiers, appela l’attention sur les maladies des vaisseaux du foie (1), et, grâce à sa doctrine sur les affections de la veine porte, il leur acquit dans la pathologie une place importante. La science contemporaine n’a pas ratifié la plupart des conceptions de Stahl en ce qu’elles avaient d’excessif, mais du moins elle a reconnu (pie les vaisseaux du foie pouvaient être atteints d’altérations diverses, et l’étude de ces altérations, ainsi que celle des phénomènes morbides qui les accompagnent, est devenue, dans ces derniers temps, l’objet de nombreux et importants travaux. Parmi eux, nous citerons ceux de Bouillaud (2), d’Honoré (3), deltcynaud (&), de Bartli (5), de Gintrac (6), de Virchow (7) et de Frerichs sur l’oblitération de la veine porte, ceux de J. Cruveilhier (8), de Lambron (0), de Leudet (10) et de Lcbert (11) sur la pyléphlébite suppurative.

Quoique l’artère et les veines hépatiques puissent devenir le siège de diverses lésions, nous ne nous en occuperons pas à cause de leur caractère pour ainsi dire exceptionnel et peu pratique; seule, la veine porte et ses principales maladies nous paraissent mériter de devenir ici le sujet d’une description succincte.

1° OBTURATION DE LA VEINE PORTE, PYLÉPHLÉBITE ADHÊSIVE.

§ I. — Causes.

L’expérience de ces derniers temps a prouvé que la majorité des concrétions sanguines dans la veine porte se produisait indépendamment de l’inflammation des parois vasculaires, et que, dans les cas où cette inflammation avait lieu, elle était la plupart du temps secondaire. Les causes les plus fréquentes qui amènent l’occlusion de la veine porte sont : 1° Tout ce qui a pour effet un affaiblissement de la circulation, une diminution de l’énergie du cœur, comme, par exemple, le marasme. 2° Les affections du foie, telles que l’induration simple ou granulée, la cirrhose, l’atrophie chronique, qui, par leurs progrès, amènent la destruction des capillaires, ou un rétrécissement des rameaux de la veine porte. Ce rétrécissement de certains rameaux isolés entraîne l’atrophie des parties correspondantes du parenchyme hépatique. C’est alors qu’on trouve dans la glande des parties déprimées, qui sont

(1) Georges-Ernest Stahl, De venu porta malorum , etc. Halœ, -J 698. La traduction française de ce traité a été publiée par M. Jules Brongniart à la suite de : Considérations sur la dyscrasie veineuse, thèse pour le doctorat. Paris, 1860.

(2) Bouillaud, Archives générales de médecine, lre série, 1823, t. II, p.l 98 et 199.

(3) Honoré, Archives de médecine, lr° série, 1823, t. III, p. 153.

(4) Reynaud, Journal hebdomadaire , 1829, p. 170.

(5) Barth, Bulletins de la Société anatomique, 1851, p. 354.

(6) E. Gintrac, Observations et recherches sur l’oblitération de la veine porte. Bordeaux,

(7) Virchow, Verhandlungen der physic.-medic. Gesellsch. Wiirzburg, VII, p. 21.

(8) Cruveilhier, Anatomie pathologique du corps humain, 16e livraison, pl. 3, in-folio, et Traité d'anatomie pathologique générale.

(9) Ernest Lambron, Archives de médecine, 1842, t. III, 14e série, p. 131.

(10) Leudet, Archives de médecine, 5e série, t. Ier, février 1853.

(11) Lebert, Anatomie pathologique générale et spéciale. Paris, 1861, t. Il, in-fol. avec planches.

OBTURATION HF. LA VEINE PORTE. TRAiTEMENI.

formées par un tissu fibreux condensé, et dont parfois le nombre est assez considérable pour donner à l’organe l’aspect lobulé que représente la figure M). 3° La compression de ce vaisseau, audessous du foie, par du tissu contractile et des tumeurs de diverses espèces. ù° Enfin ou a cite des cas où l’occlusion semblait avoir eu pour cause l’immigration d’un caillot sanguin provenant de la rate ou d’un des organes où la veine porte prend sa source.

§ II. — Symptômes.

Fig. 40. — Rétractions cicatricielles, à la suite d'une pylépliébite adhésivc. (Frericlis, fig. 121.)

Le travail d’obstruction ne s’annonce d’habitude par aucun symptôme local, et la douleur provenant de l’excès de l’inflammation est une exception. Ordinairement, pendant le cours d’une des maladies du foie, que la pyléphlébite complique de préférence, on voit tout a coup apparaître les symptômes d’une stase considérable dans les parties d’où procèdent les racines de la veine porte. Une ascite se développe, les veines sous-cutanées abdominales se dilatent, le volume de la rate s’exagère. En même temps il se produit une diarrhée composée de matières muqueuses, souvent sanguinolentes, qui s’accompagne de vomissements. L’urine devient très-rare et dense, les malades

s’affaissent rapidement et finissent par tomber dans le marasme.

§ III. — Diagnostic.

Il ne peut être établi avec certitude que quand existe l’ensemble des symptômes de la stase. On doit surtout se guider sur la brusque apparition de ces symptômes survenant pendant le cours d’une affection que la pyléphlébite complique habituellement, et sur le retour extraordinairement rapide de l’ascite après la ponction; dans aucune autre affection ce phénomène n’est aussi marqué qu’ici.

§ IV. — Traitement.

Il a pour but de s’opposer, autant que possible, à l’occlusion d’un vaisseau important. On cherchera à modérer la diarrhée ainsi que les hémorrhagies gastriques et intestinales à l’aide de la ratanhia et des astringents; on soutiendra autant que possible les forces au moyen d’aliments légers, faciles li digérer et nourrissants. Contre l’ascite, les diurétiques et les drastiques seront impuissants, parfois meme ils deviendraient nuisibles. La seule ressource est la ponction qu’on différera le plus longtemps possible et qu’on ne réitérera que quand la dyspnée deyjendia menaçante.

MAUmiiS DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES.

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