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APOPLEXIE, RUPTURE DE LA RATE

La rupture de la rate étant la conséquence d’un état apoplectique de cet organe, mous devons, avant de la décrire, signaler Y apoplexie de la rate, lésion dont nous I possédons quelques exemples cités par Mignot et Lemaistre (3). Dans un de ces (cas, il y avait une fièvre continue, et le malade se plaignit d’une douleur clans ! l’hypochondre et le bras gauche ; dans le second, il y avait des accès de fièvre i intermittente. A l’ouverture du corps on trouva un foyer apoplectique plus ou i moins étendu, contenant du sang demi-liquide et une espèce de bouillie sanguine.

§ I. — Causes.

I) après Vigla ( h ), « la rupture de la rate doit être considérée comme la teri minaison d un état morbide de cet organe, durant déjà depuis un temps plus ou moins long, et ne doit pas être, sous ce rapport, assimilée aux congestions brusques du cerveau ou du poumon capables de détruire le parenchyme de ces viscères, sans aucune altération précédente appréciable ». Ordinairement cet état morbide n est autre chose que I hypertrophie qui résulte des accès de fièvre intermittente / ' dans un cas cité par Vigla, il s’agit d’un engorgement survenu au dixième jour de

(J) Carron (d’Annecy), Journal général de médecine, 1809.

(2) Bally, Journal des connaissances médicales , 1833.

(3) Lemaistre, Bulletins de la Société anatomique, 1848.

(4) Vigla, Recherches sur la rupture spontanée de la rate (Archives générales de médecine, décembre 1843 et janvier 1844, 4e série, t. III, p. 377, et t. IV, p. 17).

Valleix, 5e édit. IV 20

MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES

la fièvre typhoïde. Landouzy (1) a vn également un cas de rupture de la rate dans le cours de cette fièvre.

[ Dans son rapport à la Société anatomique, J. Meunier rappelle de nombreux cas de cette lésion empruntés à divers auteurs, et en particulier à des médecins de pays marécageux : Sotis en Italie, et Playfair dans l'Inde; on lira ce travail avec un grand intérêt. Comme fuit exceptionnel, nous signalerons seulement la rupture de la rate observée chez un fœtus de huit mois, communiquée par Charcot à la Société de biologie (2). Le plus souvent, il y avait eu fièvre intermittente, puis traumatisme; dans un cas recueilli par Verga, on ne signale pas de fièvre d’accès. Il arrive, paraît-il, que la rate, sous l’influence d’une cause ignorée, atteint un certain volume et une friabilité qu’un choc ou tout autre accident extérieur vient mettre en évidence par la production d’une rupture. D’autres fois, le traumatisme a été seul en cause. ]

Plainchant (3) a cité un cas de rupture de la rate chez uve épileptique. Cet accident est survenu pendant un accès d'épilepsie plus violent que de coutume.

§ II. — Symptômes.

Les symptômes ressemblent à ceux de la péritonite par perforation (h). Cependant, quelquefois, l’hémorrhagie qui résulte de la rupture de la rate est si considérable et si rapide, que la péritonite n’a pas le temps de se produire.

1° Une douleur constante dans l’hypochondre gauche, où elle peut rester circonscrite, mais s’étendant ordinairement à l’épigastre, à l’ombilic, moins souvent à la fosse iliaque du même côté et aux autres parties du ventre, est le premier signe à noter. Elle apparaît brusquement , augmente ou se soutient jusqu’au moment de la mort, excepté dans les cas rares où celle-ci n’arrive qu’au bout de plusieurs jours, et alors la douleur peut diminuer. Elle est caractérisée par les observateurs, de vive, aiguë, lancinante, cruelle, atroce ; elle est accompagnée, suivant les cas, de chaleur, de brûlure, de plénitude, de pesanteur ou de tension dans les mêmes régions; elle peut arracher des cris au malade ou le faire tomber dans des mouvements convulsifs ; elle augmente par une pression légère, le mouvement, le poids des couvertures.

Si le malade est debout au moment de l’accident, il est obliyé de se coucher ou de s’asseoir, et prend diverses attitudes pour modérer sa douleur. On l’a vu garder jusqu’au moment de la mort les membres inférieurs fléchis sur le ventre, le corps courbé en avant et les coudes appuyés sur les genoux. La fuce est toujours plus ou moins altérée, grippée, anxieuse; le malade est en proie à Y agitation, h la frayeur, souvent au triste pressentiment d’une fin prochaine.

2° Après ces symptômes, on trouve indiqués comme fréquents, mais rarement réunis chez le même individu, un ou plusieurs des phénomènes suivants: ballonnement du ventre à divers degrés; nausées, vomissements de mucus, de bile; diarrhée, constipation ou alternatives de ces deux états, rougeur et sécheresse de la langue, des gencives et des autres parties de la bouche.

(1) Landouzy, Bulletin de l’Académie de médecine. Paris, 1847, t. XIII, p. 320.

(9) Charcot, Rupture de la rate chez un fœtus ( Gazette des hôpitaux, 1858, n° 144).

H) Plainchant Rapport général sur les travaux de la Société médicale de Moulins, 1845.

Voy. chup.’v.ari. i, Péritonite.

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