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LIVRE NEUVIÈME

Avant Morgagni, quelques auteurs avaient publié des faits d’anatomie pathologique intéressants, et ce médecin célèbre en a cité un certain nombre qui ont jeté un nouveau jour sur la pathologie des organes génito-urinaires. Cet exemple a été ensuite imité par plusieurs auteurs; mais ce n’est que daus ces dernières années, on peut le dire, que les affections des reins ont été étudiées avec tout le soin désirable; et à ce sujet, nous répéterons ici ce que, dans un travail publié en 18A2 (1), nous avons dit à propos des affections rénales, dont nous donnerons d’abord la description : « Les maladies des reins, disions-nous en commençant, ont, dans ces dernières années, attiré d’une manière toute particulière l’attention d’un grand nombre d’observateurs. Aussitôt que Brigbt eut fait connaître les rapports qui existent entre une affection particulière de cet organe et certaines hydropisies que, depuis Cotugno jusqu’à lui, on avait signalées sans les rapporter à aucun état organique déterminé, on se livra avec la plus grande ardeur à l’étude des affections rénales. Mais jusqu’à Rayer (2), les auteurs n’avaient pas embrassé ces affections dans leur ensemble, ils avaient borné leurs investigations à quelques-unes d’entre elles et aux modifications de l’urine dans un plus ou moins grand nombre de maladies diverses. » [La voie si largement ouverte par Bright et Rayer ne devail plus être abandonnée. Des physiologistes éminents, à la tête desquels il est de toute jus- tice de placer Claude Bernard (3), ont remis à l’étude les fonctions des reins et les ont éclairées d’un jour nouveau. Tout ce qui a trait à l’influence de l’alimentation sur la composition de l’urine, aux conditions qui favorisent l’excrétion de l’albumine, à la rétention et la transformation de l’urée dans le sang et à son rejet au dehors de l’économie, a été expérimentalement étudié. Appuyée sur les données positives de la physiologie, de la chimie pathologique et de l’histologie, la médecine, marchant d’un pas plus sûr, a édifié sur des bases solides la pathologie rénale. Tout n’est pas fait, bien certainement ; la théorie est encore souvent mise à la place de la vérité démontrée; mais on ne peut s’empêcher de reconnaître les services rendus par les travaux importants de Wilson (A), qui, en 1833, fonda la théorie de l’urémie ; de Frericbs (5), qui attribue les accidents cérébraux de l’albuminurie à l’intoxication du sang par le carbonate d’ammoniaque ; de Simpson (6), de Landouzy (7), sur V amaurose albuminurique ; de Blot (8), sur Y albuminurie des femmes enceintes ;

(1) Bright, Archives générales de médecine, 1842, 3e série, t. XV, p. 59, 249.

(2) Rayer, Traité des maladies des reins considérés dans leurs rapports avec la sécrétion urinaire. Paris, 1836, 1840, 1841, 3 vol. in-8, avec atlas de planches coloriées.

(3) Claude Bernard, Leçons sur les propriétés et altérations des liquides de l’organisme. Paris, 1859.

(4) Wilson, On fils and sudden Death in connexion with Diseasc of the Kidney [Land. med. Gazette , 1833).

(5) Frerichs, Die Brightsche Nierenkrankheit., 1851.

(6) Simpson, Med. -chirurgical Transactions, 1846.

(7) Landouzy, Bulletin de l’Académie de médecine , 1849.

(8) Blot, De P albuminurie des femmes enceintes , thèse 1849*

d Imbert-Gourbeyre (1), sur le même sujet. L’albuminurie a suscité bien d’autres tKivaux que nous aurons souvent l’occasion de rappeler. Qu’il nous suffise, pour le moment, de donner une mention spéciale aux travaux d’ensemble, où toutes les doctrines sont appréciées avec un véritable talent.

Becquerel (2), Lorain (3), Beale (li), Jaccoud (5), Gubler (6), Roberts (7), Leioy (d Etiolles) fds (8), ont rendu à leurs successeurs la tâche facile en présentant 1 état actuel de la science dans des monographies aussi consciencieuses qu’habilement élaborées. ]

On pourrait diviser celte partie de la pathologie en deux sections, dont l’une comprendrait les affections des voies urinaires, et l’autre celles de l’appareil génital. Mais cette division présente des difficultés, parce qu’il est des maladies qui ont leur siège dans des parties communes h ces deux appareils. Nous les décrirons donc à mesure qu elles se présenteront dans les divers organes, en commençant par les reins.

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