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SI’LÊNITE CHRONIQUE. — SYMPTÔMES

rite des fonctions du foie avec celles de la rate. On a donné à cette nuance de la peau le nom d 'ictère splénique. (J. Meunier.)]

Les signes locaux qui servent à faire connaître la maladie sont dus presque tous à l’ augmentation de volume de l’organe.

A l’aide de la palpation , il est toujours facile de reconnaître cette augmentation de volume; car, dans le cas d’engorgement chronique, la rate, débordant les fausses côtes gauches, se porte souvent jusque vers l’ombilic, et même vers le bassin. On reconnaît qu’il s’agit de l’engorgement de la rate, et non d’une autre tumeur, à la forme de l’organe qui se termine en bas en pointe mousse, et qui représente par conséquent un segment d’ovoïde, à la pénétration de la tumeur audessous des fausses côtes gauches, et ordinairement à son indolence.

Il est bien rarement nécessaire d’employer la percussion pour reconnaître du côté de l’abdomen un état aussi facile à apprécier ; mais on peut la pratiquer pour limiter exactement l’étendue de l’organe hypertrophié, et reconnaître son augmentation ou sa diminution dans le cours du traitement. Du côté de la poitrine, l’exploration à l’aide de la percussion est indispensable. La rate, hypertrophiée, refoulant le diaphragme et le poumon, peut se porter assez haut du côté de cette cavité, et c’est seulement par ce moyen d’exploration qu’on peut reconnaître cette augmentation de volume.

Il est rare que l’engorgement chronique excite de la douleur, mais le poids de la tumeur et son volume déterminent un malaise et une tension de l’hypochondre gauche, augmentant dans les grands mouvements, dans la marche, etc. , et ces sensations peuvent parfois se transformer en une douleur réelle. Nous avons dit plus haut qu’il était rare que la pression déterminât de la douleur, et bien plus rare encore que cette douleur fût un peu forte.

La rate peut être tellement volumineuse, que le ventre en soit complètement déformé. Lorsqu’il n’existe pas d’ascite, le côté gauche de l'abdomen présente une tumeur apparente et qu’il est difficile de confondre avec le développement d’aucun autre organe. Le côté droit, au contraire, paraît déprimé, à moins qu’il n’y ait une complication, ou que des gaz ne distendent l’intestin.

L 'ascite, dans les cas d’hypertrophie de la rate, a été signalée par Hippocrate, et la plupart des auteurs en ont ensuite fait mention. Mais cette hydropisie est-elle due réellement à l’engorgement de la rate, ou bien faut-il en chercher la cause dans un autre état organique ? [Les observations recueillies par Nivet, celles d’E. Collin, de Haspel (1), de L. Colin (2), démontrent que l’hydropisie péritonéale n’est point nécessairement liée à l’hypertrophie delà rate, ni même du foie, et que l’ascite de la cachexie palustre est bien plutôt due à l’appauvrissement du sang dans ces maladies. Cependant, et Valleixl’a constaté, à la Pitié, chez un garçon de quatorze ans, la tuméfaction de la rate peut agir directement pour la production de l’épanchement, en comprimant la veine porte.]

Dans les cas où l’ascite existe, le ventre est large et saillant, et pour parvenir à reconnaître l’existence de l’hypertrophie de la rate, il faut presser rapidement la paroi antérieure de celte cavité, de manière à porter brusquement les doigts sur la tumeur. Par ce moyen, après avoir déplacé la couche de liquide interposée, et en

(1) Haspel, Traité des maladies de l'Algérie , t. II, p. Û19.

(2) L. Colin, Études 'clin, de mêd. militaire, p. 13t.

MALADIES DES AAiNEXES DES VOIES DIGESTIVES.

avoir perçu le flol, on arrive sur un corps dont la résistance se fait immédiatement sentir.

Restent maintenant des symptômes qui sont la conséquence des maladies sous l’influence desquelles s’est développé l’engorgement chronique de la rate, bien plutôt que de cet engorgement lui-même : ce sont Y amaigrissement, ■ la pâleur ou 1 aspect terreux de la face, la sécheresse de la peau, [ les lypothymies], etc. Lorsque la rate est excessivement volumineuse, il peut en résulter un refoulement du poumon, et un certain degré d'oppression.

§ III. — Marche, durée, terminaison.

La marche de la maladie est lente et continue, soit dans Y inflammation, soit dans la simple hypertrophie chronique. La durée est illimitée. La terminaison [est quelquefois favorable, c’est quand on peut se rendre maître de la maladie primitive. L’inflammation peut s’étendre au péritoine, comme dans le cas de L. Colin, ou disposer la rate à se rompre; deux des observations de E. Collin (1) ont trait à un ramollissement chronique inflammatoire qui a déterminé cette issue fatale. ]

§ IV. — Lésions anatomiques.

Outre le volume et le poids, qui sont considérablement augmentés, cl qui peuvent l’être au point que l’organe, occupant la plus grande partie de l’abdomen, s’est élevé au poids de 9 kilogrammes (2), on trouve dans les cas d'inflammation , le ramollissement gris et des collections purulentes plus ou moins nombreuses et plus ou moins étendues, et dans les cas d’hypertrophie, l'épaississement des enveloppes de la rate, souvent une densité plus grande du tissu, et parfois aussi l’état normal de ce tissu.

[Dans l’observation de Monnerct, la rate présentait la congestion, Y hémorrhagie, la phlegmasic exsudative, la phlegmasie suppurative cl la phlébite, huit ou dix petits abcès enkystés, du pus dans les veines, et, à la partie supérieure de la glande, une masse dure, fibrineuse, étouffant le parenchyme. Dans celle de E. Collin, il y avait un foyer purulent enkysté entre la rate et les fausses membranes péritonéales. Dans un autre, de Barth (3), il y avait oblitération de la veine splénique, ce qui expliquait l’hypertrophie sans fièvre intermittente antérieure.]

§ V. — Diagnostic, pronostic.

Il repose presque complètement sur l’existence de signes locaux et physiques faciles à expliquer; nous avons suffisamment parlé du pronostic à l’occasion de la terminaison.

Si nous n’avons égard qu’aux médicaments dirigés contre l’inflammation et l’engorgement chronique de la rate, nous trouvons la thérapeutique très-pauvre, mais dans la plupart des cas, on a traité en même temps et l’engorgement chronique, et la maladie dont il est une conséquence.

(1) Duverney, Couvres anatomiques. Paris, 1761, t. II, p. 249.

(2) E. Collin, Rupture spontanée de la rate, etc.

(3) Barlli, Bull, de la Soc. anal., 1854. Voyez aussi meme recueil, mai 1856,

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