PÉRITONITE CHRONIQUE
Broussais (1) a, un des premiers, insisté avec force sur la nécessité d’étudier avec «oui 1 inflammation. chronique du péritoine. Scoutetten, Gendrin et plusieurs
(1) Broussais, Histoire des phlegmasies chroniques
Valleix, 5e édit.
MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES
autres ont traité avec tout le soin désirable la partie anatomique. Andral a rapporté des exemples intéressants de péritonite chronique.
§ I. — Définition, synonymie, fréquence.
On a regardé connue des péritonites chroniques de simples résultats de la péritonite aiguë. C’est ainsi que des fausses membranes anciennes, gênant plus ou moins le jeu des organes, et occupant une plus ou moins grande étendue de la séreuse abdominale, ont été considérées comme de véritables inflammations chroniques. Ce sont, en effet, des accidents chroniques, mais qu’on ne saurait séparer de l’histoire de la péritonite aiguë à laquelle ils appartiennent. La péritonite chronique est une affection du péritoine donnant lieu, dans tout le cours de sa durée, à des symptômes inflammatoires dont la marche est lente et continue.
Cette affection a été désignée par quelques auteurs sous les noms d'inflammation péritonéale, inflammation du mésentère, inflammation chronique du basventre. Le nom de péritonite chronique est généralement employé.
Elle n'est pas fréquente. Dans la phthisie cette maladie se rencontre chez un nombre assez notable de sujets.
§11. — Causes.
D'après Chomel (1), la péritonite chronique se produit principalement sous {'influence de l'affection tuberculeuse. Louis ne l’a jamais rencontrée que chez les sujets affectés de tubercules (2). Dans quelques cas rares, on a vu un dépôt de matière cancéreuse, à la surface des organes abdominaux ou dans les replis du péritoine, donner lieu à l’inflammation chronique de celui-ci. Ce sont là les péritonites qui, suivant la division d’ Andral, sont chroniques dès leur début... Il en est encore quelques autres qui se présentent dès l’abord avec celte chronicité : ce sont des péritonites partielles dues aux inflammations chroniques des divers organes, à la production de certains kystes, d’abcès, etc. Ces péritonites chroniques sont fort rares; dans les cas dont il s’agit, en effet, ce que l’on voit survenir communément, c’est une péritonite aigue se terminant par des adhérences plus ou moins intimes, mais ces adhérences ne constituent pas une inflammation, elles n’en sont que le
produit.
Dans d’autres cas, ce qui donne lieu à la péritonite chronique est, soit une perforation qui a été promptement limitée par de fausses membranes, soit une inflammation très-vive d’un organe suivie d’une inflammation du péritoine voisin, inflammation qui s’est communiquée au reste de la séreuse. En lisant attentivement les trois premières observations de péritonite chronique rapportées par Andral, on y trouve des exemples de ces diverses espèces; ce sont celles, qui, aiguës à leur début, prennent ensuite le caractère chronique, et voici comment les choses se passent en pareil cas L’inflammation vive, en se communiquant au péritoine, produit d’abord des symptômes violents, puis cette inflammation venant à se calmer, la sécrétion de fausses membranes et de sérosité plus ou moins altérée continue à se faire dans le péritoine, et la péritonite devient chronique.
[Les auteurs du Compendium et Grisolle (3) envisagent à peu près de la même
(1) Chomel, Dictionn. de méd. en 30 vol., I. XXlli, p. 595. .
(2) Louis, toc. dt., p. 270. ......
(3' Grisolle, Traité élémentaire d pratique de pathologie interne.
Paris,