ICTÈRE. — TRAITEMENT
fce médicament furent prescrits en quatre jours; ce moyen eut de très-bons effets, imais dans ce cas il y avait des douleurs très-vives de l’hypochondre droit, en sorte i qu’il n’est pas certain que l’on eût affaire à un ictère simple. L ipécancuanha a tété recommandé par Richter et Baldinger (1) ; ce dernier donne la formule suivvante, dans laquelle entre le tartrate de potasse ;
■)f Ipéeacuanha G gram. I Crème de tartre 4 gram.
Écorces d’orange 4 gram. 1
Faites bouillir dans :
Eau *1* s<
Ajoutez à la colature 120 grammes de cette décoction :
Sirop de camomille • • • 30 gram.
Dose : une cuillerée à bouche toutes les trois heures.
Purgatifs. • — On donne ordinairement des purgatifs doux, comme les sels neu tires, Y huile de ricin, et chez les enfants les sirops de nerprun et de chicorée.
Le calomel a été aussi vanté par Michaelis (2) et Hufeland (3). Ce dernier I associait à de petites doses de rhubarbe. Suivant Laubender (û) et Pitschaft (5), U’a/oès a une efficacité particulière. Le premier administrait cette substance à la (dose de 25 centigrammes deux ou trois fois par jour d’abord, puis à une dose moins (élevée, et le second recommandait la formule suivante :
if Eau de fenouil 180 gram. Eau concentrée d’amandes
Extrait aqueux d’aloès. . . 30 centigr. amères, de à a 6 gram.
Extrait de pissenlit 8 gram.
A prendre par cuillerées à bouche.
Rhubarbe. — Aux adultes on la prescrit à la dose de quatre à six grammes en I poudre; — chez les enfants, sous forme de sirop ou de pastilles, etc.
Les narcotiques ont encore été préconisés. Parmi eux la ciguë, d’après Stoerk, s serait un véritable anti-ictérique, lorsqu’elle est jointe aux pilules de Belloste, : selon la formule suivante :
'if Extrait de ciguë 30 gram. | Masse pilulaire de Belloste 8 décigr.
Mêlez. Faites soixante pilules. Dose : de une à deux par jour.
Mac Gregor unit cette substance au quinquina.
La belladone a été recommandée par Greding (6) et par Richter (7). Ce der-
inier a appliqué ce médicament sous forme topique; voici sa formule :
Extrait de ciguë 30 gram. Acétate d’ammoniaque liquide, q. s. pour un
— de jusquiame 15 gram. cataplasme.
— de belladone 4 gram.
Prenez la moitié du mélange, étendez-lc sur du cuir, et appliqucz-le sur l’hypochondre.
(1) Baldinger, voy. Richter, Ausführliche Arzneim ittellehre. Berlin, t. II.
(2) Michaelis, Hufeland' s Journal, t. XXXIV.
(3j Hufeland, ibid. , t. XXVIII.
(4) Laubender, A II. med. Ann., 1801.
(5) Pitschaft, Hufeland' s J ourn., 1833.
(6) Greding, I)e bellad. virid., etc.
(7) Richter, Spectiel/e fhcrapie, t. IV.
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On a encore recommandé les ferrugineux, le quinquina (Camerarius), le. nitrate d'argent cristallisé (5 centigr. deux fois par jour) (Peeble) (1), la graine de chanvre (Sylvius), la glace, la thériaque (Gallien), et enfin le gaïac, le safran,
1 e jaune d'œuf , le suc de carotte , etc. Ces dernières substances ont été prescrites principalement à cause de leur couleur jaune, et ce seul fait suffit pour montrer combien peu on doit avoir confiance en elles.
Le traitement consistera dans l’emploi des purgatifs doux, de quelques narcotiques à dose peu élevée, et dans l’administration de boissons délayantes. Les délayants et les moyens qui entretiennent la liberté du ventre suffisent presque toujours, sinon toujours.
