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APOPLEXIE RÉNALE

Cette affection n’a été admise que par suite de rccheiches anatomiques. Rayer (1) en a cité quelques exemples; mais les symptômes manquent complètement.

Des ecchymoses peuvent être rencontrées dans la substance corticale, dans la substance tubuleuse et dans le bassinet.

On observe aussi des infiltrations sanguines dans le tissu cellulaire de la scissure du rein et du bassinet.

L’hémorrhagie des reins se montre quelquefois sous une forme très-remarquable; c’est une sorte à' apoplexie rénale. A la surface extérieure du rein affecté, on aperçoit des éminences noueuses, irrégulières et bosselées, les unes d’un noir ■ foncé, les autres de couleur chamois plus ou moins pure, ou bigarrée de parties noires. Toutes ou presque toutes ces éminences sont entourées par des lignes d’un brun foncé. A la longue, la substance du rein paraît envahie et gonflée par du sang noir. Son tissu est grenu; nulle part on n’aperçoit de caillots sanguins ni de lacunes résultant de l’absorption du liquide. Le sang est infiltré et combiné avec Ja substance rénale.

Le sang ainsi infiltré dans le rein prend plus tard un aspect jaunâtre, analogue à celui des dépôts fibrineux qu’on rencontre dans la rate. Cette altération jaunâtre qui siège principalement dans la substance corticale, est alors entourée par une ligne rouge irrégulière. Dans quelques endroits on trouve de petits îlots jaunâtres, isolés des masses principales. On ne peut exprimer le pus de ces masses; 1 humeur qu’on obtient par la pression offre le plus souvent, au microscope, une foule de petits globules sanguins, mais point de globules purulents. (Rayer.)

Dans quelles circonstances se produisent ces altérations? Quels sont les symptômes auxquels elles donnent lieu?

[Il n’y a pas de réponse catégorique possible à ces différentes questions. Les hémorrhagies capillaires qui accompagnent toute espèce d’inflammation aiguë du parenchyme des reins, sont ordinairement versées dans l’intérieur des tubes et rejetées par les urines. Cependant elles peuvent infiltrer de granules hépatiques les épithéliums et les capsules de Malpighi. Il y a aussi des tubes fibrineux cylindriques dans les canalicules, faciles à reconnaître et d’une certaine valeur pour le

(1) Rayer Traité des maladies des rems, t. III, p. 329.

Maladies des voies génito-urinaires.

diagnostic de la provenance de l’hémorrhagie (1). Quelle valeur faut-il attribuer aux signes diagnostiques invoqués par Roberts (2) ? Selon lui, le sang provenant < es reins se diffuse d’une manière égale dans l’urine ; il lui communique une teinte longeât re ou une teinte fumeuse particulière, et par le repos y dépose des grumeaux de couleur chocolat. Le sang versé par quelques parties des voies urinaires audessous du rein (uretère, vessie, urèthre) communique à l’urine une couleur rose ou vermillon, et fréquemment on trouve des coagulums particuliers? Ces symptômes, comme on le voit, sont loin d'être suffisants, et déduits de la théorie plutôt que de l’observation directe. Presque toujours une apoplexie rénale ne sera reconnue qu’à 1 autopsie, d’autant plus facilement que cette affection est très-rare : Cruveilhier (3) ne l’a vue que deux fois, et encore dans ces deux fois elle était secondaire à une maladie générale. C’est qu’en effet les hémorrhagies rénales ne sont jamais primitives. Nous en dirons tout autant de Yhypérémie rénale, qui ne s’est montrée que comme lésion secondaire ou comme le premier effet de l'inflammation. Du reste, son histoire revient de droit à l’article Alruminurie, Qu’à la suite de congestion,

1 augmentation de pression du sang dans les vaisseaux des glomérules soit susceptible, a elle seule, de déterminer le passage de l’albumine dans les urines, ou pour que ce passage ail lieu, qu’une altération concomitante des cellules des canalicules soit nécessaire (h), il est certain que l’hypéréniie rénale joue un rôle important pour la production des phénomènes secondaires des fièvres graves (scarlatine et typhoïde) (5), mais son existence ne reste jamais isolée, et sa description ne peut convenir qu’à la pathologie générale.]

ARTICLE II

néphrite simple aiguë.

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

On doit donner seulement le nom de néphrite simple à celle qui, produite par une cause quelconque, ne laisse après la mort que les produits ordinaires de V inflammation, c’est-à-dire la rougeur, le gonflement, le ramollissement et la suppuration. Par là, nous écartons la néphrite rhumatismale , la néphrite albumineuse, et peut-être quelques autres sur lesquelles nous ne pouvons nous expliquer encore, parce qu’il faut préalablement les étudier avec soin. [Il n’est pas exact de désigner sous le nom de néphrite simple (ô) toute inflammation partielle ou générale de la substance du rein, quelle qu’en soit la cause, sinon il faudrait considérer comme simples les néphrites albumineuse et rhumatismale dont les caractères assez accusés permettent une description isolée. Toutefois Lebert (7), éclairé

(1) Lebert, Traité d'anatomie pathologique générale et spéciale , 1861, t. II, p. 350.

(2) Roberts, Urinary and Rénal Diseuses. London, 1865, p. 97.

(3) J. Cruveilhier, Traité d'anatomie pathologique générale, 1862, t. IV, p. 230.

(4) Gornil, Sur les lésions anatomiques du rein dans T albuminurie, thèse de Paris, 1864,

(5) Samuel Chede vergue, De la fievre typhoïde et de ses manifestations congestives ; inflammations hémorrhagiques, thèse inaugurale, 1864, p. 71.

(6) Monneret et Fleury, Compendium de médecine, t. IV, p. 154.

(7) Lebert, Traité d'anatomie pathologique générale et spèciale, ou Description et iconographie pathologique des affections morbides tant liquides que solides observées dans le corps humain. Paris, 1861, t. II, p. 329.

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