PÉRITONITE AIGUË. — LÉSIONS ANATOMIQUES
pas été \ersée dans la cavité séreuse à la suite d’une perforation ou d’une rupture ; cl, relativement au cas dont il s’agit ici, il faut remarquer que, peu de temps avant la mort, il est survenu brusquement une douleur vive qui est devenue bientôt intolérable, phénomènes propres à la rupture. [L’hypérémie capillaire peut, évidemment, être portée jusqu’à la rupture de quelques-uns de ces rameaux, ainsi que cela se voit dans d’autres inflammations de séreuses: la péritonite hémorrhagique légitime est donc possible, sans avoir, peut-être, toute l’importance que lui attribuait Broussais.]
Nous avons noté, dans la pleurésie, des espèces d’ulcérations de la séreuse qui occasionnaient des infiltrations purulentes dans la paroi pectorale, et même la perforation du poumon. Dans la péritonite, ou a vu la destruction du péritoine pariétal suivie de l'infiltration purulente du tissu cellulaire sous-jacent, infiltration
qui peut occuper une grande étendue, ou bien, en faisant des progrès, donner lieu ii des collections de pus. Il est souvent difficile de dire si c’est le liquide contenu dans le péritoine qui, par son contact, a déterminé la destruction de cette membrane, ou si une ou plusieurs collections purulentes, formées dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, se sont vidées dans la cavité séreuse. On a vu, en effet, des cas de ce genre, et l’on a donné alors à l’inflammation le nom de péritonite phlegmoneuse.
[Dans un cas de péritonite par perforation, observé par Guibout, et communiqué à la Société médicale des hôpitaux, dans la séance du 24 août 1864 (1), le développement d’un abcès de la paroi abdominale a coïncidé avec les symptômes de la péritonite, sans qu’il y ail eu destruction de la séreuse : il y avait eu propagation i de l’inflammation péritonéale au tissu cellulaire sous-cutané, suivant un mécanisme semblable à celui que Leplat a signalé pour la formation de certains abcès des I parois thoraciques, dans la pleurésie.
b. Bouamy (2) a décrit des accidents fort curieux observés dans une péritonite spontanée : il y avait perforation du diaphragme, à droite, pleurésie du même côté, i refoulement du poumon et fistule broncho-pleurale; les signes de l’hydro-pneumo- 1 thorax et un gargouillement abdominal, à chaque respiration, s’étaient ajoutés aux signes de la péritonite, pendant la vie.]
Nous pourrions encore signaler comme lésion de la péritonite des plaques noires prétendues gangréneuses; mais des fausses membranes colorées en noir par le contact de certains liquides ou gaz en ont pu imposer sur ce point.
Lestons propres aux diverses espèces de péritonites. — Dans la péritonite générale par extension de l inflammation, nous ne trouvons d’autre particularité i qu’une abondance et une fermeté plus grandes des fausses membranes au niveau 'île 1 oiganc primitivement enflammé. Dans les péritonites partielles, il y a cela de r remarquable que presque toujours, dès Je principe, l’exsudation est très-épaisse et s’organise promptement en fausses membranes. De là résultent des adhésions b intimes des organes aux parois, de telle sorte que lorsque la péritonite a disparu ! ‘'depuis un certain temps, les fausses membranes devenant fermes et celluleuses la < cavité du péritoine est effacée dans ce point, à moins que des tiraillements con’ti-
hlr ta
Guibout, Bu.lt. de In Soc. mcd. des hop., 1864, et Union médicale, 1864, u° 1H
, . Ho'lamY' Perforation du diaphragme dans la péritonite (.tournai de ta Sor aeàdém !j)\ ve-lnf 'ri cure , t. NXIY, 1 77e livrais.). '
Vau.kix, 5e édit. ,v ....
338 MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES
nuels u’aient donné à ces fausses membranes la forme de ligaments allongés. Ce sont ces lésions anciennes, ces traces d’une ou de plusieurs péritonites partielles depuis longtemps dissipées, qu’on trouve principalement au niveau des organes atteints de graves lésions chroniques. On les rencontre surtout au niveau du foie, sur l’épiploon, sur les ovaires convertis en kyste.
Dans la péritonite puerpérale , on ne trouve autre chose de remarquable que l’intensité plus grande de l’inflammation dans le petit bassin (au moins chez le plus grand nombre des sujets), un aspect sanieux et une grande fétidité du liquide dans certains cas, et principalement, comme l’a constaté Bourdon (1), lorsqu une perforation de l’utérus, du vagin ou de la vessie, fait communiquer la cavité péritonéale avec l’extérieur. Parfois aussi on trouve une infiltration purulente (2) dans le tissu cellulaire sous-péritonéal. Mais, comme l’ont démontré les auteurs récents, cette lésion est sous la dépendance de la même cause qui produit des collections purulentes dans plusieurs autres points, c’est-à-dire de la phlébite ou de la lym-
phangite utérine.
[Ce qui caractérise principalement la péritonite puerpérale à sa plus liante expression, c’est la rapidité de l’épanchement et son caractère séro - purulent d’emblée. Sans doute on rencontre souvent, en pareil cas, des fausses membranes épaisses, résistantes, étalées à la surface des viscères et faisant adhérer entre eux et aux parois abdominales les intestins, mais souvent on trouve un liquide séropurulent trouble, extrêmement abondant, qui remplit tout le bassin et peut êtie évalué dans certains cas à 3 ou h litres. Dans ce liquide nagent quelquefois des débris de fausses membranes qui n’ont pas eu de tendance à s organiser. Il suffit quelquefois de vingt-quatre heures pour qu’un semblable épanchement se produise. (Voyez à ce sujet, la discussion déjà indiquée dans le livre de Béhier. ) ]
Enfin dans la péritonite par perforation ou par rupture , on trouve les divers liquides versés par l’intestin (matières alimentaires, matières fécales, bile, etc.), et, de plus, les produits de l’inflammation sont surtout abondants aux environs des points perforés. Ils le sont souvent à tel point qu’on a la plus grande peine à découvrir l’ouverture qui a donné passage au liquide irritant. On doit alors procéder avec beaucoup d’attention à la dissection des parois, remplir l’abdomen d’eau pratiquer l’insufflation de l’estomac et de l’intestin, et ne renoncer à ces recherches que lorsqu’on s’est bien convaincu de l’intégrité de tous les organes. C’est en agissant de cette manière quê, dans les cas rapportés par Logerais, on est parvenu à découvrir des lésions qui auraient nécessairement échappe a un examen superficiel Une plus ou moins grande quantité de gaza, dans plusieurs de ces cas, passé dans le péritoine, et s’échappe en sifflant lorsqu’on fait une ponction a l’abdomen, comme cela se passe à la poitrine dans les perforations pulmonaires Tantôt la perforation qui a donné lieu à la péritonite est. unique, tantôt elle est multiple. Louis, dans des cas de fièvre typhoïde, a trouvé jusqu’à trois ou quatre perforations dans la partie, inférieure de l’iléon; on en a vu également plusieurs
... D , Notice sur la fièvre puerpérale , etc. ( Revue médicale, 1841). î Vnv TonneUé lor. cit . - Voillsmier, Histoire de la fièvre puerpérale qui a règne 2 Voy. ^ cliniques pendant l’année 1838 (Journal des connaissances
SSSX, mo p. i). - î.™», I* >“ fièvre puer-
pérale observée à l’hospice de la Maternité, ans, 18 .