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PÉRITONITE CHRONIQUE. — LÉSIONS ANATOMIQUES

(thoraciques, ne pouvait faire soupçonner l’existence d’une phthisie pulmonaire, .et qui cependant avait des granulations tuberculeuses dans les deux poumons.

La péritonite chronique cancéreuse présente à peu près les mêmes symptômes,

, et ce n’est qu’en étudiant l’état des divers organes où peut s'ètre développé le , cancer que l’on reconnaît la nature de la maladie; toutefois il est quelques-uns des phénomènes précédents, comme la diarrhée et les sueurs, qui n'existent pas.

Les péritonites générales aiguës à leur début, et devenues ensuite chroniques présentent, lorsqu’elles sont arrivées à ce dernier état, des phénomènes semblables à ceux de la péritonite tuberculeuse, sauf que les symptômes pectoraux manquent , à moins de complication, et que la diarrhée colliquative, les sueurs nocturnes, sont généralement moins marquées.

Les péritonites chroniques partielles se reconnaissent a la douleur locale, a la tuméfaction du ventre, et elles se distinguent des précédentes, principalement par l’existence de la lésion organique à marche chronique qui leur a donné naissance.

g IV. — Marche, durée, terminaison.

[La péritonite par ulcérations tuberculeuses emporte les malades en vingt-qualie ou quarante-huit heures à partir du moment où elle revêt les symptômes violents de la seconde période. La première forme de la péritonite granuleuse est de courte durée ; après dix, quinze, trente jours, qu’il survienne ou non des manifestations thoraciques, le sujet succombe dans le coma, comme sous 1 empire d une maladie générale, plutôt qu’il ne meurt de péritonite, ou bien, il y a rémission et passage à la forme suivante. La forme lente peut durer fort longtemps, dépasser toute une année : elle a des phases de rémission et pourrait même guéiii, d’après L. Colin et Empis. Plus souvent, les malades s’éteignent dans le marasme ou bien l’apparition de phénomènes thoraciques et cérébraux donne à la maladie une activité rapidement fatale. ]

Comme toutes les inflammations secondaires, la péritonite chronique a une nfluence fâcheuse sur la marche de la maladie principale, et elle tend à hâter la terminaison funeste.

g V. — Lésions anatomiques.

On trouve dans le péritoine un épanchement de sérosité dont la quantité varie beaucoup. Le liquide est plus ou moins chargé de flocons albumineux; parfois il contient une certaine quantité de pus, et chez quelques sujets on trouve du pus parfaitement reconnaissable.

Des fausses membranes souvent très-abondantes, réunissant tout le paquet intestinal, de manière qu’il soit difficile d’en reconnaître toutes les parties, se montrent fréquemment à l’autopsie. Parfois ces fausses membranes sont disséminées et minces. Sous ce rapport il y a de très-grandes différences suivant les cas. La consistance de

ces pseudo-membranes est également très-variable. Chez certains sujets on en trouve de molles et de jaunâtres en certains points, tandis qu’ailleurs elles sont épaisses, blanches et fermes, qu’ailleurs encore elles sont purement celluleuses. [Dans la péritonite qui a eu pourpoint de départ les ulcérations de la muqueuse intestinale, les fausses membranes ont plutôt le premier caractère, c’est-à-dire celui d’un coagulum fibrino-purulent ; celles de la péritonite granuleuse ont, au contraire, l’appa-

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ronce semi-organisée; pour L. Colin et S. Empis (1), elles sont absolument de la môme nature que les granulations, et même, selon le dernier auteur, l’inflammation granuleuse péritonéale serait primitive et non secondaire aux granulations.

Les ulcérations intestinales proviennent du ramollissement des tubercules qui ont envahi les follicules, soit solitaires, soit agminés, accident fréquent, au témoignage de Cruveilhier (2) : les ulcères ressemblent beaucoup à ceux de la fièvre typhoïde : à leur niveau se trouvent des plaques d'adhérence épaisses et molles.]

Signalons le dépôt dans les fausses membranes, soit de granulations dont l’apparence n’a nullement l’aspect tuberculeux, et qui ont été regardées par Scoutetten comme des concrétions fibrineuses, soit de véritables tubercules arrondis, saillants, friables. Dans quelques cas même on trouve une partie de la fausse membrane complètement transformée en matière tuberculeuse. Quelquefois, mais beaucoup plus rarement, on y a trouvé de la substance mélanique. Les granulations indiquées plus haut sont parfois tellement abondantes, que la surface de la fausse membrane en est toute parsemée, ce qui lui donne un aspect rugueux. [D’après S. Empis, les granulations se développent soit à la surface du péritoine, soit dans le tissu cellulaire sous-séreux, soit dans les masses celluleuses de nouvelle formation. La couche de lymphe plastique primitivement déposée à la surface du péritoine fait quelquefois croire qu’elles sont dans l’épaisseur de cette membrane (3).]

Le dépôt de matière tuberculeuse dans les pseudo-membranes n’est pas constant: et comme, d’un autre côté, les tubercules sous-péritonéaux sont loin d’être fréquents dans les cas de péritonite tuberculeuse, la péritonite chronique des tuberculeux n’est autre chose qu’une lésion inflammatoire due « à une cause spéciale à laquelle l’intensité et la durée du mouvement fébrile viennent sans doute se joindre, comme cela a lieu pour les maladies aiguës, dans un certain nombre de cas. » Les choses se passent de la même manière chez les enfants.

Nous avons vu dans un cas, à l’Hôtel-Dieu annexe (à), une espèce d'éruption semblable aux vésicules des sudamina, sur toute la surface des circonvolutions intestinales, chez un phthisique affecté de péritonite chronique. Ces vésicules avaient, en général, la grosseur et la transparence des sudamina; lorsqu’on les perçait avec une épingle, on en faisait sortir une gouttelette de liquide limpide, et puis on n’en trouvait plus de trace. Après avoir fait dessécher l’intestin, ces vésicules ont conservé en partie leur forme, et lorsqu’on les enlevait avec la pointe d’une épingle, on voyait que l’on avait soulevé une petite portion du péritoine, au-dessous duquel était un petit vide résultant de la dessiccation du liquide, et la surface avait l’aspect des sudamina desséchés et rompus. Le péritoine remplaçait là l’épiderme. [Dans la péritonite granuleuse, la rate et les ganglions lymphatiques sont presque constamment hypertrophiés et présentent des granulations ou du tubercule dans leur épaisseur. (L. Colin et S. Empis.)]

Mentionnons les colorations en rouge brun ou noirâtre de la membrane ou du tissu sous-jacent, les taches grisâtres qu’elle présente ; son épaississement et celui

(1) L. Colin, Études de médecine militaire , p. 46 et 74, et Empis, De la Granulie , p. 29 et suiv.j

(2) Cruveilhier, Traité d’anat. pathol., 1862, t. IV, p. 719.

(3) S. Empis, loc. cit., p. 74 et 75.

(4) Voy. Valleix, Considérations pratiques sur la péritonite chronique et. son traitement ( Bulletin général de thérapeutique, juin 1846, t. XXX, p. 409).

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