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NÉPHRITE SIMPLE AIGUË. — SYMPTÔMES. Ô

survenues sans cause connue; cl si l’une des observations intitulées par Rayer Néphrite simple avec symptômes cérébraux est remarquable par la violence du frisson initial, il n’est pas moins digne de remarque que les deux autres, empruntées à Abercrombie (1), n’ont nullement débuté de cette manière. Ce qu’il faut dire, pour être dans le vrai, c’est que, dans la minorité des cas, la néphrite simple aiguë débute par un frisson plus ou moins violent, et que, généralement alors, il s’agit d’une inflammation intense. Dans les autres cas, la douleur est le premier phénomène observé, puis viennent les troubles de la sécrétion et de l’excrétion de l’urine, et les autres phénomènes qui vont être décrits. L’inflammation des reins ne diffère pas de celle des autres organes, et le frisson qu’elle présente n’a rien de particulier.

La néphrite aiguë qui a été occasionnée par une contusion ou une blessure du rein survient au milieu des symptômes produits par la blessure ou par la contusion, ou bien ceux-ci s’étant calmés, elle se manifeste parles signes qui lui sont propres. De même, cette maladie se produisant parfois, ainsi que nous l’avons vu, dans le cours d’autres affections des voies urinaires, c’est au milieu des phénomènes causés par ces dernières qu’il faut chercher ceux qui annoncent l’invasion du rein par l’inflammation, et qui sont l’apparition ou la recrudescence de la douleur rénale, et parfois le frisson.

Symptômes. — La douleur , qui, contrairement à l’assertion de Rayer, s’est montrée fréquemment comme le premier symptôme de la néphrite aiguë, n’occupe ordinairement, suivant cet auteur, qu’un seul côté; nous voyons, au contraire, que dans Ceux qui ont été observés par Louis, elle a toujours existé dès le début dans les deux régions rénales. Parfois, après avoir envahi un rein, elle se porte à celui du côté opposé. Quelques auteurs ont donné pour limites à la douleur du rein gauche, d’une part la onzième côte, et de l’autre la crête de l’os des des, et à celle du rein droit ce dernier point et la douzième côte. Suivant Naumann (2), la douleur du rein droit gagnerait le foie, et celle du rein gauche les parties inférieures. Le point de départ de la douleur est au niveau du muscle carré des lombes, et l’on observe des irradiations.

Elles n’ont pas lieu dans tous les cas, et il est très-probable que l’on aurait trouvé un plus grand nombre d’exceptions, si l’on n’avait pas confondu dans une seule description la néphrite simple non calculeusc et la néphrite calculeusc. Rayer, qui, plus que les autres auteurs, a recherché ce qui appartient en propre à la néphrite proprement dite, est atissi celui qui a reconnu le plus explicitement la possibilité de cette concentration de la douleur dans la région du rein. Il serait inexact de dire que, lorsqu’il n’existe aucun calcul, la douleur ne s’irradie pas, car elle peut se porter au loin, en suivant certaines directions. Lorsque la néphrite n’est pas causée par les calculs, la douleur s’irradie presque invariablement le long des uretères, de la vessie et du canal de l’urèthre, et elle gagne le testicule et même la cuisse du côté affecté. Dans les cas où l’on a vu celte douleur se porter vers l’estomac, vers le foie et vers l’épaule, on a eu presque toujours, si ce n’est tou-; jours, affaire à une néphrite calculeusc.

(1) Abercrombie, The Jidinburgh med. and sur y. Journal, l. XVII.

(2) Naumann, tlandbucli der médian, Klinik. Berlin, 1839, t. VIH.

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La douleur est quelquefois très-vive et paraît superficielle, et plus souvent elle est sourde et profonde. Si l’on 11e distinguait pas la néphrite non calculeuse de la néphrite calculeuse, il faudrait s’exprimer différemment, car les douleurs causées par l’action d’un calcul sont presque toujours très-vives, et l’on peut dire que la douleur due à l’inflammation n’égale jamais celle que produit un calcul qui se déplace. Nous trouvons ici la même différence que nous avons signalée entre la donleur due à l’inflammation du parenchyme du foie et celle que produit un calcul biliaire engagé dans les conduits d’excrétion de ce viscère.

O11 a dit que la douleur rénale était quelquefois pulsative, mais il est bien rare qu’elle se présente avec ce caractère ; ce sentiment de pulsation est au contraire ordinaire dans les périnéphrites (Rayer). D’après les observations de néphrite non calculeuse, la douleur consiste ordinairement dans un sentiment de tension souvent extrêmement incommode.

On a vu des cas dans lesquels la douleur à la vessie était plus vive que la douleur rénale; il y avait en même temps émission fréquente de très-petites quantités d’une urine décolorée et transparente, sans globules muqueux; et dans des cas où la vessie avait été le siège principal, sinon exclusif, des douleurs, elle n’a présenté, après la mort, qu ■ des lésions très-légères, tandis que les reins étaient profondément altérés.

Quoique les points qui viennent d’être indiqués soient ceux qui sont ordinairement occupés par la douleur, il ne faut pas croire qu’ils en soient toujours uniquement le siège. Dans plusieurs observations, en effet, nous trouvons qu’une grande partie de l’abdomen et la région lombaire tout entière étaient occupées par des douleurs assez vives. Mais, même dans ces cas, ce sont les points dont il s’agit qui sont principalement douloureux.

Ce que nous venons de dire s’applique à la douleur spontanée ; il importe d’étudier la douleur à la pression et l’augmentation de ce symptôme sous quelques influences particulières, ce qui n’offre pas moins d’intérêt.

Si l’on pose la main sur la partie antérieure de la région lombaire, et qu’avec l’autre main appliquée en arrière de la même région, on presse fortement, le malade, pour éviter la douleur, soulève quelquefois brusquement le bassin, en arquant la partie inférieure du tronc. La douleur rénale augmente lorsque les malades s’asseoient, se courbent en avant, etc.; par la commotion de la toux, par l’éternument, par une inspiration profonde, et généralement dans tous les mouvements du tronc, lille peut être augmentée par le coucher sur le côté affecté ; lorsque les deux reins sont enflammés, le malade est étendu sur le dos.

La chaleur du lit, ou l’application de corps chauds, augmente quelquefois la douleur. (Rayer.)

Quant à la marche de la douleur, on dit qu’elle offre cela de remarquable, qu’elle n’est pas continue, et qu’clle a des exacerbations séparées par des moments de calme très-marqués. En lisant les observations, nous n’avons vu cette particularité très-prononcée «pie dans un très-petit nombre de cas qui avaient une physionomie particulière; dans les autres, la douleur offrait quelques exacerbations, mais restait assez vive dans les intervalles.

Si l’on examine la région dans laquelle s’est développée cette douleur si incommode, on n’observe rien de particulier ni sous le rapport de la conformation, ni

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