Régime. — Dans les premiers jours, les malades sont naturellement tenus à la diète. Plus tard, lorsque l’appétit revient, on ne doit pas craindre de permettre des aliments légers; car, ainsi que nous l’avons vu, les voies digestives n’offrent aucune lésion réelle. Le repos, Y absence de toute contention d’esprit et V éloignement de tout ce qui pourrait produire quelque émotion morale, complètent les précautions générales qu’il importe de prendre dans l’ictère.
2° Ictère essentiel à forme grave. — Les principaux moyens de traitement prescrits dans la forme bénigne ont été aussi mis en usage dans la forme grave.
[Les indications thérapeutiques immédiates, rapportées à l’ictère, sont encore celles que Frericlis a formulées : 1° Régulariser les fonctions intestinales; 2° provoquer l’élimination des matières colorantes accumulées dans le sang; 3° tenir compte des conséquences ultérieures de l’affection, anémie, hydropisie, cholémie, etc. ]
Les saignées, et en général les antiphlogistiques, sont employés avec ménagement par tous les auteurs; on n’a recours aux émissions sanguines que contre les congestions.
Les purgatifs sont d’un fréquent usage; mais, dans les cas connus, ils n’ont pas eu de succès bien évidents, pas plus que les mercuriaux, cl en particulier le calomel, très-employés par les Anglais. [ Les médecins de marine français les emploient d’ordinaire dans les fièvres bilieuses des pays chauds. Ils les font suivre immédiatement de l’administration du sulfate de quinine, légitimée par l’intermittence et la rémittence des accidents. ]
Corrigan accorde une très-grande efïicacité aux vomitifs, et surtout à l’ipécacuanha qu’il donne à la dose de 2 grammes tous les deux jours. Depuis cinq ans qu’il l’emploie, il n’a, dit-il, perdu aucun malade (2). C'est donc un moyen qu’il faut vivement recommander au praticien.
Hérard, dans un cas, n’a retiré de ce médicament qu’un avantage passager ; son malade mourut le huitième jour.
Worms, au Gros-Caillou, a donné 1 ' acide sulfurique aux doses de lü à 2è grain, par jour en limonade; il attribue à cet agent des propriétés tout à fait en rapport avec les indications fournies par l’état du sang. ]
Les vésicatoires ont pu, dans quelques cas, arracher les malades au coma.
(1) Peeble, Emploi du nitrate d'argent dans l’ictère ( American Journal, et Bulletin général de thérapeutique, 15 juillet 1850, t. XXXIX, p. 43).
(2) Vov. Cli. Ozanam, thèse citée, p. 97.
MALADIES DK K A HATE.
Baudot) ( I) a réussi, en en appliquant un sur le trajet du nerf phrénique , à dissiper un hoquet durant depuis plusieurs jours.
L'opium n’a pas réussi. La belladone (voy. le traitement de Greding, p. 395) n’a pas eu plus de succès dans un cas observé par Ozanam. Cet auteur (2) cite deux cas dans lesquels Yalcoolature d'aconit (10 goutttes et plus) a réussi à enrayer les symptômes.
Le cyanure de potassium , Y éther, le castoréum, n’ont eu aucun effet heureux appréciable.
Diurétiques. — Dans un cas excessivement grave que Yalleix a traité, en 1849, à l’hôpital Sainte-Marguerite, il a vu le malade guérir après l’administration prolongée du nitrate de potasse à la dose de k à 6 grammes par jour. Ce fait doit engager les praticiens à mettre en usage les diurétiques.
[ Frerichs approuve cette méthode, par cette raison que la sécrétion urinaire, dans l’ictère intense, est souvent affaiblie par le dépôt de matière colorante dans le parenchyme rénal.
La médication hydro-minérale convient surtout à l’ictère symptomatique. (Voy. plus haut la liste des eaux à fréquenter, article Calculs biliaires.)]
Résumé. — Emollients ; émissions sanguines; sels neutres et alcalins, ammoniaque, acides; vomitifs, et principalement ipécacuanha; purgatifs; narcotiques; ferrugineux, quinquina, antispasmodiques, aconit, diurétiques, etc. ; soins hygiéniques.