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PÉRITONITE CHRONIQUE. — SYMPTÔMES

façon la péritonite chronique. Grisolle refuse ce nom, et avec raison, à presque tous les accidents qui ne sont, sur le péritoine, qu’une conséquence ou une atténuation de la péritonite aiguë. Cette appréciation diminue considérablement le nombre des cas de péritonite chronique simple. On devra même en défalquer les observations dans lesquelles le péritoine participe, par raison de voisinage, à l’inflammation de l’utérus ou à des phlegmons sous-péritonéaux et que l’on trouve souvent intitulées, à tort, péritonites chroniques .]

Les causes prédisposantes et occasionnelles de la péritonite chronique n’ont pas été étudiées autant qu’on pourrait le désirer, néanmoins il en est un certain nombre que nous connaissons et qu'on ne saurait passer sous silence, bien qu’on ne puisse pas en évaluer numériquement l’importance. Parmi les causes prédisposantes, Y âge doit être considéré tout d’abord : en effet, c’est chez les jeunes sujets que se rencontre principalement la péritonite tuberculeuse, et l’on peut affirmer qu’elle est surtout fréquente dans l’adolescence. Cette circonstance s’accorde parfaitement avec ce que l’on sait du développement des tubercules. Or, comme nous l’avons dit plus haut, la péritonite chronique s’observe surtout chez les sujets tuberculeux, soit que la maladie débute par les ganglions mésentériques, soit qu’elle ait son point de départ dans des ulcérations de l’intestin, ou qu’elle se montre sous forme de diathèse affectant un grand nombre d’organes et d’appareils à la fois.

D’autres causes prédisposantes et occasionnelles ont été étudiées ; parmi ces causes nous citerons les habitations humides et malsaines, l’absence de lumière solaire, le transport et l’acclimatation forcée dans un pays plus froid et plus humide que celui qu’on avait habité jusque-là, une mauvaise nourriture et la misère. L’état cachectique qu’engendrent les privations et la misère, principalement dans les grandes villes du nord de l’Europe, se traduit et se termine fréquemment par la péritonite chronique tuberculeuse. ]

§ III. — Symptômes.

Péritonite tuberculeuse. — C’est là l’espèce qui se présente presque toujours à l’observation.

[Les symptômes en ont déjà été décrits par Louis (1), mais d’une façon générale qui, peut-être, comporterait quelques distinctions en rapport avec la variabilité d’allures de la maladie. Nous allons chercher à les indiquer d’après les travaux modernes et notre expérience personnelle.

lise présente, chez les tuberculeux, deux formes de péritonite: l’une est le résultat d’ulcérations intestinales; l’autre marche avec le développement de granulations tuberculeuses sur le péritoine.

1° Péritonite par ulcérations intestinales. — On connaît la raison et la fréquence des ulcérations qui envahissent, dans la phthisie pulmonaire, la muqueuse de l’estomac et de l’intestin : ces accidents ne se révèlent pas toujours pendant la vie, mais quand ils le font, c’est ordinairement par les signes de la péritonite chronique.

Dans le cours d’une phthisie pulmonaire confirmée, il survient, chez le malade, des troubles gastro- intestinaux que ne légitime pas encore le degré de cachexie

(t) Louis, tiech. sur la phthisie. Paris, 1843.

MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DJ f. EST l Y ES.

auquel il est arrivé: de la gène, puis de la douleur abdominale se fait spontanément sentir ; cette douleur est exagérée par la pression, mais a un degré qui n’cmpèclie point l’exploration du ventre. Elle est continue et laisse peu de repos au malade. Le ventre perd sa souplesse, ne s’élève que médiocrement et les parois dessinent les bosselures intestinales. L’état général ne paraît pas beaucoup plus grave qu'au paravant: il y a toujours un peu d' accélération du pouls, peu de sommeil, un appétit capricieux et toujours médiocre, de la diarrhée. Cette situation peut durer plusieurs mois. Le malade dépérit de plus en plus : a un moment donné, la sensibilité abdominale s’exagère considérablement, le ventre se mélcorise et présente de la fluctuation dans les côtés : il y a des vomissements assez souvent verdâtres. Le pouls est petit et fréquent, la peau froide, la face anxieuse et grippée.

2° Péritonite granuleuse.— Cette forme se présente ou bien, d’emblée, chez un individu qui jusque-là n a\ait pas donne de signes de lubciculcs, ou bien chez un sujet déjà convaincu de phthisie pulmonaire. Dans l’un et l’autre cas, la péritonite peut être associée à des phénomènes thoraciques ou cérébraux intenses, ou èlre assez longtemps isolée. Enfin, elle peut être relativement rapide ou lente.

Lorsqu’elle est rapide, le début de la maladie ressemble à celui d’une pyrexie. Le malade éprouve de la fièvre , du mal de tète, quelques bourdonnements d'oreilles, parfois des épistaxis; il perd le sommeil, l'appétit et se plaint du ventre.

Il y a un peu de constipation, plus rarement de la diarrhée. Le ventre se ballonne, est partout un peu sensible à la palpation ; les parois sont moins souples qu’à l’état normal ; la rate est souvent volumineuse. La température du corps s'élève; il y a des sudamina; l’intelligence est généralement nette ou bien il y a du délire

nocturne.

Quand elle procède lentement, elle se manifeste par la perte d appétit et des alternatives de constipation et de diarrhée, si les malades ne sont déjà phthisiques: un peu plus tard, il y a des nausées et des vomissements, sans fièvre ou avec un léger mouvement fébrile le soir. Le ventre gêne plutôt qu’il ne fait souffrir le malade ; il est à peine sensible à la palpation, un peu ballonné; sa paroi est tendue, assez dure et rénitente. On constate, à la percussion, un degré médiocre d'ascite; quelquefois, on peut percevoir à la main le frottement péritonéal. L’état général est insignifiant, sauf le dépérissement progressif des individus, à moins que d’autres manifestations ne soient suscitées par le thorax ou le cerveau, accidents que nous ne saurions décrire puisqu’ils ne dépendent pas de la péritonite.

Ce résumé des formes de péritonite granuleuse que l’on retrouverait, sans doute, dans les anciens, ressort des observations modernes de Leon Colin (1), de S. Empis (2) et de quelques autres travaux épars. ]

Ces symptômes ont pu plusieurs lois faire diagnostiquer 1 existence de tubercules pulmonaires, qui ne donnaient lieu à aucun signe appréciable du côté de la poitrine. Louis en a rapporté des exemples, et Jackson (3) en a recueilli dans le service de ce médecin, qui l’ont vivement frappé. Nous ayons observé un cas du même genre à l’hôpital de Loureine chez une femme dont rien, du côté des organes

m Léon Colin, Études clin, de méd. ■militaire. Paris, 1804.

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(2) S. Empis, De la granulie. Paris, 1805.

(3) Jackson, A JJemoir of James Jackson, l.oston, 183o.

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