NÉPHRITE SIMPLE AIGUE. ■ — • CAUSES
par les belles recherches de Virchow sur l'inflammation parenchymateuse, reconnaît que la maladie de Bright ne peut être séparée des affections inflammatoires, et qu’il n’y a pas de limite possible entre la néphrite simple et la néphrite albumineuse. Si cependant nous reconnaissons que l’inflammation simple des reins aboutit fréquemment à la purulence et que les deux autres ne dépassent jamais l’hypérémic et l’hyperplasie cellulaire, nous serons forcé de maintenir la division que nous avons indiquée. ]
Cette affection a reçu les noms de nephritis; fièvre néphrétique , inflammation des reins , népliritie , et même colique néphrétique, parce que, comme nous l’avons dit, toutes les maladies des reins donnant lieu à des symptômes aigus ont été décrites comme de véritables néphrites.
La fréquence de la néphrite simple n’est pas grande; ce qu’il y a surtout de remarquable, c’est l’extrême rareté de la néphrite aiguë simple développée spon- * tanément. C’est au point que Chomel a pu mettre un moment en question l’existence même delà maladie; « Néanmoins, la distinction admise par tous les auteuis d’une néphrite calculeusc ou d’une néphrite essentielle, un certain nombre d observations relatives à des suppurations des reins, dans lesquelles il n’est pas fait mention de la présence des calculs, quelques laits très-rares dans lesquels des auteurs dignes de confiance indiquent d’une manière expresse l’absence de ces calculs, ne permettent point de rejeter l’existence de la néphrite spontanée, »
Des exemples de néphrite simple spontanée ont été rapportés par Rayer (1) ; ils sont très-peu nombreux. La néphrite par violence externe, ou néphrite traumatique, est plus fréquente; mais c’est l’inflammation des reins causée par des calculs urinaires qu’on observe presque toujours.
§ II. — Causes.
1° Causes prédisposantes. — Il n’est pas douteux que la maladie dont il s’agit ici ne soit, d’une manière générale, bien plus fréquente dans l'âge adulte et dans la vieillesse que dans l’enfance. La néphrite causée par la présence des calculs, ou néphrite calculeuse, est relativement moins rare dans la seconde enfance que les autres espèces, ce qui tient à ce que la formation des calculs dans les voies urinaires est assez fréquente à cette époque de la vie. Les vieillards sont beaucoup plus sujets que les adultes à cette espèce de néphrite.
Sexe. — Rayer a confondu, dans l’appréciation des causes, la néphrite aiguë et la néphrite chronique. Chomel n’a pas fait mention de cette cause prédisposante (2). Quoiqu’on pense que la néphrite aiguë est plus fréquente chez les hommes tpie chez les femmes, c’est un fait qui n’est pas démontré.
On n’a pas fait de recherches satisfaisantes sur l’influence de la constitution et du tempérament.
Climats. — Nous n’accueillerons qu’avec réserve quelques observations particulières qu’on s’est hâté de généraliser. On a dit que la néphrite et les affections calculeuses étaient plus communes dans les pays froids et humides que dans les pays chauds; mais, d’un autre côté, la gravelle urique, l’hématurie et les coliques néphrétiques sont endémiques à l’île de France, située sous les tropiques (Rayer)*
(1) Rayer, Traité des maladies des reins.
(2) Chomel, Recherches sur la néphrite ( Archives générales de médecine , 1837).
C’est, dit encore Rayer (1), une opinion fort ancienne, née d’un petit nombre d’observations, que le rein gauche est plus exposé à l’inflammation que le rein droit; les calculs sur lesquels repose cette assertion doivent être répétés sur une plus grande échelle. Dans onze cas observés par Louis, et dont Cossy nous a transmis le résumé, la néphrite, survenant toujours dans le cours d'autres maladies , occupait les deux reins.
Même incertitude relativement à l’influence de la vie sédentaire , de l 'habitude de rester longtemps au lit , de coucher sur la plume , d’avoir une nourriture trop succulente , même de l’ hérédité , conditions citées par les auteurs. L'hérédité se remarque dans l’étiologie des calculs urinaires, qui donnent, plus souvent que toute autre condition morbide, naissance à l’inflammation du rein.
2° Causes occasionnelles. — On a observé assez souvent une néphrite par violence extérieure , ou néphrite traumatique. La maladie est alors causée par une contusion du rein, par une plaie de cet organe, par de violentes secousses, une forte commotion , et même, suivant Rayer, par un effort musculaire, dans lesquels les parois du ventre se sont violemment contractées. Sans nier cette dernière cause, nous n’en avons pas trouvé d’exemples authentiques, et dans les cas de néphrite traumatique cités par Rayer, il y a eu toujours une cause plus directe, comme un coup de pied de cheval, une chute sur les reins, une plaie, etc.
La néphrite causée par la présence d’un calcul, ou néphrite calculeuse, se rapproche de la précédente sous le rapport de l’étiologie. Il s’agit toujours en effet d’une violence ou plutôt d’une action mécanique exercée sur les reins; seulement, dans les cas de calculs, ces corps étrangers exercent leur action dans l’intérieur même de l’organe. L’irritation et parfois l’inflammation qu’ils déterminent dans les calices et le bassinet se communiquant à la substance du rein, il en résulte une néphrite plus ou moins profonde.
Rapprochons de ces causes la distension des organes par l'urine et le pus. On trouve un assez grand nombre d’exemples de ce genre où l’inflammation du rein a été déterminée par un obstacle mécanique variable suivant les cas. Ce sont: 1° la présence d’un calcul obstruant l'uretère ; 2° une végétation produisant le même effet; 3° des tumeurs comprimant ce canal; 4° des affections de la vessie, du rectum , de Y utérus ; et 5° enfin, la paraplégie, qui détermine la paralysie de la vessie, et par suite l’accumulation du liquide dans les voies urinaires. [L’inflammation du rein complique très-souvent celles de la vessie ou de l’urèthre par voie de propagation. L’observation peut en être faite très-souvent dans la chirui'gie de l’appareil urinaire, soit après un cathétérisme, soit après une opération de litbotritie, ou encore pendant une cystite aiguë, dans le cours d'une cystite chronique. On s’accorde généralement aujourd’hui à penser que ce sont les néphrites qui emportent les malades atteints d’affections de la vessie et de l’urèthre. Mallez en a vu un cas très-remarquable. Rien de plus fréquent qu’une néphrite simple après la moindre irritation uréthrale ou vésicale. Celle-ci est une contre-indication à toute opération ou à toute manœuvre dans la vessie ou dans l’urèthre.
L’influence de la paraplégie exige une explication : il ne faudrait pas croire que toutes les fois que l’on rencontre une maladie des reins avec une paraplégie, la
(1) Rayer, toc. cit.} t. I, p. 296.